vendredi 16 août 2002

[Aletheia] Une biographie du père André

Yves Chiron - Aletheia n°30 - 16 août 2002

Une biographie du père André

Le traditionalisme - ou la résistance à certaines évolutions de l'Eglise confrontée à la modernité - a commencé bien avant le concile Vatican II, même si ce dernier événement lui a donné de nouvelles raisons de résister. Ce traditionalisme fait l'objet d'études historiques de plus en plus nombreuses. Il y a eu plusieurs travaux universitaires et thèses consacrés à la Pensée Catholique, à Itinéraires, à la Cité Catholique, à Saint-Nicolas-du-Chardonnet (même si certaines de ces études n'ont pas été pas à la hauteur de leurs ambitions). Il y a eu des biographies ou des tentatives de biographie consacrées à des personnalités du mouvement traditionaliste : Mgr Lefebvre (de nombreux ouvrages, en attendant la grande biographie annoncée par Mgr Tissier de Mallerais aux éditions Clovis), Mgr de Castro Mayer (David Allen White, The Mouth ou the lion, Kansas City, Angelus Press, 1997), Dom Gérard (Marc Dem, Dom Gérard et l'aventure monastique, Plon, 1988), le RP Eugène de Villeurbanne, etc.

Peu de temps après sa mort, le père Michel André (1915-2000) trouve son premier biographe. Claude Mouton-Raimbault, qui a publié de nombreux ouvrages consacrés à Claire Ferchaud et à son message, consacre au père André un ouvrage abondant, fervent, utile même s'il laisse insatisfait sur certains points.

Un premier reproche que l'on pourrait faire à l'auteur, qui s'appuie sur une documentation d'archives abondantes, est de très rarement citer ses sources et de ne pas en avoir établi une nomenclature à la fin de son ouvrage. A un tel ouvrage, il manque aussi un index des noms.

On sera d'accord également avec le père Thomas-M. de Bazelaire qui, dans une recension de l'ouvrage, écrit : "un lecteur exigeant pourra regretter que l'auteur n'ait utilisé presque exclusivement que les carnets et la correspondance de son héros. Aussi cette biographie se résume trop en un portrait du Père André par le Père André. De ce fait, elle manque nécessairement de recul et donc d'objectivité. Pourquoi, par exemple, Claude Mouton-Raimbault n'a-t-il pas pris le soin d'interroger Edmond Samson, un des principaux collaborateurs du missionnaire en Argentine, maintenant prêtre dans le diocèse du Mans ?" (Sedes Sapientiae, n° 79, p. 57-58).

Auraient pu être interrogées d'autres personnes qui ont connu le père André à différents moments de son existence. Auraient pu être consultées aussi les archives des Pères du Saint-Esprit, congrégation à laquelle le père André appartenait, et interrogés les diocèses dans lesquels il a oeuvré tant d'années, notamment celui de San Rafaël en Argentine.

Dans les relations qu'eut le père André avec le Saint-Siège, l'utilisation des sources est unilatérale et donc elle fausse la perspective historique. Le père André a adressé des lettres et suppliques à Paul VI et à Jean-Paul II à propos de la crise de la foi et de la réforme liturgique. Elles sont publiées intégralement par Claude Mouton-Raimbault, et c'est heureux, mais il n'en est pas de même pour les réponses reçues.

Dans d'autres cas encore, l'auteur est trop allusif. On aurait aimé lire, ou du moins connaître, le contenu des deux lettres "encourageantes" reçues de Mgr Pintonello que l'auteur nous dit être un "ami de Paul VI" (p. 464). On n'en saura guère plus.

Si on voit assez bien quelles furent les relations entretenues avec Mgr Lefebvre depuis 1960 (les deux religieux appartenant à la même congrégation), si l'on voit, assez clairement, comment, par ses suppliques et ses rencontres avec le cardinal Oddi, le père André a été à l'origine, avec d'autres, de l'indult sur la messe traditionnelle accordé par Jean-Paul II en 1984, sa participation à d'autres épisodes de l'histoire du traditionalisme dans les dernières décennies reste encore mal éclairée. Par exemple, les circonstances de la rédaction du célèbre Bref examen critique du NOM, présenté à Paul VI par les cardinaux Bacci et Ottaviani en 1969, attendent encore leur historien.

Il est étonnant encore que les sacres effectués en 1988 par Mgr Lefebvre ne soient pas évoqués comme tels par Claude Mouton-Raimbault. A plusieurs reprises, l'auteur signale, en passant, que le père André a approuvé ces sacres. Mais il ne consacre aucune page à l'événement lui-même et à ses circonstances : l'évolution de Mgr Lefebvre lui-même sur la nécessité de sacres épiscopaux pour faire "survivre" la Tradition, le protocole d'accord avec le Saint-Siège le 5 mai 1988, la réunion décisive des groupes et communautés traditionalistes au Pointet le 30 mai, puis les sacres en juin. Quelle part le père André a-t-il pris à ces différents épisodes d'un acte désormais historique ? Le lecteur n'en saura rien.

Enfin, l'auteur rapporte, sans vérification, des affirmations du père André. En 1986 (p. 472), le père André reproche au Saint-Siège d'avoir adhéré, le 24 février, au "Conseil des Églises protestantes" (le père André voulait sans doute parler du "Conseil Œcuménique des Églises) et à Jean-Paul II d'avoir qualifié, le 5 octobre à Paray-le-Monial, de "désuet" le culte au Sacré-Coeur. L'Eglise catholique n'a jamais été membre du C.OE.E., tout au plus existe-t-il un "Groupe mixte de travail". Et si l'on se reporte aux allocutions prononcées par Jean-Paul II lors de son voyage à Paray-le-Monial en 1986, on observe que, bien sûr, il encourage le culte au Sacré-Coeur. Les erreurs répétées passent pour des vérités établies. Il revient aux historiens et aux biographes de les corriger.

En revanche - et les remarques précédentes ne doivent pas dévaloriser ce beau livre - on apprendra beaucoup de choses dans ce volume, en particulier sur l'Association Noël Pinot (qui a regroupé jusqu'à 750 prêtres fidèles à la messe traditionnelle) et sur le bulletin Introïbo, qui existent toujours aujourd'hui. Et surtout on découvrira une belle figure de prêtre traditionaliste, d'un grand courage physique et moral. Claude Mouton-Raimbault n'a pas craint d'évoquer - et il a eu raison - les tentations et les découragements qu'a connus le père André, notamment les difficiles mois de fin 67-début 68 où il était tenté d'abandonner le sacerdoce.

En complément du livre, on pourra se reporter au long entretien avec Claude Mouton-Raimbault qui est paru dans le n° 299 de Lecture et Tradition. Claude Mouton-Raimbault y expose en détail quelle était la pensée du père André sur la réforme liturgique - car ce traditionaliste qui conserva toute sa vie une âme de missionnaire croyait nécessaires et utiles certaines réformes de la liturgie.

. Claude Mouton-Raimbault, Un prêtre vrai. Le Père André, Éditions de Chiré (BP 1, 86190 Chiré-en-Montreuil), 525 pages, 28,50 euros + port.

. Lecture et Tradition (B.P. 1, 86190 Chiré-en-Montreuil), n° 299, 3 euros

mardi 30 juillet 2002

[Aletheia] Anniversaires - Nouvelles - Revues - A propos des "Frères de Jésus" - A propos d'Alain de Benoist, de Présent et de Maurras.

Yves Chiron - Aletheia n°29 - 30 juillet 2002

Anniversaires

Nouvelles

Revues

A propos des "Frères de Jésus"

A propos d'Alain de Benoist, de Présent et de Maurras.


Anniversaires

. Le 10 août 1972, le Père Eugène de Villeurbanne, de la Province capucine de Lyon, et le Père Elzéar des Étables fondaient, à Verjon, dans l’Ain, une “communauté capucine d’observance traditionnelle”. Elle a entretenu, au fil des années, des relations de plus en plus étroites avec Mgr Lefebvre et la Fraternité Sacerdotale Saint-Pie X. En 1988, non sans quelque réticence, cette communauté a approuvé les sacres épiscopaux accomplis par Mgr Lefebvre et Mgr de Castro Mayer.

Aujourd’hui, le Couvent Saint-François prospère dans la discrétion et l’humilité, à Morgon où il est établi depuis 1983. Une fondation à Aurenque, dans le Gers, est en préparation.

Pour célébrer le 30e anniversaire de leur fondation, les Capucins d’observance traditionnelle ont publié un modeste album photographique qui raconte l’histoire de leur fondation et montre la vie des frères au couvent. Ce petit livret peut être obtenu, contre une modeste offrande ou quelques timbres, en écrivant au Couvent Saint-François, Morgon, 69910 Villié-Morgon.

On renverra aussi à la biographie du fondateur, publiée en 1997 aux Éditions Clovis (B.P. 88, 91152 Etampes cedex) : Veilleur avant l’aube. Le père Eugène de Villeurbanne, 510 pages.

. La revue trimestrielle Sedes Sapientiae, publiée par la Fraternité Saint-Vincent-Ferrier, de spiritualité dominicaine, fête son 20 e anniversaire. Son numéro 80 vient de paraître. La revue se veut “un instrument de culture générale catholique, au service de l’intelligence de la foi, dans un format modeste et un prix... plus que raisonnable !”. Elle entend oeuvrer dans l’esprit de saint Thomas d’Aquin, avec ces règles de conduite : “harmonie de la foi et de la raison, piété filiale envers l’être historique de l’Eglise, adhésion et obéissance au Magistère vivant : sans le dissentiment qui s’érige en magistère parallèle, sans “la complaisance d’esprit, qui tend à faire de l’autorité, dans des matières de soi soumises à la raison et à la conscience, la règle de la vérité” (abbé Berto). Enfin respect des personnes dans la controverse, et absence de complexes par rapport aux schémas de la modernité."

