dimanche 1 octobre 2006

[Aletheia n°98] Trois paroles d'évêques - par Yves Chiron

Aletheia n°98 - 1er octobre 2006

Trois paroles d'évêques - par Yves Chiron

Cette modeste lettre d’informations religieuses n’a ni vocation ni ambition à être parénétique. Elle a comme première ambition d’apporter des nouvelles et des précisions, de publier éventuellement des documents. Elle ne veut qu’inciter à la réflexion et, ainsi, contribuer, à sa place, à la paix dans l’Eglise par la vérité. Recevant il y a deux jours les évêques du Malawi en visite ad limina, Benoît XVI leur a demandé : « Ne cessez jamais de proclamer la vérité, et insistez sur cette vérité “à temps et à contretemps “ (2 Tm 4, 2) car “la vérité vous rendra libres“ (Jn 8, 32). »

Nous, fidèles du dernier rang, ne devons-nous pas demander aussi à nos évêques cette vérité, avec le respect dû à leur caractère de ministre ordonné, nous plaindre quand elle nous apparaît travestie et nous réjouir quand elle est proclamée ?

Trois faits récents donnent une image contrastée de nos évêques de France.

Mgr Dupleix et la messe

Vient de paraître, sous forme d’abécédaire, un livre qui s’adresse « à tous ceux qui désirent retrouver les mots de l’initiation chrétienne »[1]. L’ouvrage est présenté par Mgr André Dupleix, secrétaire général adjoint de la Conférence des évêques de France, et il émane, par ses auteurs, du Service national de catéchuménat et de sa revue Chercheurs de Dieu.

55 mots qui appartiennent presque tous aux conversations courantes : amour, bonheur, charité, joie, laïc, mémoire, résurrection, etc. , font l’objet de définitions et explications assez élaborées (trois ou quatre pages par notice). Pour chacun est d’abord donnée la signification ordinaire puis le sens particulier qu’ils ont pour les chrétiens.

Il ne s’agit pas d’un catéchisme ou d’un « parcours de la foi » mais l’ouvrage veut contribuer à l’évangélisation : « permettre aujourd’hui de comprendre la foi des chrétiens, à partir des mots de tous les jours et en dévoilant peu à peu le nouveau sens que leur donne cette foi ».

On reste alors stupéfait des définitions minimalistes qu’on y trouve. On ne s’attardera que sur celle de la messe. La messe y est définie comme une « rencontre d’hommes et de femmes de tous âges » pour former « un seul Corps avec le Christ » et « rompre le pain et boire à la coupe, comme Jésus l’a fait avec ses apôtres et ses disciples ». Y a-t-il présence réelle du Christ par la transsubstantiation ? Ce mémorial est-il aussi un saint sacrifice qui « actualise l’unique sacrifice du Christ Sauveur » (CEC, 1330). L’abécédaire de Mgr Dupleix n’en dit rien, n’utilise aucun de ces mots.

Plus grave, à la fin de la notice sur le mot « messe », entre une courte citation du Psaume 22 et une courte citation de la Première Lettre aux Corinthiens, est donnée la citation, longue cette fois, d’un auteur contemporain, Bernard Feillet qui réduit la doctrine catholique de la messe à néant :

« Ce n’est pas pour faire venir Dieu au milieu des hommes que l’on célèbre l’eucharistie, mais c’est parce que le mystère de Dieu habite l’humanité qu’il est possible de faire surgir par un geste simple de cette humanité le symbole de cette Présence.

Partager le pain et boire à la coupe est une démarche de communion entre ceux qui ensemble lui donnent un sens pour anticiper l’accomplissement d’une humanité enfin pacifiée et unie. L’eucharistie est constitutive d’humanité et révélation de cette humanité en Dieu. C’est un acte d’homme, accompli devant Dieu, au service de l’Homme. »

Cette vision anthropocentrique, immanente et symbolique de la messe est donnée sous l’autorité du secrétaire général adjoint de la Conférence des évêques de France ; comme un caillou qu’on donnerait à un pauvre qui a faim.

Mgr Cattenoz et l’école catholique

Le hasard du calendrier ou les divisions grandissantes de l’épiscopat français font que, au moment Mgr Dupleix croit nécessaire de minimaliser les réalités et les mystères chrétiens pour proposer aux hommes d’aujourd’hui « un Dieu, un sens, une vérité qui ne leur tombent pas sur la tête ou leur sont imposés de l’extérieur » (p. 17 de sa Présentation), un autre évêque, Mgr Cattenoz, déplore l’ « humanitarisme bon teint » et les références « sans vrai lien avec la foi chrétienne » de nombre des projets pédagogiques de l’enseignement catholique[2].

L’archevêque d’Avignon regrette l’ « abus des valeurs de solidarité et d’ouverture à tous » et estime qu’aujourd’hui « beaucoup d’établissements catholiques n’ont plus de catholique que le nom ».