Un abonnement découverte pour l'année 2002 est proposé : 18 euros pour les quatre numéros de l'année. Sedes Sapientiae, Couvent Saint-Thomas-d'Aquin, 53340 Chémeré-le-Roi.


Nouvelles

. Après un mandat de six ans comme supérieur du district de France de la Fraternité Sacerdotale Saint-Pie X, l'abbé Laurençon rejoint, comme professeur d'Ecriture sainte et de patristique, le séminaire de Flavigny. Il est remplacé par l'abbé Régis de Cacqueray, qui dirigeait depuis huit ans l'école Saint-Joseph des Carmes à Montréal-de-l'Aude.

. Le Saint-Siège a approuvé l'office propre de sainte Madeleine que le Père Emmanuel, du Barroux, avait préparé pour son monastère.

. Mgr Ricard, archevêque de Bordeaux et nouveau Président de la Conférence épiscopale française, a été nommé membre de la Commission Ecclesia Dei. Les traditionalistes français devraient trouver auprès de lui un accueil attentif et non prévenu.

. Le 18 août prochain, le Père Fernando Arêas Rifan, qui est le collaborateur le plus proche de Mgr Licinio Rangel, sera sacré évêque par le cardinal Castrillon Hoyos et par Mgr Rangel. Mgr Rangel, qui avait été excommunié pour avoir reçu, en 1991, sans mandat pontifical, la consécration épiscopale d'évêques sacrés par Mgr Lefebvre, accomplit lui aussi un sacre, mais cette fois en pleine communion avec le Saint-Siège. Sont démenties ainsi les craintes de ceux qui redoutaient que l'Accord intervenu entre le Saint-Siège et l'Union sacerdotale Saint-Jean-Marie-Vianney ne garantisse en rien une continuité de l'oeuvre de Mgr de Castro Mayer et de Mgr Rangel.

. Le 6 octobre prochain, aux éditions Clovis, paraîtra une biographie de Mgr Lefebvre par Mgr Tissier de Mallerais. Mgr Tissier de Mallerais est un des évêques sacrés par Mgr Lefebvre en 1988. L'ouvrage qu'il va publier est très attendu. Il comptera quelque 730 pages.

Sans encore avoir pu lire le livre, on peut déjà estimer qu'il devrait retenir l'attention par son ampleur et sa rigueur documentaire. Par exemple, à l'encontre de ce qu'ont affirmé longtemps diverses publications de la FSSPX, Mgr Tissier de Mallerais admet que Mgr Lefebvre a bien signé toutes les constitutions et déclarations du concile Vatican II, y compris celle sur la liberté religieuse. Plusieurs auteurs et publications, extérieurs à la FSSPX, avaient déjà établi ce point d'histoire.

Il semble que sur de nombreux autres points de la biographie du fondateur de la FSSPX, Mgr Tissier de Mallerais apporte des informations, des rectifications et des éclaircissements ; tout en restant fidèle à l'esprit de Mgr Lefebvre.


Revues

. Une nouvelle revue vient de paraître : Kephas. Elle est publiée par les éditions Ad Solem. Trimestrielle, elle en est à son deuxième numéro. Elle émane de la Fraternité Saint-Pierre, puisque le directeur de la publication en est l'abbé Le Pivain. Mais elle n'est pas la revue de la dite-Fraternité, qui possède sa propre revue, Tu es Petrus. Son comité de rédaction compte des prêtres, un religieux dominicain et des laïcs.

A l'origine du projet, il s'agissait de ressusciter la Pensée catholique, qui avait dû s'interrompre en 1996, après cinquante années de publication. Finalement, si l'esprit de la revue de l'abbé Lefèvre - "la romanité"- a été maintenu, le titre a été changé. On relèvera encore que le lien entre l'ancienne Pensée catholique et Kephas est assuré par la collaboration d'Hervé Kerbouc'h qui fut le successeur de l'abbé Lefèvre à la Pensée catholique.

Kephas, quatre numéros par an, abonnement : 50 euros. Revue Kephas, B.P. 21, 89150 Saint-Valérien.

. L'abbé Aulagnier, qui a dû abandonner D.I.C.I., qu'il avait fondée, et les Nouvelles de Chrétienté, qu'il avait ressuscitées, continue à s'exprimer dans Pour qu'Il règne, la revue de la Fraternité Sacerdotale Saint-Pie X en Belgique (district dont l'abbé Aulagnier est toujours supérieur). Dans le n° 50 de cette revue, numéro de mai-juin, il publie un article important consacré à l'érection de l'Union sacerdotale Saint-Jean-Marie Vianney en administration apostolique. L'événement a déjà fait couler beaucoup d'encre. Le propos de l'abbé Aulagnier porte principalement sur la "facultas" accordée à cette Union sacerdotale de célébrer la messe selon le rite traditionnel. A l'encontre de voix autorisées qui, dans la FSSPX, ne voient dans cette autorisation qu'une "concession" fragile qui peut être retirée du jour au lendemain, l'abbé Aulagnier estime que cette "facultas" concédée par Rome aux prêtres de l'Union sacerdotale donne un droit qui engage pour l'avenir. Et donc : "l'exclusivité du NOM est finie (...) Demain, cette facultas le sera pour d'autres églises, pour nous... je l'espère. Et après-demain "pour tous", pour l' "ensemble des églises"."

Pour qu'Il règne, 2,5 euros le numéro (abonnement d'un an : 15 euros + 7,5 euros pour les frais d'envoi hors de Belgique). Prieuré du Christ-Roi, Rue de la Concorde 37, B- 1050 Bruxelles.


A propos des "Frères de Jésus"

. La revue Le Sel de la terre (Couvent de la Haye-aux-Bonhommes, 49240 Avrillé, 14 euros le numéro) publie, dans son numéro 41, un article du P. Emmanuel-Marie consacré aux "frères" de Jésus. Cet article n'est pas inutile. Dans sa dernière partie, il critique l'étude d'Alain de Benoist sur le sujet parue dans Nouvelle École, recensée ici il y a plus d'un an. A l'évidence, le Révérend Père n'a pas lu cette étude - comme il ignore que, depuis, elle a été éditée en volume - ; il ne la connaît que par ce qu'en a dit Alètheia.

Cette pratique - faire comme si on avait lu, alors que l'on en a une connaissance indirecte - est hélas répandue, dans le monde de la presse comme dans celui de l'édition. Mais, ici, elle se double d'une vilenie. Le P. Emmanuel-Marie, faisant référence à l'article d'Alètheia sur l'étude d'Alain de Benoist, écrit : "la critique est très réservée, se contentant de déclarer "décevante" l'étude sur les "frères de Jésus" parue dans le n° 52 de Nouvelle École."

Non, je ne me contentais pas de déclarer "décevante" l'étude d'Alain de Benoist. Après avoir parlé des très nombreuses références bibliographiques de l'étude parue dans Nouvelle École et d'un ouvrage récent qui, lui aussi, soutient la thèse de l'existence historique de frères et soeurs de Jésus, j'ajoutais : "Tout ceci, pourtant, ne doit pas impressionner le catholique fidèle" et je citais longuement un grand exégète contemporain qui avait résumé "très clairement la position catholique sur le sujet". Le Révérend Père ne dit rien de tout cela à ses lecteurs.


A propos d'Alain de Benoist, de Présent et de Maurras

Dans l'article cité ci-dessus, le Père Emmanuel-Marie reproche encore au quotidien Présent, dans son numéro du 18 mai 2002, d'avoir cité "avec une complaisance manifeste" une lettre d'Alain de Benoist pour les 20 ans de Présent. Le Révérend Père estime que dans Présent "on cherche en vain la moindre réserve sur les idées d'A. de Benoist" et il reproche au journal de le considérer "comme une autorité très recommandable".

Sans répondre au nom de Présent, dirigé par Jean Madiran, je rappellerai néanmoins au P. Emmanuel-Marie qu'il m'est arrivé à plusieurs reprises, depuis plus de quinze ans que je collabore à ce journal, de recenser des ouvrages d'Alain de Benoist et, toujours, je n'ai pas manqué de faire les réserves qui s'imposent et de manifester les désaccords qui existent, même si d'autres aspects du livre méritaient de retenir l'attention. Par exemple, il aura peut-être échappé au Révérend Père que, le 1er décembre 2001, dans la dernière recension faite d'un ouvrage d'Alain de Benoist dans Présent (la réédition de Vu de droite), j'avais relevé, pour la regretter, ce qui m'apparaît comme une caractéristique essentielle de sa pensée : "l'anomie".

Ces critiques et réserves n'empêchent pas Alain de Benoist d'apprécier Présent, journal catholique et national, et de manifester publiquement cette appréciation. Présent, qui continue à exister depuis vingt ans dans des conditions héroïques que ne connaissent peut-être pas les religieux du Couvent de la Haye-aux-Bonhommes, ne trie pas dans les encouragements qui lui sont prodigués. Catholique et national, il n'est pas le journal d'un parti ou d'une faction.

J'ajouterai que, de la même manière qu'Alain de Benoist ne méconnaît pas tout ce qui le sépare de Présent, les rédacteurs de Présent et ses lecteurs savent tout ce qui les sépare des idées d'Alain de Benoist. Son appui à un journal qui n'est pas de ses idées n'en a que plus d'éclat.

Le Père Emmanuel-Marie, encore, reproche au Bulletin Charles Maurras d'avoir édité une bibliographie de Charles Maurras et de l'Action française établie par Alain de Benoist et d'en faire "un éloge très flatteur". Le Révérend Père n'a pas lu l'ouvrage. S'il l'avait lu, il aurait constaté que cet ouvrage, qui s'en tient à une bibliographie exhaustive, ne saurait encourir la moindre réserve de la part d'un catholique. La bibliographie est une science ingrate mais ô combien utile. Alain de Benoist a fait la preuve, par d'autres publications de ce genre, qu'il maîtrisait cette science bibliographique. Pourquoi les Éditions BCM auraient-elles repoussé cette compétence qu'on mettait au service d'un homme que saint Pie X a qualifié de "beau défenseur de la foi" ?

Minute a consacré à cette Bibliographie de Maurras par Alain de Benoist une recension très élogieuse. Probablement, elle aussi aura échappé au Révérend Père. Je crois savoir que son auteur est un éminent prêtre de la FSSPX, directeur de publications fort estimées...

mardi 16 avril 2002

[Aletheia n°28] Mgr Brincard et la franc-maçonnerie - et autres textes

Aletheia n°28 - 16 avril 2002
  • Mgr Brincard et la franc-maçonnerie

  • Les évêques de France et la franc-maçonnerie

  • À propos du RP Vieira

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Mgr Brincard : “ Il faut combattre la franc-maçonnerie ”

Mgr Henri Brincard, évêque du Puy-en-Velay, a été interrogé sur la franc-maçonnerie par la radio RCF-Le Puy. Ses réponses s'affichent aussi sur le site internet du diocèse.

Au cours des dernières décennies, la Congrégation pour la doctrine de la foi a rappelé aux catholiques que l'appartenance à un mouvement maçonnique était contraire à la foi chrétienne. J’aimerais savoir pourquoi toutes ces réserves face à la franc-maçonnerie ?

Votre question est courageuse. Avant d'y répondre, je voudrais faire, en guise de préliminaire, les remarques suivantes :

1) Il arrive que des hommes soient bien meilleurs que les doctrines auxquelles ils adhèrent. Il faut s'en souvenir lorsque nous rencontrons des francs-maçons. En revanche, c'est toujours le contraire qui se produit lorsqu'il s'agit de l'Evangile. L'Evangile est plus grand que celui qui le professe. Nous comprenons dès lors pourquoi la première vertu chrétienne est celle de l'humilité.

2) Au cours d'un dialogue, il convient de rejoindre le cœur profond de son interlocuteur. Dans ce cœur, en effet, il y a des aspirations qu'une fausse doctrine ignorera. C'est encore le cas des francs-maçons.

3) Les origines historiques de la franc-maçonnerie sont obscures. Dans le cadre de notre émission, je ne puis m'attarder sur elles. Pour éclairer mon propos, il suffit de dire que la franc-maçonnerie, telle qu'elle apparaît au début du XVIII e siècle, ne peut revendiquer sérieusement une filiation avec certaines corporations médiévales, par exemple, avec celle des tailleurs de pierres. De telles corporations, en effet, étaient d'inspiration chrétienne. Or les constitutions d'Anderson de 1723, texte de référence pour tous les francs-maçons, ne comportent plus la moindre référence au Dieu en Jésus-Christ, révélation reçue, gardée et transmise par l'Eglise fondée sur les apôtres envoyés par le Ressuscité prêcher au monde l'Evangile du salut. Un orfèvre en la matière, Jacques Mitterrand - qu'il ne faut pas confondre avec son homonyme célèbre, François Mitterrand - l'affirme nettement dans un livre où il explique les principes fondamentaux de la franc-maçonnerie.

Et maintenant, j'en viens à la question souvent posée : “Peut-on être catholique et franc-maçon“ Je réponds clairement : non ! La déclaration de la Congrégation pour la Doctrine de la foi, déclaration engageant fortement l'autorité de l’Eglise, est sans ambiguïtés sur ce point. Elle est du 26 novembre 1983, signée par le cardinal Ratzinger, préfet de cette Congrégation, et dit ceci : "On a demandé si le jugement de l'Eglise sur les associations maçonniques était changé étant donne que dans le nouveau Code de droit canonique, il n'en est pas fait mention expresse comme dans le Code antérieur. Cette Congrégation est en mesure de répondre qu'une telle circonstance est due aux critères adoptés dans la rédaction qui a été suivie aussi pour d'autres associations également passées sous silence parce qu'elles sont incluses dans des catégories plus larges. Le jugement négatif de l'Eglise sur les associations maçonniques demeure inchangé parce que leurs principes ont toujours été considérés comme inconciliables avec la doctrine de l'Eglise et l'inscription à ces associations reste interdite par l'Eglise. Les fidèles qui appartiennent aux associations maçonniques sont en état de péché grave et ne peuvent accéder à la sainte communion. Les autorités ecclésiastiques locales n'ont pas compétence pour se prononcer sur la nature de ces associations maçonniques par un jugement qui impliquerait une dérogation à ce qui a été affirmé ci-dessus. Le Souverain Pontife Jean-Paul II, dans l'audience accordée au cardinal Préfet, a approuvé cette déclaration.“

Cette déclaration a été précédée par une autre, non moins claire, cette fois de la conférence épiscopale allemande. Faite en 1981, elle est cependant peu connue. C'est pourquoi j'invite mes auditeurs à la lire dans la Documentation catholique (n° 1807). On y développe longuement l'incompatibilité fondamentale entre la doctrine de la maçonnerie et les enseignements de l'Evangile.

Et qu'en disent les francs-maçons ?

La franc-maçonnerie reconnaît elle-même cette incompatibilité. J'en veux pour preuve ce que dit à ce sujet Paul Gourdeau, ancien Grand Maître du Grand Orient de France. Écoutons son message : "Ce qu'il est aujourd'hui important de comprendre, c'est que le combat qui se livre actuellement conditionne l'avenir, plus encore le devenir de la société. Il repose sur l'équilibre de deux cultures : l'une fondée sur l'Evangile et l'autre sur la tradition historique d'un humanisme républicain. Et ces deux cultures sont fondamentalement opposées : ou la vérité est révélée et intangible d'un Dieu à l'origine de toutes choses ou elle trouve son fondement dans les constructions de l'Homme toujours remises en question parce que perfectibles à l'infini. De cette bataille perpétuelle recommencée avec vigueur depuis quelque temps, Malraux disait hier que le XXIe siècle serait religieux ou ne serait pas. C'est à cette affirmation, c'est à ce défi qu'il nous appartient de répondre!“ (Humanisme, n° 193, octobre 1990).

Faire dire à la franc-maçonnerie ce qu'elle n'a jamais pensé, c'est à l'évidence faire preuve d'une naïveté nourrie d'ignorance, c'est confondre sentimentalisme et générosité. Mais Gustave Le Bon ne disait-il pas déjà : "Beaucoup d'hommes sont doués de raison, très peu de bon sens".

Pourtant, certains se revendiquent d'une double appartenance : à l'Eglise et à la franc-maçonnerie ?

Je suis bien conscient que ce que je viens de dire ne plaît pas à tout le monde. Je n'ignore pas non plus qu'un illustre jésuite, le père Riquet - pour ne pas le nommer - a défendu une position différente de celle de l'Eglise. Il l'a même fait connaître dans un livre publié peu de temps avant son décès. À titre personnel, j'ai de l'estime pour le père Riquet. Je rends hommage à son courage pendant la Deuxième guerre mondiale. C'est sans doute, un religieux exemplaire sous beaucoup de rapports. Mais à propos de la franc-maçonnerie, il s'est gravement trompé, probablement abusé par des amitiés nouées en des circonstances difficiles et par une bonne dose de naïveté. À ce propos, il est salutaire de se souvenir que si instruits que nous soyons, nous demeurons fragiles, exposés à de nombreuses erreurs. Un lecteur attentif découvre sans peine que le père Riquet fait preuve de beaucoup de crédulité, par exemple, lorsqu'on affirme que le symbolisme de la franc-maçonnerie peut conduire à la découverte de Jésus-Christ ! En revenant à votre question initiale, je tiens à ajouter que les évêques, et moi le premier, nous sommes la voix de l'Eglise dans la mesure où nous agissons en communion les uns avec les autres autour du "serviteur des serviteurs" qu'est le pape. La déclaration de la Congrégation pour la Doctrine de la foi est une déclaration qui doit éclairer notre action pastorale.

Après tout ce que vous venez de nous dire, Père évêque, quelle attitude doit-on avoir à l'égard des francs-maçons ?

Ma réponse est celle-ci : la franc-maçonnerie constitue un défi qu'il faut relever sereinement et courageusement. Certes, il ne faut pas exagérer l'influence de la franc-maçonnerie ; il ne faut pas, non plus, la sous-estimer. L'attitude d'un catholique agissant en cohérence avec sa foi doit, me semble-t-il, être la suivante : d'abord la clairvoyance. Cela signifie connaître avec exactitude les véritables objectifs que poursuit la franc-maçonnerie. Ensuite, le désir d'approfondir sans cesse la foi chrétienne. L'ignorance est grand ennemi de la foi. Enfin, la résolution de suivre de plus en plus fidèlement Jésus-Christ. L'exemple est plus convaincant que la parole.