« À force de faire un catholicisme mou, on n’aura bientôt plus de catholicisme du tout » déclare Mgr Cattenoz qui vient de promulguer une « Charte diocésaine de l’enseignement catholique » pour restaurer « une vraie pédagogie chrétienne ».

Mgr Daucourt et la « conversion » de Frère Roger

Mgr Gérard Daucourt, évêque de Nanterre, est intervenu dans la polémique sur la conversion au catholicisme de Frère Roger, avec l’autorité de sa fonction de membre du Conseil pontifical pour la Promotion de l’Unité des Chrétiens. Le 7 septembre, il a publié un communiqué pour démentir les informations publiées par Aletheia (n° 95, 1er août 2006), informations relayées avec éclat par Le Monde (6 septembre 2006).

Ce communiqué, aussitôt reproduit ou cité par des dizaines de journaux, en France et en Europe, a, dit-on, « dissipé toute incertitude sur la “conversion“ du Frère Roger, fondateur de Taizé : non, il ne s’est pas “converti“. »

Les démonstrations de Mgr Daucourt appelaient une réponse de ma part. Ma réponse a d’abord été privée : j’ai écrit, respectueusement, à l’évêque de Nanterre pour lui présenter des objections à son communiqué, tout en restant ouvert à toute explication et tout témoignage qui viendraient apporter des éclairages nouveaux sur la personnalité unique de Frère Roger et sur l’importance de sa démarche œcuménique.

Naïvement, j’ai cru que Mgr Daucourt, comme d’autres évêques de France, était ouvert au dialogue et qu’il daignerait répondre à mes demandes d’éclaircissement, comme l’avaient fait, précédemment à mon article, Mgr Séguy, évêque d’Autun au moment de la mort de Frère Roger, Mgr Johan Bonny, du Conseil Pontifical pour la promotion de l’Unité des chrétiens, Mgr Minnerath, évêque de Dijon, et Frère Alois, Prieur de la Communauté de Taizé.

À ce jour, Mgr Daucourt n’a pas jugé utile de répondre à mes objections et à mes questions. Je suis d’autant plus libre de les poser, désormais, publiquement :

• Mgr Daucourt affirme : « pour les personnes déjà baptisées, l’Eglise catholique ne parle pas de conversion au catholicisme ».

J’entends bien que c’est le mot de « conversion » qui fait d’abord débat dans la question de la communion catholique reçue par Frère Roger depuis 1972. Frère Alois, successeur de Frère Roger, récuse le mot parce que Frère Roger n’a pas voulu de « rupture avec ses origines ».

Mgr Daucourt, lui, récuse le mot parce que, dit-il, l’Eglise ne l’emploie pas « pour les personnes déjà baptisées » qui sont admises à la pleine communion dans l’Eglise. L’évêque de Nanterre devrait dire plutôt : « ne l’emploie plus » ou « ne l’emploie presque plus ». On ne fera pas l’injure à Mgr Daucourt de lui rappeler avec quelle hauteur de sentiment Newman a employé le mot dans son Apologia pro vita sua pour décrire « l’histoire de ses opinions religieuses » de l’anglicanisme au catholicisme.

Tout récemment encore, le mot est employé, non seulement en matière interreligieuse mais aussi en matière interconfessionnelle par des instances qu’on ne peut accuser de « romanocentrisme ». En effet, depuis le mois de mai dernier, le Conseil pontifical pour le dialogue interreligieux et le Bureau des relations et du dialogue interreligieux du Conseil œcuménique des Eglises ont engagé une réflexion, sur trois ans, visant à élaborer « un code de conduite commun » en matière de conversion. Hans Ucko, responsable du Bureau des relations interreligieuses du COE, indique : « La question de la conversion religieuse demeure source de controverse dans bien des relations interconfessionnelles et interreligieuses ».

Le mot de « conversion » n’est pas accepté par Taizé, mais c’est pour d’autres raisons qu’il n’est pas accepté par Mgr Daucourt. L’évêque de Nanterre nous dit en somme : « Frère Roger ne s’est pas converti au catholicisme parce qu’il n’y a pas de “conversion“ entre confessions chrétiennes ».

• Mgr Daucourt nous dit que lorsqu’un baptisé non-catholique entre en pleine communion dans l’Eglise catholique, « cette démarche, dans tous les cas, comporte un document écrit et signé ». Or, dit-il, « aucun document de ce genre n’existe concernant Frère Roger » ; donc c’est bien une preuve supplémentaire que Frère Roger ne s’est pas converti au catholicisme « au sens où on l’entend habituellement ».

Un « document écrit et signé » accompagne-t-il vraiment « dans tous les cas » ce que Mgr Daucourt appelle une « démarche » d’admission dans l’Eglise catholique ? Rien n’est moins sûr.