Et voici le mot de la fin : notre vraie force est de prendre appui sur Jésus-Christ Lui seul peut changer les cœurs. C'est pourquoi, autant il faut combattre la franc-maçonnerie en rappelant qu'elle est une forme particulièrement nocive de "gnose", autant il faut poser sur les francs-maçons un regard d'espérance, regard né d'une authentique charité, car "rien n'est impossible à Dieu" !

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Les évêques de France et la franc-maçonnerie

. Cette intervention, la plus ferme qu'on ait entendue en France de la part d'un évêque depuis des décennies, peut être perçue comme un certain changement dans l'attitude de l'épiscopat français face à la franc-maçonnerie. D'après diverses sources, la Conférence épiscopale française a abordé à plusieurs reprises ces dernières années, à huis clos, cette question. Les multiples offensives laïcistes de ces dernières années autant que l'attirance de certains catholiques pour la franc-maçonnerie (notamment celle de la GLNF) incitent nombre d'évêques de France à réagir.

L'épiscopat est, sans aucun doute, divisé sur la position à adopter et sur la forme de la réaction. Une déclaration commune en forme de -condamnation solennelle est, semble-t-il, à exclure. En revanche, il est prévu des "initiatives" et des "interventions", personnelles ou collectives, qui prendront des formes diverses.

La rencontre entre les représentants de l'épiscopat français, le Premier ministre et le ministre de l'Intérieur, en février dernier, pour examiner différents problèmes administratifs et juridiques qui se posent dans l'application de la loi de séparation de l’Eglise et de l'Etat de 1905, est à situer, en partie, dans cette perspective.

A côté de cette -initiative", les fortes et claires paroles prononcées par Mgr Brincard prennent place dans les "interventions" qui pourraient se multiplier. Même si elles sont loin d'être l'expression d'une position unanime des évêques de France.

. En mai 2001, un militant catholique, Michel-Constant Verspieren, a publié un ouvrage d'information critique sur la franc-maçonnerie : L’impasse maçonnique (Éditions Faver, 33 rue Jean Jaurès, 59491 Villeneuve d'Ascq, 180 pages, 15,09 euros).

Il a envoyé cet ouvrage à tous les évêques de France. Un peu moins d'un quart d'entre eux (24) ont accusé réception du livre. Cinq évêques, et un cardinal français résidant à Rome, ont envoyé des encouragement immédiats.

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À propos du RP Antonio Vieira

Dans la revue Le Sel de la terre (Couvent de la Haye-aux-Bonshommes, 49240 Avrillé), qui publie son 40e numéro et fête ses dix ans de parution, un rédacteur s'inquiète des orientations qui seraient celles des éditions Ad Solem (2 rue des Voisins, CH - 1205 Genève, www.ad-solem.com). Ces éditions ont publié le dernier livre du cardinal Ratzinger, L’Esprit de la liturgie.

Parmi les autres auteurs publiés par ces éditions, l'éminent rédacteur dominicain jette la suspicion sur “ un livre d'Antonio VIEJA (sic) SJ, maître dans l'art de la conjonction des oppositions ( ... ) qui eut des ennuis avec l'Inquisition pour hérésie judaïsante, livre intitulé Le Salut en clair obscur et recommandé par Yves Chiron dans Présent du 15 janvier 2000, etc. C'est toujours un peu le même monde et les mêmes influences. ”

Pour être plus précis et juste, on peut rappeler que le jésuite Antonio Vieira (1608-1697) n'est pas un obscur auteur jésuite suspect d'hérésie. Ses sermons, dont les éditions Ad Solem livrent une nouvelle traduction et édition, ont été célèbres dans toute l'Europe et traduits en plusieurs langues. En France, pour le seul XIXe siècle, ils connurent deux éditions. Au Portugal, la dernière édition de ses œuvres, parue entre 1951 et 1954, compte 12 volumes.

À lire les quelques lignes citées plus haut, on pourrait croire que le livre publié par les éditions Ad Solem est une illustration de l' “ hérésie judaïsante ” du Révérend Père Vieira. Il n'en est rien. Les trois sermons publiés ici datent d'après sa condamnation par le Saint-Office et sa réhabilitation.

Il est vrai que pour certains écrits aventurés, Vieira fut condamné pour hérésie judaïsante l'Inquisition et qu'il subit ses prisons pendant vingt-sept mois, de 1665 à 1667.

Mais Vieira bénéficia d'une amnistie, fut autorisé par ses supérieurs à prêcher à nouveau et s'établit à Rome. Ses sermons lui valurent alors une renommée internationale. En 1675, pour le mettre à l'abri d'éventuelles suspicions inquisitoriales disproportionnées, le pape Clément X lui accorda un "bref d'exemption envers les Inquisitions d'Espagne et des autres royaumes."

Il restait au RP Vieira plus de vingt ans à vivre. La plus grande partie de son œuvre date de ces décennies. Six ans après l'exemption citée, le brillant prédicateur et théologien choisit de retourner en mission parmi ses chers indiens du Brésil, où il mourra. Non sans avoir préparé, sur ordre de ses supérieurs, l’édition de ses sermons.

mardi 2 avril 2002

[Aletheia n°27] Le “silence” de Pie XII (suite) - La "thèse" du père Murray - Le bienheureux Orione et le modernisme

Aletheia n°27 - 2 avril 2002
•  Le “silence” de Pie XII (suite)
•  La “thèse” du père Murray
•  Le bienheureux Orione et le modernisme
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Le “silence” de Pie XII (suite)
Aux publications sur Pie XII déjà citées dans le précédent numéro d’Alètheia, on en ajoutera trois autres  qui viennent de paraître et vont à rebours de la campagne régulièrement réactivée contre le prétendu “ silence ” du Souverain Pontife face à l’extermination des Juifs pendant la Seconde Guerre mondiale :
.  Andrea Tornielli, vaticaniste au journal italien Il Giornale, publie Pio XII. Il Papa degli ebrei (Edizioni Piemme, Via del Carmine 5, I-15033 Casale Monferrato, 400 pages, 19,63 euros). L’ouvrage, paru avant la sortie du film Amen qui a relancé la polémique, montre, avec une ample documentation, quelle fut la position constante de Pie XII face au national-socialisme, et ce dès l’époque où il était encore nonce apostolique en Allemagne.
Andrea Tornielli expose ensuite, en se référant à la documentation actuellement disponible, quelle fut l’action de Pie XII et de la hiérarchie ecclésiastique en Europe pour essayer de sauver les Juifs persécutés par les nationaux-socialistes.
Après Alexis Curvers qui, en 1964, avait pris la défense de Pie XII, le pape outragé (éditions Robert Laffont, réédition augmentée en 1988 aux éditions Dominique Martin Morin, 53290 Bouère), Paul Rassinier avait publié, en 1965, L’Opération “Vicaire”, aux éditions de La Table Ronde. Ce livre fait l’objet d’une réédition hors commerce (130 pages grand format, 16 euros port compris, à commander à Pierre Guillaume, B.P. 98, 75223 Paris cedex 05).
Paul Rassinier, professeur d’histoire, actif dans la Résistance et interné dans les camp de Buchenwald et de Dora, puis député, militant socialiste et pacifiste, examinait, dans cette perspective,    “ Le rôle de Pie XII devant l’histoire ”.
Sans méconnaître les réponses à donner à ceux qui accusent Pie XII de s’être “ tu ” - et il en rappelait un certain nombre -, Paul Rassinier s’intéressait principalement à “ la théorie de la Paix ” de Pie XII. Selon lui, c’est parce que Pie XII a tenté d’empêcher la guerre puis a essayé de l’arrêter, à plusieurs moments, que certains s’acharnent contre lui.
Rassinier estimait qu’Alexis Curvers, et Dom Claude-Jean Nesmy auteur  de Pour ou contre “ Le vicaire ” (Desclée de Brouwer), sont “ passés à côté du vrai problème historique ” mais que leurs livres n’en constituent pas moins “ deux remarquables plaidoyers philosophiques ” auxquels il renvoyait le lecteur. Je dirai plutôt que la problématique à laquelle s’attachaient Curvers et Nesmy était la principale en cause : Pie XII a-t-il défendu les Juifs pendant la guerre ? Celle développée par Rassinier est connexe.
. Le rabbin David Dalin, historien américain, avait publié, le 26 février 2001, dans The Weekly Standard Magazine, un long article consacré à “ Pie XII et les juifs ”. Cette étude a été traduite par la Documentation Catholique (3 rue Bayard, 75008 Paris, n° 2266, 17 mars 2002, p. 289-296, le numéro : 4,12 euros).
Le rabbin Dalin passe d’abord en revue 9 ouvrages, la plupart américains ou anglais, qui ont paru ces dernières années et qui sont consacrés à l’attitude de Pie XII pendant la Seconde Guerre mondiale. Faisant référence aussi à d’autres sources, le rabbin Dalin rappelle ensuite, en six points, comment Pie XII, avant d’accéder au Souverain Pontificat, “ a toujours été très critique envers le nazisme ”. Puis, en cinq points, il rappelle les actions et interventions de Pie XII en faveur des Juifs pendant la guerre. Il s’interroge aussi sur le sort des Juifs d’Italie. Enfin, il livre cinq témoignages de personnalités israélites qui, entre 1940 et 1945, ont estimé que “ Pie XII est le plus fervent opposant aux thèses hitlériennes ”.
Un excellent article de synthèse qui se conclut par ce jugement : “ Pie XII fut véritablement et profondément un Juste parmi les Nations. ”
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A propos de la “ thèse ” du père Murray
Régulièrement, dans des publications de la Fraternité Saint-Pie X, mais ailleurs aussi, il est fait référence à une “ thèse en droit canonique ”, soutenue à Rome en 1995, par un prêtre du diocèse de New-York, Gerald E. Murray, et qui montrerait “ l’inanité de l’accusation de schisme ” portée contre Mgr Lefebvre suite à la consécration de quatre évêques en 1988, acte qui lui a valu d’être excommunié.
Sans me prononcer en aucune manière sur cette excommunication et sa validité canonique, il faut néanmoins remarquer et préciser :
- la “ thèse en droit canonique ” n’en est pas une. En 1995, le père Murray n’a pas soutenu une thèse de doctorat mais un mémoire de licence de droit canonique, qui compte 73 pages, en anglais. Une licence en droit canonique n’est pas un doctorat en droit canonique. Ce n’est pas rien mais ce n’est pas du même niveau.
- qui, en France, a lu ce travail universitaire ? On en parle de seconde main, à partir de citations faites par autrui, en l’occurrence la revue américaine The Latin Mass. Il est vrai que ce mémoire est resté inédit, mais il n’est pas impossible de se le procurer. Si le père Murray concluait effectivement : “ The examination of the circumstances in which Archbishop Lefebvre performed the episcopal consecrations in the light of canons 1321, 1323 and 1324 raises at the very least a significant doubt, if not a reasonably held certainty, against the validity of the declaration of excommunication pronounced by the Congregation for Bishops ” (p. 71) ; il estimait aussi que l’argument de nécessité mis en avant par Mgr Lefebvre était “ objectively groundless ” (p. 67).
- enfin, quand on fait référence à la “ thèse ” du père Murray, il faut faire référence aussi à la rétractation que le même auteur a fait des conclusions de son mémoire de licence. Cette rétractation est parue dès 1996 dans la revue The Latin Mass et elle a été traduite et publiée en français par la revue Sedes Sapientiae (53340 Chémeré-le-Roi, n° 59, printemps 1997, p. 41-46). Il écrivait notamment :      “ Un canoniste m’a fait remarquer que tout violateur d’une loi canonique essaie de justifier ses actions en se fondant sur la nécessité. Mais, pour qu’un tel appel ait valeur au regard de la loi, il doit y avoir dans la réalité quelque fondement qui appuie la revendication de nécessité. De fait, si, pour un acte donné, il n’y a absolument aucune nécessité de violer la loi, alors il est illégitime de faire appel à une prétendue nécessité. (...) Dans mon mémoire, je niais l’existence d’une nécessité réelle de consacrer des évêques, étant donné l’offre du Pape - acceptée tout d’abord par Mgr Lefebvre - d’élever à l’épiscopat un des membres de sa fraternité. Toutefois, je pensais que Mgr Lefebvre pouvait légitimement en appeler au canon 1324, qui l’exemptait de l’excommunication, pour le motif qu’une estimation erronée sur l’état de nécessité lui permettait d’agir contre la loi. Maintenant, dans ce cas précis, je ne pense plus qu’un appel au canon 1324 tombe sous l’intention visée par la loi. ”
Que cette rétractation soit le résultat des réflexions d’un jeune licencié en droit canonique qui, honnêtement, a approfondi sa réflexion ou soit le résultat de sollicitations pressantes qui lui auraient été faites à Rome, où il étudiait encore en 1996, elle appartient désormais à l’histoire au même titre que son mémoire de licence.
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Don Orione et le modernisme
Le bienheureux Luigi Orione (1872-1940) est bien connu pour son apostolat en faveur de la jeunesse et des pauvres et par la fondation d’une congrégation religieuse, la Piccola Opera della Divina Provvidenza, qui compte aujourd’hui plus de 200 maisons, dans le monde entier, et plus de 1.000 membres.
Le but fixé par Don Orione à sa congrégation était : “ Faire connaître et aimer Jésus-Christ, l’Eglise et le Pape ”. Un ouvrage collectif qui vient de paraître en Italie montre que, dans la tourmente du modernisme, le bienheureux Orione a été exactement fidèle à ce programme : Don Orione negli anni del modernismo ((Jaca Book, Via V. Gioberti 7, I-20123 Milan, 373 pages, 23 euros).
L’ouvrage comprend six parties. Après une présentation du modernisme et de l’antimodernisme durant le pontificat de saint Pie X, les rapports de  Don Orione avec plusieurs des protagonistes de ce combat sont présentés par le père Flavio Peloso, postulateur de la cause du bienheureux Orione et responsable des archives de sa congrégation. Puis des chapitres particuliers sont consacrés aux relations entretenues par le bienheureux Orione avec trois figures éminentes du modernisme : le père Semeria, Ernesto Buonaiuti et Don Casciola. Enfin, 23 documents, dont certains sont inédits, sont publiés : lettres de Don Orione au cardinal Merry del Val et à divers correspondants, lettres adressées à Don Orione par le père Semeria, Buonaiuti et Don Casciola, d’autres documents encore.
De ces études et documents, il ressort que le bienheureux Orione combattit activement le modernisme : quand il était en Calabre, il mit en garde le Saint-Siège contre une association (l’Associazione Nazionale del Mezzogiorno d’Italia) dirigée par des modernistes milanais et qui représente, écrit-il, “ un grave péril pour l’Eglise ” (p. 76-77). Il y eut d’autres courriers adressés à la Secrétairerie d’Etat.
Son jugement historique sur le modernisme était sans ambiguïté : “ si le modernisme et le semi-modernisme continuent, cela conduira, plus ou moins tard, au protestantisme ou à un schisme dans l’Eglise qui sera le plus terrible que le monde ait jamais vu ” (lettre du 26 juin 1913, citée page 81).
Cet antimodernisme actif n’était pas un choix intellectuel, un engagement né d’une confrontation livresque avec le modernisme, mais le résultat d’un engagement spirituel profond : la défense de la Papauté comme centre de l’Eglise et la nécessaire soumission envers elle. Il a voulu, dès l’origine (1903), que les religieux de sa congrégation prêtent un quatrième voeu de “ fidélité spéciale au Pape. ”
Dans le même temps, don Orione a entretenu des liens d’amitié et de charité avec plusieurs figures éminentes du modernisme. Il le faisait avec le plein assentiment de Pie X. Comme en témoignera un des protagonistes, Tommaso Gallarati Scotti : “ en Don Orione, le Pape avait une pleine confiance lui laissant toute liberté dans ses rapports avec ces armes tourmentées ” (cité page 284). Il en sera de même sous le pontificat de Pie XI, le pape demandant expressément à Don Orione d’entrer en relations avec Buonaiuti, excommunié, pour, bien sûr, tenter de le ramener dans la communion de l’Eglise (page 228-229). Flavio Peloso cite des correspondances inédites entre les deux hommes qui montrent quelle confiance s’était établie entre eux dans les années 1930.
 L’attitude du bienheureux Orione dans la crise moderniste est en consonance parfaite avec celle de saint Pie X1. Elles relèvent d’une même conception de l’Eglise,  bien résumée par le père Flavio Peloso au terme de son étude : “ Elle est “magistra” inflexible jusqu’à la dureté dans la garde de la vérité qui lui a été confiée et, en même temps, elle est “mater” confiante qui n’abandonne pas ses propres fils à travers l’action de ses autres fils ” (p. 265).
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Avis de gérance : Sans la générosité de certains lecteurs, Alètheia, qui paraît depuis près de trois ans, n’existerait plus. En effet, le principe de la gratuité de l’envoi a un revers : un nombre croissant de personnes s’y intéressent, d’autant plus que des publications, françaises ou étrangères, signalent son existence et son adresse.
Le fichier des lecteurs d’une publication de ce genre, indépendante, gratuite, solitaire et modeste de format comme de ton, ne peut s’accroître indéfiniment à l’aveugle. Ceux des lecteurs qui, depuis un an,  n’ont pas manifesté leur souhait de continuer à recevoir Alètheia, seront rayés du fichier des envois avant le prochain numéro. Manifester son souhait de continuer à recevoir Alètheia ne signifie pas forcément verser son obole - le principe de la gratuité est irréformable - ni encore moins manifester son accord avec tout ce qui s’y écrit.

dimanche 10 mars 2002

[Aletheia n°26] Le “silence” de Pie XII - et autres textes - par Yves Chiron

Aletheia n°26 - 10 mars 2002

Le “silence” de Pie XII

Le film “ Amen ” relance une polémique qui revient et s’enfle depuis quarante ans. Elle s’est développée depuis la représentation et la publication de la pièce de théâtre de Rolf Hochhuth, Le Vicaire (Éditions du Seuil, 1963). Alexis Curvers répliqua à la pièce par un livre de défense historique : Pie XII, le pape outragé (Robert Laffont, 1964). L’ouvrage a été réédité en 1988, avec un supplément de vingt-cinq pages, par les Éditions DMM ( 53290 Bouère).

Deux autres études éclairent utilement la question :

- en 1963, Joseph L. Lichten a publié aux Etats-Unis, A Question of Judgement. Pius XII and the Jews, National Catholic Welfare Conference. Cette étude semble inconnue des historiens français. Elle a pourtant été traduite, non en français certes mais en italien, en 1988, sous le titre Pio XII et gli Ebrei (Edizioni Dehoniane, Bologne). L’ouvrage, qui défend la mémoire de Pie XII, vaut aussi par la personnalité de son auteur : historien d’origine polonaise, Joseph Lichten, de confession israélite, était membre de l’Anti Defamation League of B’nai B’rith depuis 1945. On sait quel rôle important joua cette association dans le “dialogue judéo-chrétien”, au moment du concile Vatican II pour l’élaboration de la déclaration Nostra Aetate, et ensuite. Joseph Lichten fut un des artisans les plus actifs de ce dialogue.