Le pasteur Max Thurian, autre frère de la Communauté de Taizé, qui s’est converti au catholicisme puis est devenu prêtre, en 1987, n’a pas évoqué une telle déclaration écrite. Il écrivait : « La cérémonie ”d’adjuration” n’existe plus dans l’Eglise catholique, on confesse la foi de l’Eglise catholique dans sa plénitude »[3]. Plus récemment, en 2001, quand le pasteur Michel Viot a quitté l’Eglise évangélique de France pour l’Eglise catholique, où il est devenu prêtre, a-t-il signé « un document écrit » ? La question mérite d’être posée.

On accordera à Mgr Daucourt que, concernant frère Roger, un tel document « écrit et signé » n’existe pas dans les archives du diocèse d’Autun. Est-ce suffisant pour affirmer qu’il n’y a pas eu conversion ?

Mgr Le Bourgeois, qui a donné la communion catholique à Frère Roger, n’a pas jugé utile de formaliser davantage cette démarche accomplie en 1972. Ce n’est pas une preuve a contrario.

• Évoquant la communion reçue par Frère Roger lors des obsèques de Jean-Paul II, communion donnée par celui qui allait devenir quelques jours plus tard le pape Benoît XVI, Mgr Daucourt écrit : « Il n’y a rien là d’extraordinaire. Le droit de l’Eglise catholique confère à chaque évêque la responsabilité d’accueillir à l’Eucharistie, régulièrement ou exceptionnellement, un nouveau baptisé ou un baptisé venant d’une autre Eglise ».

On passera sur l’expression « Eglise » employée pour désigner les confessions protestantes, le Magistère ne l’emploie pas ; mais on conviendra que l’évêque a la faculté, pour des raisons éminentes, « d’accueillir à l’Eucharistie » un baptisé non-catholique.

Mais l’intercommunion n’est admise ni en doctrine ni en pratique habituelle par l’Eglise. On se souvient qu’une des premières condamnations de Benoît XVI a visé un théologien allemand, le Professeur Hasenhüttl, qui avait accordé la communion à des protestants et en avait justifié la pratique dans ses écrits.

• Finalement, Mgr Daucourt reconnaît le « caractère objectif et public à la communion de foi que Frère Roger vivait avec l’Eglise catholique ». Comment qualifier alors la démarche de Frère Roger, si on refuse le mot « conversion » ? Mgr Daucourt refusera-t-il aussi qu’on dise que Frère Roger était devenu catholique ?

Des autorités éminentes ont affirmé publiquement que Frère Roger était catholique :

- le cardinal Kasper, interrogé par le cardinal Barbarin le jour des obsèques de Jean-Paul II : « Frère Roger est formellement catholique ».

- Mgr Minnerath, évêque de Dijon : « Frère Roger a officialisé son passage au catholicisme auprès de l’évêque d’Autun »[4].

- Mgr Séguy, évêque émérite d’Autun où se trouve Taizé : « Frère Roger lui-même m’a confirmé qu’il était catholique »[5].

En refusant le terme de « conversion », Mgr Daucourt semble vouloir éviter de qualifier Frère Roger de « catholique ». Cette réticence, pour ne pas dire ce refus, pose question à l’historien comme au croyant : pourrait-on être en même temps protestant et catholique, dépasser les clivages confessionnels ? Ce serait une nouvelle praxis et une nouvelle doctrine.

On pourra préférer, finalement, la réponse, humble, de Frère Aloïs, prieur de la Communauté de Taizé : « D’origine protestante, [Frère Roger] a accompli une démarche qui n’a pas de précédent depuis la Réforme. […] Comme cette démarche était progressive et tout à fait nouvelle, elle était difficile à exprimer et à comprendre. [6]»

Enfin, on citera ces propos de Paul VI à propos du cardinal Newman :

« Pour aller jusqu’au bout de ce qu’il jugeait la Vérité, Newman a renoncé à l’Eglise d’Angleterre non pas pour se séparer d’elle, mais pour l’accomplir. Il ne cessait de croire ce qu’il avait cru, mais il le croyait davantage encore, il avait porté sa foi anglicane jusqu’à sa plénitude. Une conversion est un acte prophétique. Newman a vécu l’histoire de la réunion future, de cette récapitulation en Jésus-Christ dont le moment nous est encore caché, mais à laquelle nous aspirons tous. »

L’analogie ne saurait être poussée trop loin. Frère Roger n’avait pas « renoncé » à Taizé. Mais la route de Taizé n’était peut-être pas arrivée à son terme. On se souvient des paroles prononcées par Benoît XVI au lendemain de la mort tragique de Frère Roger. Le jour-même où Frère Roger était assassiné, le 16 août 2005, Benoît XVI avait reçu une lettre de lui où il écrivait : « Notre communauté de Taizé voudrait cheminer en communion avec le Saint-Père. Très Saint Père soyez assuré de mes sentiments de profonde communion. »

NOTES

[1] Les Mots des chrétiens, présentation par Mgr Dupleix, Presses de la Renaissance, août 2006, 222 pages, 15 €.

[2] Propos rapportés par La Croix (27 septembre 2006) et entretien accordé à Famille chrétienne (30 septembre 2006).

[3] Lettre de Max Thurian à l’auteur, le 27 juillet 1992.

[4] Lettre de Mgr Minnerath à l’auteur le 17 janvier 2006.

[5] Lettre de Mgr Séguy à l’auteur, le 19 janvier 2006 et déclaration au Monde, publiée le 6 septembre 2006.

[6] Entretien publié dans la Croix le 7 septembre 2006.

lundi 11 septembre 2006

[Aletheia n°97] L’Institut du Bon Pasteur - et autres textes - par Yves Chiron

Aletheia n°97 - 11 septembre 2006

Le 8 septembre, la Commission Ecclesia Dei, par un décret canonique, a érigé un nouvel Institut de droit pontifical, c’est-à-dire qui relève directement du Saint-Siège. Ce nouvel Institut, « société de vie apostolique », s’est placé sous le patronage du Bon Pasteur. Il regroupe, selon ses statuts, des prêtres appelés à « servir les paroisses (avec mission canonique de l’Ordinaire »), qui auront comme « rite propre » la liturgie traditionnelle, avec faculté d’ouvrir un séminaire.

Les fondateurs de cet Institut sont cinq prêtres qui ont été exclus de la Fraternité Saint-Pie X, ces dernières années, ou qui s’en sont séparés : les abbés Philippe Laguérie (nommé premier supérieur du nouvel Institut), Paul Aulagnier, Guillaume de Tanoüarn, Christophe Héry et Henri Forestier. Sans doute espèrent-ils que d’autres prêtres de la FSSPX les rejoindront.

Le siège de ce nouvel Institut sera à Bordeaux, où certains de ces prêtres exercent, depuis 2002, leur ministère dans l’église Saint-Eloi, avec l’accord du conseil municipal mais contre la volonté des autorités diocésaines. Le cardinal Ricard, archevêque de Bordeaux, s’est déclaré, dans un communiqué, prêt à signer une « convention » avec ce nouvel Institut. Il ne cache pas que des « conditions » seront posées. Mais il est disposé aussi à rétablir une communion fraternelle : « Tout un travail de pacification, de réconciliation et de communion est encore à faire car la violence a marqué jusqu’à ces derniers mois les relations de plusieurs membres de cet Institut avec l’Eglise diocésaine. Il faudra que chacun y mette du sien. »

Que le cardinal Ricard soit, depuis le « schisme » de Mgr Lefebvre, le premier évêque français à favoriser la création d’un Institut traditionaliste, n’est pas un hasard. Il s’est voulu, depuis le début de son épiscopat, un « tisserand d’unité ». Cette belle formule n’a pas été un vain mot. Quand il avait été élu président de la Conférence épiscopale de France, le portrait que j’avais fait de lui (Aletheia, n° 20, 7 novembre 2001) avait fait sourire certains et avait laissé sceptiques nombre de lecteurs. Quand, quelques mois plus tard, il avait été nommé membre de la Commission Ecclesia Dei, j’avais écrit : « Les traditionalistes français devraient trouver auprès de lui un accueil attentif et non prévenu » (Aletheia, n° 29, 30 juillet 2002). La formule avait irrité à Bordeaux – à Saint-Eloi, pas à l’Archevêché –, et voilà que c’est de Bordeaux que jaillit, en accord avec le cardinal Ricard et par la volonté de Benoît XVI, une société de vie apostolique composée de prêtres qui veulent « exercer leur sacerdoce dans la tradition doctrinale et liturgique de la Sainte Eglise ».

Cet accord pratique – qui en rappelle d’autres – peut surprendre de la part de prêtres (les abbés Laguérie et Tanoüarn) qui ont eu, sur l’opportunité et la possibilité de tels accords, des positions successives contradictoires. En revanche, un autre des fondateurs, l’abbé Aulagnier, n’a jamais varié sur la nécessité et l’utilité d’accords pratiques, cela avait même été le motif de son exclusion de la FSSPX.

La Fraternité Saint-Pie X, elle, n’a pas varié sur son refus de tels « accords pratiques » immédiats. Elle pose toujours deux préalables (liberté universelle de la messe tridentine et retrait officiel du décret d’excommunication), elle demande aussi que des discussions doctrinales aient lieu sur les questions controversées (liberté religieuse, œcuménisme, etc.), ce n’est qu’ensuite qu’un accord canonique pourrait intervenir.