- en 2000, dans le volume collectif publié sous la direction de François-Georges Dreyfus, Le Patriotisme des Français sous l’Occupation (Éditions de Paris, 7 rue de la Comète, 75007 Paris, 357 pages), Emile Poulat a publié une étude très pertinente consacrée à “ L’Eglise ” (p. 153-175) durant cette période.

Emile Poulat, dans ces pages où, comme à son habitude, les questions posées valent autant que les remarques faites, écrit :

“ On a tôt reproché au pape Pie XII et aux évêques français leur silence, et la controverse n’est pas close : preuve qu’elle excède le simple établissement des faits. (...) Ce silence tant reproché, quelle grande voix l’a alors rompu ? Quel homme d’Etat s’est fait entendre et quelles frontières se sont ouvertes pour accueillir les persécutés menacés dans leur vie ? Pourquoi cette inégalité de traitement, une mise en accusation obstinée de l’Eglise catholique, un voile pudique sur tant d’intérêts publics et privés engagés dans cette tragédie ?

“L’Eglise savait”, lit-on un peu partout. Mais que savait-elle exactement, avec la précision que requiert une intervention soit publique, soit diplomatique ? (...)

On ne rouvrira pas ici le dossier de Pie XII : c’est un fait que les Italiens n’ont pas de lui - ni des papes en général - la même image que les Français. Il suffira de rappeler que le grand rabbin de Rome, Italo Zolli, s’est converti au catholicisme après la guerre et qu’il a choisi comme nom de baptême Eugenio, le prénom du pape Pacelli. ”

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A travers la presse

. Dans Présent du 7 mars (5 rue d’Amboise, 75002 Paris), Jean Madiran s’interroge sur le surprenant “ Décalogue d’Assise pour la paix ”, rendu public tardivement. Jean Madiran fait remarquer que ce texte contredit, par son caractère a-religieux, divers discours prononcés en ces mêmes semaines par Jean-Paul II.

Jean Madiran écrit notamment : “ Il est difficile de ne pas redouter, non pour la première fois, d’apercevoir quelques contradictions anarchiques entre les différentes publications vaticanes. (...) si c’est le Vatican qui professe deux Décalogues, ça ne va plus, les gens ne savent plus à quel saint se vouer, ils continuent à silencieusement quitter une Église dont on n’arrive plus à savoir ce qu’elle dit vraiment. Et ceux qui restent demanderont - sans doute en vain, comme d’habitude depuis trente-cinq ans - demanderont, dis-je, si le nouveau Décalogue remplace l’ancien, ou le complète, ou le corrige, ou en est un aggiornamento. ”

. Des rumeurs circulaient qui charriaient, comme souvent, des extrapolations, des invraisemblances et des déformations. Alethèia s’est refusé à les colporter. Les faits sont plus simples, quoique non sans importance. C’est M. l’abbé Aulagnier lui-même qui a démissionné de sa charge de deuxième Assistant général de la Fraternité Saint-Pie X. D.I.C.I., qu’il avait fondé, a été repris en main par la Maison Générale de la FSSPX. M. l’abbé Arnaud Sélégny en est désormais le directeur de la publication et M. l’abbé Bernard Lorber le responsable de la rédaction. L’adresse pour s’abonner est maintenant celle-ci : Service de Presse DICI, Schloss Schwandegg, CH - 6113 Menzingen.

Le premier numéro de ce D.I.C.I. nouvelle formule (n°45) contient un long éditorial de Mgr Fellay, Supérieur Général de la FSSPX. Mgr Fellay explique sur un ton très direct, pourquoi, selon lui, les accords de Campos, “ ce n’est pas le retour de l’Eglise conciliaire à la Tradition ”. “ C’est, écrit-il, l’entrée dans le pluralisme sous apparence de reconnaissance de la part de Rome, qui est imposé ”.

. Sodalitium (Loc. Carbignano, 36 - 10020 Verrua Savoia - Italie) est la principale revue “ guérardienne ”. Dans son dernier numéro, n° 52, après avoir cité à plusieurs reprises avec bienveillance Alethèia, la revue croit utile de mettre en garde contre son unique rédacteur en ces termes : “ nous ne sommes pas d’accord avec les positions de Chiron, qui - entre autres - est l’un des plus intelligents et dangereux partisans de la nécessité d’un accord entre la Fraternité Saint-Pie X et Jean-Paul II, mais aussi défenseur de l’aile guénonienne de la même Fraternité. ”

Que d’épithètes inutiles ou erronées en si peu de lignes et combien d’erreurs de perspective.

Il y a trois manières d’être membre de la FSSPX : en étant prêtre de la dite-Fraternité sacerdotale, frère de la dite-Fraternité ou encore membre de son tiers-ordre. Je ne suis rien de tout cela. Et, à vrai dire, je ne compte pour rien. Je n’ai pas voix au chapitre dans cette Fraternité et je ne vois pas pourquoi et comment j’y aurais droit. Je ne le revendique ni ne le souhaite. Je suis un fidèle du dernier rang, dans les chapelles de la Fraternité ou ailleurs. Je n’ai pas à “ militer ” pour ceci ou cela.

Quant à défendre une “ aile guénonienne de la même Fraternité ”, il y a double méprise. A ma connaissance, il n’y aucune “ aile guénonienne ” dans la FSSPX - si cela était, ce serait très inquiétant. Et aussi, si vraiment elle existait, je ne chercherai certainement pas à la défendre, René Guénon n’ayant jamais été pour moi un maître ou un modèle. Il y a dans l’oeuvre de Guénon, malgré quelques vues justes sur la crise de la civilisation moderne, trop d’impasses, d’illusions et de dérives qui rendent le plus grand nombre de ses pages inacceptables pour un catholique. Je donnerai volontiers tous les livres de René Guénon pour une seule page lumineuse de Jean Madiran.

dimanche 3 mars 2002

[Aletheia n°25] Les réactions à l’accord de Campos (suite) + Le bienheureux Escriva de Balaguer et la nouvelle messe (suite) + De nouvelles déclarations de soeur Lucie de Fatima