Les fondateurs de l’Institut du Bon Pasteur ont, eux, vu dans l’élection de Benoît XVI, un kairos (un « moment favorable »). Aujourd’hui, le supérieur du nouvel Institut, l’abbé Philippe Laguérie, va jusqu’à qualifier Benoît XVI de « pape traditionaliste » : « On a un nouveau pape qui a compris la tradition, on n’a pas encore remis la tradition complètement dans ses droits, mais le chemin se fait. »

Qualifier Benoît XVI de « traditionaliste » est un formule simplificatrice et fausse. Ni la pensée ni l’action de Benoît XVI ne peuvent se laisser enfermer dans l’étiquette du « traditionalisme ». L’Institut du Bon Pasteur a obtenu que la liturgie traditionnelle soit reconnue comme son « rite propre », mais ce serait se tromper que de croire que Benoît XVI ait la volonté de restaurer la liturgie traditionnelle dans toute l’Eglise. C’est lors des rencontres de Fontgombault, pas loin d’ici, il y a cinq ans, que celui qui était encore Préfet de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi a exprimé de manière la plus développée et, très clairement, sa position sur le sujet[1]. Il se prononçait pour « une réforme de la réforme » (du Missel de 1969) mais il envisageait aussi une évolution du Missel de 1962 (en introduisant de nouveaux saints, des préfaces supplémentaires, etc.). Ailleurs, il a évoqué, pour l’avenir, la nécessité, pour l’Eglise, d’avoir « un seul rite » (cf. Aletheia, n° 89, 19 février 2006). Certains fidèles devraient avoir cette pensée lorsqu’ils assistent à la messe, dans l’un ou l’autre rite, et leurs pasteurs devraient y songer aussi en célébrant, dans l’un ou l’autre rite.

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Décret d’érection de l’Institut du Bon Pasteur

Commission Pontificale « Ecclesia Dei »

Décret N° 118/2006

Notre Seigneur Jésus-Christ est réellement le Pasteur et l’évêque de nos âmes, l’apôtre Pierre l’enseigne dans sa première épître (I P 2, 25). Au même endroit, il exhorte les fidèles à suivre les traces du Pasteur. Cette exhortation de l’Apôtre doit être suivie, c’est évident, par tous les chrétiens. Mais elle concerne en premier lieu ceux qui ont été appelés à exercer dans l’Église une charge de pasteur, c’est-à-dire les évêques eux-mêmes et leurs coopérateurs prêtres et diacres, pour lesquels le Christ Bon Pasteur, lui qui donne sa vie pour ses brebis, est l’exemple manifeste de la vie et du ministère apostolique.

Dans un certain nombre de diocèses en France, les fidèles attachés aux précédentes formes liturgiques du rite romain, manquent de pasteurs disponibles pour apporter aux évêques une aide efficace dans la charge pastorale de ces fidèles.

Récemment, dans l’archidiocèse de Bordeaux, est apparu un groupe de quelques prêtres sous le patronage du Bon Pasteur. Les membres de ce groupe s’efforcent d’aider son Éminence révérendissime Jean-Pierre Cardinal Ricard dans le travail paroissial, tout d’abord à destination des fidèles résolus à célébrer l’antique liturgie romaine. L’archevêque lui-même, convaincu de la grande utilité de tels coopérateurs, reçoit dans son diocèse cette communauté, en lui confiant l’église Saint-Éloi située dans sa ville épiscopale, avec la charge pastorale de ses fidèles.

Et comme ce nouvel Institut veut offrir aussi aux autres évêques qui le désirent son service pastoral, cette communauté, dans les circonstances particulières du temps présent, a humblement demandé aide et soutien au Siège apostolique. Tous ces éléments étant bien pesés, la Commission pontificale Ecclesia Dei, recevant avec bienveillance cette demande et avec l’aide du secours divin, en vertu des facultés qui lui ont été attribuées par le Souverain Pontife Benoît XVI, après avoir informé le Préfet de la Congrégation pour les instituts de vie consacrée et les sociétés de vie apostolique, érige comme société de vie apostolique de droit pontifical, dans la ville de Bordeaux, et plus précisément en l’église Saint-Éloi : l’Institut du Bon Pasteur.

Ainsi, la Commission approuve pour cinq ans, ad experimentum, les constitutions dudit Institut telles qu’elles se trouvent dans le texte mis en annexe à ce décret.

Enfin, aux membres de cet Institut, elle confère le droit de célébrer la liturgie sacrée, en utilisant, et vraiment comme leur rite propre, les livres liturgiques en vigueur en 1962, à savoir le missel romain, le rituel romain et le pontifical romain pour conférer les ordres, et aussi le droit de réciter l’office divin selon le bréviaire romain édité la même année.

En dernier lieu, elle nomme le révérend abbé Philippe Laguérie premier supérieur de cet Institut.

Rien de contraire n’y faisant obstacle.

Au siège de la Commission Pontificale « Ecclesia Dei »,

En la fête de la Nativité de la Bienheureuse Vierge Marie, le 8 septembre 2006.

Dario Cardinal Castrillon Hoyos, Président

Camille Perl, Secrétaire

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Rémi Fontaine interpelle les évêques de France

Le livre s’ouvre par une citation de Mgr André Vingt-Trois, archevêque de Paris : « Oserais-je vous dire que je m’interroge souvent devant Dieu sur les silences dont on pourra nous accuser dans quelques décennies ou siècles ? Quand je dis “nous“, je ne pense pas seulement aux intellectuels éclairés dont les opinions ont si souvent suivi le “politiquement correct“ ou le médiatiquement correct. Je pense à nous chrétiens et, premièrement, à nous évêques qui avons reçu mission de guider le peuple chrétien. »[2]

L’interpellation de Rémi Fontaine est posée, argumentée, avec, en plusieurs occasions, une remarquable agilité intellectuelle qui lui fait retourner, contre son interlocuteur virtuel – tel ou tel évêque français –, l’argument que celui-ci a employé. J’écris « interlocuteur virtuel » car, jusqu’à aujourd’hui, les évêques de France, sauf exceptions rarissimes, ont pratiqué, depuis une quarantaine années, le nullam partem avec ce qu’ils appellent, au mieux, dédaigneusement, les traditionalistes, voire, avec mépris, les intégristes.

Rémi Fontaine retrace, en 38 chapitres, la « chronique d’une Eglise par omission ». Ou comment, sur l’école, la laïcité, l’avortement, l’Europe, l’homosexualité, les traductions de la Bible, les liturgies sauvages, le célibat des prêtres, le communisme, et d’autres sujets, des évêques de France, individuellement ou en corps constitué (dans l’exercice collégial de la Conférence épiscopale ou de telle ou telle Commission), ont failli à leur mission.

Le choix chronologique adopté par Rémi Fontaine dans son « Livre noir » pointe du doigt des interventions épiscopales qui n’ont pas la même importance. On pourrait lui reprocher de mêler des maladresses de langage, des frilosités – certes peu honorables – et des positions scandaleuses ou choquantes qui, elles, ont été volontaires et pensées. En certaines déclarations, sur le combat anti-avortement par exemple, Rémi Fontaine regrette chez tel ou tel évêque « le syndrome de la vulnérabilité médiatique de ceux qui ne parlent pas selon la vérité des choses, mais selon ce qu’ils croient que l’opinion publique va agréer ».

Sur d’autres sujets, la laïcité notamment, l’omission est volontaire, par conviction fortement enracinée. La « laïcité ouverte » ou « apaisée » dont plusieurs évêques font l’apologie est, écrit Rémi Fontaine, un « consentement au pacte laïc dans une sorte de théocratie à l’envers qui subordonne les religions au pouvoir temporel ».

Le livre de Rémi Fontaine met en lumière les ambiguïtés, les faiblesses, les démissions de nombre d’évêques français. En revanche, il cite très peu d’actions ou de déclarations épiscopales qui contrebalanceraient voire contrediraient la tendance générale de l’épiscopat française. Et pourtant, il y en a. L’ultraprogressiste et irrévérencieux Golias connaît ces évêques et, dans son Trombinoscope des évêques, les placent dans les catégories, infâmantes à ses yeux, de « réacs » et de « dangereux ».

On ne suivra évidemment pas Golias dans son classement subjectif et idéologique. On sera plutôt d’accord avec Philippe Maxence qui, dans un récent dossier de l’Homme nouveau qui établissait une « Radioscopie de l’épiscopat français », écrivait : « Il n’y a pas d’Eglise catholique sans évêques. Ceux qui espèrent ou qui rêvent d’une réforme de l’Eglise, d’un grand renouveau ou d’un retour aux grandes époques de son histoire, ne doivent pas oublier que rien ne se fera sans les évêques. Ils sont les successeurs des Apôtres, avec leur sainteté, leurs misères, leurs courages et leurs défaillances. […] il faut se garder de tomber dans deux pièges : l’angélisme et un hyperréalisme critique. La première tentation serait d’affirmer que l’Eglise en France se porte bien, qu’elle n’a pas de problèmes ni de défaillances. La seconde tentation ne verrait, au contraire, que les zones d’ombre et les infidélités. À nous catholiques, il nous est demandé un grand effort : savoir porter sur des réalités naturelles un regard surnaturel, nourri par la foi, l’espérance, la charité, l’enseignement de l’Eglise et son histoire elle-même. »[3]

Quel accueil Rémi Fontaine trouvera-t-il auprès des évêques français ? Combien prendront la peine de le lire et ne se contenteront pas de le feuilleter voire de le repousser à la simple lecture du titre et du nom de l’éditeur ? En tout cas, ils ne pourront pas dire qu’ils ne le connaissent pas puisqu’ils l’auront tous reçu.