Aletheia n°25 - 3 mars 2002
Les réactions à l’accord de Campos (suite)
• La revue la Nef ( n° 125, mars 2002 - 6 euros -, B.P. 73, 78490 Montfort l’Amaury), publie un entretien avec Mgr Rangel et la longue note doctrinale par laquelle les prêtres de  l’Administration apostolique Saint-Jean-Marie Vianney expliquent leur position. La reconnaissance de l’autorité du Pape, expliquent-ils, n’a présenté pour eux aucune difficulté. “ Nous n’avons jamais ni adopté la position sédévacantiste ni voulu faire un diocèse parallèle, contestant l’unité de régime de l’Eglise. ” Pour expliciter leur reconnaissance et acceptation du concile Vatican II, ils font référence à des déclarations de Mgr Lefebvre (“ J’accepte le concile, interprété d’après la Tradition ”) et de Mgr Fellay et à un article de Jean Madiran paru dans Itinéraires  en novembre 1966. Quant à la reconnaissance de la validité du Novus Ordo Missae, ils se réfèrent, explicitement, à la déclaration similaire faite par Mgr Lefebvre, en mai 1988, dans l’ “ accord doctrinal ” signé avec le Saint-Siège puis retiré.
Fideliter, la revue du district de France de la FSSPX, ne publie aucun article ni commentaire sur les accords signés. Son dernier numéro (n° 146, mars-avril 2002 - 7,5 euros -, B.P. 88, 91152 Etampes cedex) publie, en revanche, le texte complet du communiqué publié le 16 janvier dernier par Mgr Bernard Fellay, Supérieur général de la FSSPX. Mgr Fellay regrette “ la précipitation et le caractère partiellement dissimulé des tractations qui ont conduit à la reconnaissance actuelle. ” Il reconnaît néanmoins “ qu’aucune concession substantielle au niveau doctrinal n’a été faite. ” Mgr Fellay estime enfin que “ la situation nouvelle créée servira de test pour le futur. La Fraternité reste très réservée et observe avec appréhension d’aussi près que possible le développement de l’oeuvre en attendant d’en voir les fruits. ”
• Dans l’éditorial du dernier numéro de  Pacte (n° 62, février 2002,  23 rue des Bernardins, 75005 Paris - 2,50 euros), l’abbé de Tanoüarn juge sévèrement la “ soumission a priori ” de Mgr Rangel et des traditionalistes de Campos. Dans le même numéro, Maxence Hecquard confirme qu’il y eut bien un visite de Mgr Fellay, supérieur général de la FSSPX, à Mgr Rangel, en octobre dernier, pour “ tenter de le convaincre de renoncer à cette funeste signature ”. Dans la suite des accusations de trahison portées par l’intermédiaire des Dominicains d’Avrillé, Maxence Hecquard estime que Mgr Rangel a rompu avec “ une alliance DE plusieurs décennies avec la FSSPX. ”
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Le bienheureux Escriva de Balaguer et la nouvelle messe (suite)
• Mgr Fernando Ocáriz, Vicaire général de l’Opus Dei, à Rome, a bien voulu nous donner des précisions sur la célébration du Novus Ordo Missae par le bienheureux Escriva de Balaguer, évoquée dans les deux précédents numéros d’Alètheia.
D’après les sources publiées et d’après ses propres souvenirs personnels, il confirme que Mgr Escriva a incité tous les prêtres de l’Opus Dei à adopter le nouveau rite. Le fondateur de l’Opus Dei      “ s’appliqua à apprendre le nouveau rite de la Messe ” et refusa qu’on sollicite, pour lui, une permission de conserver le rite traditionnel. Néanmoins, Mgr Alvaro del Portillo, rencontrant Mgr Bugnini, le secrétaire de la Congrégation du Culte divin, obtint, vers 1974, que le fondateur de l’Opus Dei puisse à nouveau célébrer selon le rite traditionnel.
Mgr Ocáriz précise que le futur saint Josémaria Escriva de Balaguer pratiqua en fait ce qu’on appelle le bi-ritualisme : “ au cours des dernières années de sa vie, le bienheureux Josémaria célébrait d’ordinaire la Messe sans peuple, et lorsque parfois il la célébrait en présence du peuple, il utilisait le Missel de Paul VI. ”
Hormis le cas du futur saint Josémaria, la sanctification dans le nouveau rite liturgique est manifeste pour Mère Teresa de Calcutta ou Marthe Robin. Quant au Padre Pio, s’il a conservé jusqu’à sa mort le rite traditionnel, on ne peut en déduire une hostilité au nouveau rite, puisqu’il est mort en 1968, avant que le Novus Ordo Missae soit promulgué. Certes, il a obtenu une dispense écrite de suivre les premières réformes introduites dès 1965, mais les documents rassemblés à l’occasion du procès de béatification montrent que seules des raisons de santé ont alors été évoquées.
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De nouvelles déclarations de soeur Lucie de Fatima
• Comme pour mettre un terme aux controverses qui n’ont pas manqué de surgir suite à la publication et au commentaire, par le Saint-Siège, du troisième secret de Fatima, Mgr Bertone, Secrétaire de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi, a rendu visite à soeur Lucie, en son carmel de Coïmbra, le 17 novembre 2001, et l’a longuement interrogée (pendant plus de deux heures). A l’issue de cet entretien, un long communiqué a été publié, qui porte la signature conjointe de la voyante de Fatima et de Mgr Bertone. Le traduction intégrale de ce communiqué est parue dans le n° 2264, 17 février 2002, de la Documentation catholique  (4,12 euros - 3 rue Bayard, 75008 Paris).
Soeur Lucie conteste que le troisième secret n’ait pas été révélé intégralement : “ Tout a été publié, a-t-elle déclaré ; il n’y a plus rien de secret. ” Elle dit aussi, à deux reprises, son accord avec l’interprétation que le cardinal Ratzinger a donnée du texte. Enfin, elle réaffirme avec force : “ J’ai déjà dit que la consécration désirée par Notre-Dame a été faite en 1984, et elle a été acceptée par le Ciel. ”
• Ces nouvelles déclarations solennelles ne convaincront sans doute pas ceux qui jugent que la consécration demandée par la Sainte Vierge n’a pas été faite (le Père Gruner, la CRC, la FSSPX, et d’autres) et ceux qui estiment que le texte du troisième secret n’a pas été révélé complètement (FSSPX et site internet fatima.be, entre autres).
La pointe extrême de cette contestation est sans doute représentée par un ouvrage publié par une maison d’éditions millénariste (Le troisième Secret du 26 juin 2000 est un Faux..., Editions D.F.T., B.P. 28, 35370 Argentré-du-Plessis, 192 pages - 17,99 euros).
L’auteur, Laurent Morlier, estime :
“ après comparaison des déclarations anciennes et nouvelles de celle qu’on nous présente comme “Soeur Lucie”, il est aisé de conclure que quelque chose d’assez suspect se passe autour d’elle. Nous en sommes réduits aux hypothèses, mais deux seulement sont envisageables ; soit la vraie Lucie est atteinte de démence sénile ou a été droguée, mais si nous étions dans cette situation ses propos seraient plus ou moins incohérents, ce qui n’est pas vraiment le cas (...) Deuxième hypothèse donc : la vraie Lucie a été “mise au placard” et remplacée par une fausse “Soeur Lucie” tout acquise aux désirs du Vatican actuel, et que l’on met en scène dans certaines occasions importantes où elle doit apparaître en public. ”
Cette hypothèse, hautement rocambolesque, avait déjà été avancée jadis, par les mêmes milieux,  pour expliquer l’évolution du pontificat de Paul VI : le pape de l’application du concile Vatican II aurait été un imposteur, un sosie du vrai Paul VI qui, lui,  aurait été maintenu au secret ...

dimanche 27 janvier 2002

[Aletheia] La réconciliation de l’Union sacerdotale Saint Jean-Marie Vianney avec le Saint-Siège