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À propos de la « conversion » du Pasteur Roger Schutz

Le numéro d’Aletheia du 1er août, consacré à l’abjuration du pasteur Sandmark et à la conversion du pasteur Roger Schutz (fondateur de Taizé), a attiré l’attention du Monde et donc, l’univers médiatique fonctionnant ainsi, de nombreux journaux français et étrangers. Mgr Daucourt, évêque de Nanterre, en sa qualité de membre du Conseil pontifical pour l’Unité des chrétiens, lui aussi alerté par l’article du Monde, a cru devoir publier une Déclaration, non dénuée d’intérêt mais finalement peu claire, et, en tout cas, injuste et méprisante.

Du flot d’articles, parus à ce jour en France et à l’étranger, quatre méritent de retenir l’attention[4]:

  • deux articles de Jean Madiran, dans Présent des 8 et 9 septembre, qui, avec son acribie habituelle, relient la question de la conversion de Fr. Roger, au débat sur la nouvelle messe ;

  • l’entretien accordé à la Croix, le 7 septembre, par Fr. Aloïs, prieur de la Communauté de Taizé, qui récuse le terme de « conversion » ;

  • le commentaire publié par Christian Terras et Romano Libero sur le site internet de Golias, le 8 septembre : ils tentent d’analyser la controverse lancée en terme de stratégie ecclésiale.

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NOTE

[1] Autour de la question liturgique, journées d’études autour du cardinal Ratzinger, les 22-24 juillet 2001, Association Petrus a Stella (Abbaye Notre-Dame, 36220 Fontgombault), 192 pages.

[2] Rémi Fontaine, Le Livre noir des évêques de France, Renaissance catholique (89 rue Pierre Brossolette, 92130 Issy-les-Moulineaux), 217 pages, 15 euros.

[3] L’Homme nouveau (10 rue Rosenwald, 75015 Paris), n° 1372, 24 juin 2006.

[4] Les lecteurs intéressés par ces articles peuvent envoyer quelques timbres ou euros pour en obtenir photocopie.