Yves Chiron - Aletheia n°24 - 27 janvier 2002

Le 14 janvier dernier, Mgr Roberto Gomes Guimarães, évêque du diocèse de Campos, au Brésil, et Mgr Licino Rangel, évêque de l’Union Sacerdotale Saint Jean-Marie Vianney, établie à Campos, ont signé une “ Déclaration conjointe ”. Cette déclaration annonce que “ notre Saint-Père, le Pape Jean-Paul II, a signé le document d’accueil dans la pleine communion ecclésiale des prêtres de Campos, membres de l’Union sacerdotale Saint Jean-Marie Vianney, ainsi que des fidèles catholiques assistés par eux. Ils sont de ce fait considérés comme parfaitement insérés au sein de la sainte Eglise Catholique, Apostolique et Romaine. ”
L’Union sacerdotale Saint Jean-Marie Vianney avait été fondée par Mgr Antonio de Castro Mayer, qui dirigea le diocèse de Campos de 1949 à 1981. Son opposition au Novus Ordo Missae , promulgué en 1969, et à la doctrine conciliaire sur la liberté religieuse, l’avait conduit à rejoindre Mgr Lefebvre dans son combat pour la Tradition. En 1988, il avait participé avec celui-ci à la consécration de quatre évêques pour la Fraternité Sacerdotale Saint-Pie X : Mgr Bernard Fellay, Mgr Alfonso de Galaretta, Mgr Bernard Tissier de Mallerais et Mgr Richard Williamson.
Le 25 avril 1991, Mgr de Castro Meyer décédait. Trois mois plus tard, le 28 juillet, Mgr Tissier de Mallerais, Mgr de Galaretta et Mgr Williamson se rendaient à Campos pour consacrer évêque Mgr Licino Rangel, de l’Union sacerdotale fondée par Mgr de Castro Meyer.
Aujourd’hui cette Union sacerdotale et son évêque se retrouvent à nouveau en communion avec le Saint-Siège. La cérémonie officielle de réconciliation a eu lieu le vendredi 18 janvier, dans la cathédrale de Campos, sous la présidence du cardinal Castrillon Hoyos, préfet de la Congrégation pour le clergé et président de la Commission pontificale “Ecclesia Dei ”, chargée des relations avec les communautés traditionalistes.
Ce même jour, un décret de la Congrégation des évêques érigeait l’Union Saint Jean-Marie Vianney en Administration apostolique personnelle et nommait Mgr Rangel à sa tête. Ce statut canonique accordé par le Saint-Siège pour intégrer Mgr Rangel et les 26 prêtres de l’Union sacerdotale est très généreux. Le Code de droit canonique le définit ainsi : “ L’administration apostolique est une portion déterminée du peuple de Dieu qui, pour des raisons tout à fait spéciales et graves, n’est pas érigée en diocèse par le Pontife Suprême, et dont la charge pastorale est confiée à un Administrateur apostolique qui la gouverne au nom du Pontife Suprême ” (can. 371, § 2).
Parallèlement, Mgr Rangel et les prêtres de la nouvelle Administration apostolique ont fait une déclaration que je cite intégralement dans la langue originale (pour n’en pas trahir les intentions):
- Reconheemos o Santo Padre, o Papa João Paulo II, com todess os seus poderes e prerrogativas, prometendo-lhe nossa obediência filial e offereendo nossa oração por ele.
- Reconheemos o Concilio Vaticano II como um dos Concilios Ecumênicos da Igreja Catôlica, accitando-o à luz da Sagrada Tradição.
- Reconheemos a validade do Novus Ordo Missae, promulgado pelo Papa Paulo VI, sempre que celebrado corretamente e com a intençao de ofereer o verdadeiro Sacrificio da Santa Missa.
- Empenhamo-nos em aprofundar todas as questões ainda abertas, levando em consideração o cãnon 212 do Codigo de Direito Canônicoe com um sincero esperito de humilidade e de caridade fraterna para com todos. In principiis unitas, indubiis libertas, in omnibus charitas (S. Agostinho).
Cette Déclaration est très proche de la “ Déclaration doctrinale ” qu’avait signée Mgr Lefebvre en mai 1988 et qui constituait la première partie d’un protocole d’accord avec le cardinal Ratzinger ; accord qui n’a pas abouti comme chacun le sait.
Les réactions à l’accord de Campos
• Quelques jours avant la Déclaration conjointe de l’évêque de Campos et de Mgr Rangel, la revue Le Sel de la terre (Couvent de la Haye-aux-Bonhommes, 49240 Avrillé - n° 39, p. 194-197), revue des religieux dominicains proches de la Fraternité Saint-Pie X, publiait une “ Lettre ouverte aux prêtres de Campos ” par Dom Lourenço Fleichman, bénédictin brésilien. Dans cette lettre, le père Fleichman, traditionaliste, jusque là proche de Mgr Rangel, dit son hostilité à un accord avec Rome qui serait une “ trahison ”. Il dit écrire cette lettre “ sur le conseil et avec l’approbation de Mgr Fellay lui-même ”. Cet accord, écrit-il, se fera “ contre les conseils et les avis des évêques de la Fraternité [Saint-Pie-X] ”.
• Les réactions des autorités de la FSSPX à cet accord des traditionalistes brésiliens avec le Saint-Siège semblent, pourtant, beaucoup moins hostiles. Au début du mois de janvier, l’abbé Aulagnier, dans le n° 36 de son très riche bulletin d’informations hebdomadaire (D.I.C.I., Péricentre 4 - Bât. B, 149 rue de la Délivrande, 14000 Caen), estime que le chemin suivi par Mgr Rangel et la solution juridique trouvée “ seront, pour nous, un exemple ”.
Dans ce même numéro, l’abbé Aulagnier écrivait : “ Je regrette fortement la publication dans Le Sel de la terre, n° 39, de la lettre du RP Laurent. Cette lettre est une franche méchanceté. Le Père Laurent, du Brésil, aurait été bien inspiré de ne pas l’écrire et les Dominicains de ne pas la publier. (...) Mon ange, un jour, m’a dit : “Les Dominicains d’Avrillé font beaucoup de lefebvrisme. Avec cela, ils pourront faire beaucoup de mal et, peut-être, se perdre, eux-mêmes, un jour”. ”
• Le 18 janvier, l’agence de presse Fides, qui dépend de la Congrégation pour la Propagation de la Foi, publiait un communiqué sur la réconciliation qui avait lieu ce jour-là à Campos. Dans ce communiqué il était affirmé : “ Mgr Bernard Fellay, Supérieur de la Fraternité Sacerdotale Saint-Pie X a tenté d’empêcher ce retour, et s’est rendu personnellement au Brésil pour les convaincre de n’en rien faire. ”
Cette information mériterait d’être confirmée ou démentie, en tout cas précisée. Dans un entretien accordé à l’agence de presse APIC, le 9 janvier, Mgr Fellay, a considéré les accords de Campos comme un signe encourageant, même s’il reste très prudent. Il a déclaré : “ La façon dont on traitera les traditionalistes de Campos sera un véritable test. La balle est dans le camp des autorités romaines, qui doivent montrer quelle place ils entendent donner à la Tradition. ” Et aussi : “ Comme nous avons la même position doctrinale que Campos, je crois que les autorités romaines pourraient nous faire la même proposition. ”
• Le 21 janvier, La Croix, sous la signature d’un de ses rédacteurs en chef, Michel Kubler, estime que “ la réintégration d’un groupe lefebvriste brésilien dans le giron catholique romain pose autant de problèmes qu’elle en résout. ” Il se demande aussi : “ pourquoi tant d’efforts pour “récupérer” des ouailles qui en font si peu de leur côté, se prétendant seuls détenteurs de “la” Tradition, quand d’authentiques catholiques se sentent délaissés, tel le fils aîné de la parabole du prodigue...”
Cette réaction face à la réconciliation avec les traditionalistes brésiliens liés à la FSSPX laisse présager comment serait accueillie, dans certains milieux catholiques français, une réconciliation avec la FSSPX elle-même. Dans un entretien accordé au journal allemand Tagesanzeiger, le 5 janvier dernier, Mgr Fellay, a déclaré : “ So sagte er, die Versöhnung mit uns sei quasi unmöglich wegen der Opposition der europäische Bischöfe, namentlich von 65 französischen Bischöfen. ”
Assise, le syncrétisme et la religion naturelle
Le 24 janvier dernier, une nouvelle rencontre interreligieuse de prière pour la paix a eu lieu à Assise, renouvelant celle qui avait déjà eu lieu en 1986. Toutes les confessions chrétiennes et des représentants de toutes les grandes religions du monde étaient présents, rassemblés à l’appel du pape.
Contrairement à ce qui s’est dit et s’est écrit, ni en 1986 ni en 2002, il n’y a eu de prière commune entre chrétiens et non-chrétiens, au sens de prière unique faite en commun. Il y a eu juxtaposition de prières propres à la religion de chacun.
On doit relever aussi les avertissements répétés de la hiérarchie catholique, avant la rencontre, pour ne pas conclure au syncrétisme. Le 5 janvier 2002, dans un important article paru dans l’Osservatore romano, le cardinal Kasper, président du Conseil pontifical pour l’unité des chrétiens, a rappelé que “ c’est seulement en Jésus-Christ que la vérité est révélée dans sa plénitude ” et que “ les chrétiens ne peuvent pas prier avec les membres des autres religions ”. Il ajoutait qu’à Assise : “ tout syncrétisme doit être exclu. Si les membres des différentes religions veulent collaborer, cela doit se faire dans des domaines comme celui de la justice, des valeurs morales, de la paix et de la liberté.”
Le 22 janvier, interrogé par Radio-Vatican, le cardinal Kasper est revenu sur le sujet et a souligné qu’ “ il y a une différence entre dialogue oecuménique et dialogue interreligieux ”. Ce dernier, a précisé le cardinal, a “ pour but l’amitié, la compréhension mutuelle entre les religions, sans qu’il y ait fondement commun de la foi en Jésus-Christ et dans le baptême ”. Il a répété aussi qu’à Assise, il n’y aurait pas de prière commune : “ nous pouvons nous rassembler et prier, mais nous ne pouvons pas prier “ensemble”. Chaque religion priera dans le lieu qui lui est assigné, mais nous ne prions pas ensemble au sens propre parce que nous ne voulons pas faire un “mélange” des religions. ”
Le lendemain, au cours de l’Angélus, Jean-Paul II avait cru devoir rappeler lui aussi : “ la journée de prière pour la paix n’entend en aucune manière conduire au syncrétisme religieux.”
Toutes ces déclarations des autorités catholiques doivent être prises en compte lorsqu’on évoque les journées d’Assise.
Après la rencontre d’Assise, Jean Madiran a publié dans le numéro 5001 de Présent (5 rue d’Amboise, 75002 Paris), daté du 26 janvier, un article qui exprime très finement “ Le paradoxe d’Assise ”. “ Il y a l’esprit et le fait ”, explique-t-il. L’esprit d’Assise, tel que le définit Jean-Paul II, exclut tout syncrétisme religieux ; “ le fait est parfaitement contraire : partout la réunion d’Assise est reçue par les médias et par l’opinion publique, même catholique, comme une heureuse manifestation de syncrétisme... ” Le paradoxe est aussi que ce que les religions peuvent avoir en commun - la morale naturelle et la religion naturelle - “ est absolument contraire à la démocratie moderne sans Dieu, aux droits de l’homme sans Dieu, qui rejettent toute légitimité supérieure à leur supposée “volonté générale”. ”
A travers les revues étrangères
Depuis le mois de mars 2001 paraît, en néerlandais, une revue consacrée uniquement aux apparitions mariales contemporaines : AVÈ. Nieuwsbrief over actuele verschijningen (Rudo Franken, Markt 7, NL - 6088 BP Roggel). Un de ses principaux rédacteurs est Mark Waterinckx, excellent connaisseur des apparitions contemporaines, notamment celles de Medjugorje. La caractéristique de cette publication est de considérer ces apparitions contemporaines au regard des critères traditionnels de discernement en la matière et en tenant compte des jugements de l’Eglise.
Depuis le mois de septembre 2001, paraît une très belle revue mensuelle en langue anglaise, la Saint Austin Review (296 Brockley Road, London SE4 2RA). Dirigée par Joseph Pearce et Robert Asch, elle est proche des communautés anglaises qui ont bénéficié du motu proprio Ecclesia Dei. D’une très grande qualité esthétique, StAR est une revue culturelle catholique qui traite d’art, de musique, de littérature, de cinéma et d’histoire.
La Tradizione Cattolica est la revue officielle du District italien de la FSSPX (Priorato Madonna di Loreto, Via Mavoncello 25, I - 47828 Rimini). Dans le n° 48, l’abbé Michel Simoulin, supérieur du District italien, qui a été mêlé de près aux négociations engagées entre le Saint-Siège et la FSSPX, publie un important dossier intitulé “ Roma e la Fraternità San Pio X ” (p. 48-63). Des précisions utiles et la publication intégrale de plusieurs documents.
L’Institut du Christ Roi Souverain Prêtre (Villa Martelli, Via di Gricigliano 52, I - 50069 Sieci) publie, en français, une belle revue du même nom. Dans le dernier numéro, n° 23, on trouve un intéressant dossier sur Fatima. Outre les documents relatifs au troisième secret de Fatima, on trouve une longue étude de Mgr Rudolph Schmitz, “ Le message de Fatima et la crise de la foi aujourd’hui ”, et la publication d’une très intéressante correspondance échangée entre Mgr Hnilica et le cardinal Ratzinger. Cet échange porte sur la nature-même des apparitions de la Vierge, le mystère du Coeur Immaculé de Marie et son triomphe qui reste à venir.
Précision
Dans le précédent numéro d’Alethéia, j’indiquais qu’à ma connaissance le bienheureux Mgr Escriva de Balaguer, qui sera canonisé dans les mois à venir, avait célébré la messe selon le nouveau rite à partir du moment où il est entré en vigueur. Cette information était incomplète. Mgr Escriva de Balaguer a bien célébré selon le N.O.M. à partir de 1969 mais il en “ souffrait spirituellement ”. Par un intermédiaire, Mgr Del Portillo, permission lui a été accordée de célébrer à nouveau selon le rite traditionnel, ce qu’il a fait jusqu’à sa mort. Les correspondants qui m’ont signalé le fait divergent sur l’autorité qui a accordé cette permission : Paul VI ou le Préfet de la Congrégation pour le Culte Divin.