samedi 12 août 2006

[Aletheia n°96] Un ouvrage inédit de Soeur Lucie de Fatima - par Yves Chiron


Aletheia n°96 - 12 août 2006
Un ouvrage inédit de Soeur Lucie de Fatima - par Yves Chiron
L’ouvrage, inédit, de Sœur Lucie, la dernière des voyantes de Fatima, décédée il y un an, était annoncé comme devant paraître aux Editions Parole et Silence (Agence Zenit le 2 juin 2006, cf. Aletheia n° 93, 4 juin 2006). À ce jour, l’ouvrage n’est pas paru à ces éditions. En revanche, il existe déjà en portugais, en anglais, en allemand, en italien… et en français à Fatima[1]. En voici donc une présentation.
Dans son titre complet, l’ouvrage s’intitule : Comment je vois le message à travers le temps et les événements. Il existe des Mémoires de Sœur Lucie, dont on sait qu’ils furent rédigés à partir de 1935. Selon Sœur Lucie elle-même, ces Mémoires ont été écrits « à la hâte, sans avoir eu le temps nécessaire d’entrer dans les détails » (p. 9 de Comment je vois…). L’appréciation est vraie pour le premier Mémoire, rédigé en moins de quinze jours. Mais ce 1er Mémoire a été complété par quatre autres[2]. Pourtant, à la demande de son confesseur, Sœur Lucie a accepté d’écrire encore sur les faits de 1917 et leur préparation. D’où ce nouveau livre, posthume parce qu’inachevé (le récit et le commentaire de Sœur Lucie ne vont pas au-delà de l’apparition d’août 1917).
Les apparitions angéliques préparatoires et les quatre premières apparitions de la Vierge font l’objet non pas d’un nouveau récit complet, mais de précisions, et surtout d’un commentaire spirituel et doctrinal.  Ce commentaire relève à la fois de l’exégèse et de l’interprétation.
On ne retiendra, ici, que quelques points saillants de ce livre :
• Concernant l’apparition du 13 juin. Sœur Lucie avait déjà écrit : « Elle [la Sainte Vierge] ouvrit les mains et nous communiqua, pour la seconde fois, le reflet de cette lumière immense. En Elle, nous nous vîmes comme submergés en Dieu. » Cette fois, sa description est plus précise et son commentaire donne le sens d’une telle grâce : « …la céleste Messagère, dans un geste de protection maternelle, ouvrit les bras et nous enveloppa dans le reflet de la lumière de l’Etre immense de Dieu.
Cette grâce nous marqua pour toujours dans l’ordre du surnaturel. »
• Le 13 juillet, les trois voyants eurent une vision, effrayante, de l’Enfer. Dans un entretien accordé en 1992 au cardinal Padiyara – entretien dont la teneur, publiée, a été injustement contestée – , Sœur Lucie avait dit : « L’enfer est une réalité. C’est un feu surnaturel et non physique et qui ne peut être comparé au feu qui brûle, feu de bois ou de charbon, ni à ces feux que certains ont l’habitude de mettre ici, dans nos forêts.[3] » Cette fois, elle commente ainsi cette vision de l’enfer du 13 juillet 1917 : « on voyait le feu, mais ce que je ne sais pas, c’est de quelle sorte de feu il s’agissait. Ce n’était certainement pas un feu matériel, comme les feux que nous sommes habitués à voir sur la terre. Dans l’ordre du surnaturel, il n’existe pas de matériaux pour alimenter pareil feu. […] quel est le combustible qui alimente cette fournaise qui brûle toujours sans diminuer ni s’éteindre ? Et nous ne savons pas combien d’autres feux Dieu a pu allumer dans le domaine du surnaturel, chacun étant adapté à la fin pour laquelle Dieu l’a créé. Dans les œuvres de la création, nous voyons qu’il y a beaucoup de secrets que les hommes, malgré tout leur savoir, ne sont pas encore venus à percer. Nous ne sommes vraiment rien devant la toute-puissance de Dieu ! […] Quoi qu’il en soit, ce qui est certain, c’est que l’enfer existe et qu’il est pour Notre Dame l’objet d’une grande préoccupation. »
La consécration de la Russie demandée par la Sainte Vierge à Fatima a été faite, finalement, par Jean-Paul II le 25 mars 1984.  Certains auteurs et publications contestent que cette consécration ait été accomplie selon les demandes de la Vierge et estiment que « Jean-Paul II n’a pas consacré la Russie comme la Sainte Vierge l’a demandé »[4].
Dans Comment je vois le message…, Sœur Lucie affirme à nouveau que la consécration accomplie en 1984 a correspondu à ce que demandait la Vierge. Elle écrit : « Cette consécration a été faite par le Saint-Père Jean-Paul II, à Rome, publiquement, le 25 mars 1984, devant la statue de Notre Dame, qu’on vénère à la Capelinha des Apparitions, à la Cove da Iria, à Fatima. » (p. 54). Sœur Lucie ajoute, significativement, à propos de la visite de Gorbatchev à Jean-Paul II qui a lieu en 1989 : « Mieux encore, il [Dieu] incitait l’un des principaux dirigeants du communisme athée à se mettre en route pour Rome, afin de rencontrer le Saint-Père – qui peut être sans s’en rendre compte achevait de faire la consécration de la Russie au Cœur Immaculé de Marie, demandée par Notre Dame, à Fatima – ; par cette rencontre, il le reconnaissait comme le suprême représentant de Dieu, de Jésus-Christ, sur la terre, comme le chef de l’unique et véritable Eglise fondée par Jésus-Christ ; c’était aussi pour donner le baiser de paix, en demandant pardon pour les erreurs de son parti ; il donnait ainsi au monde un témoignage de foi et de confiance en l’Eglise du Dieu unique et véritable. » (p. 55). Le passage, souligné par nous, donne une interprétation surnaturelle, inédite, de cette visite de 1989.
• La Sainte Vierge avait promis, suite à sa demande de consécration de la Russie : « Si l’in écoute mes demandes, la Russie se convertira et l’on aura la paix. […] il sera donné au monde un certain temps de paix ».
Certains ont interprété cette double promesse comme une conversion soudaine et massive de la Russie au catholicisme et comme l’avènement d’une paix universelle. Sœur Lucie explique pourquoi on peut estimer qu’il y a eu conversion de la Russie et que la promesse de paix s’est réalisée. On ne résumera pas ici les pages – 53 à 56 – consacrées à ces deux faits. On relèvera néanmoins l’apostrophe de Sœur Lucie : « il y a encore des aveugles qui ne voient pas ou ne veulent pas voir, et qui disent : Notre Dame a promis la paix, et il y a encore des guerres à travers le monde ! Oui, quand Notre Dame a promis la paix, c’était par rapport aux guerres provoquées dans le monde par le communisme athée, mais non par rapport aux guerres civiles qui, elles, ont toujours existé et existeront toujours, jusqu’à ce Dieu transforme ce monde… ».
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Cette édition du livre posthume de Sœur Lucie, comme le précédent titre édité par le Carmel de Coimbra (Sœur Lucie. Souvenirs sur sa vie), n’est pas, semble-t-il, diffusée par les librairies françaises. C’est un sujet d’étonnement sur lequel il y aurait beaucoup à dire. Aussi, cette fois encore, Aletheia contribue, modestement, à la diffusion du message authentique de Fatima.
Pour commander: envoyer ses nom, prénom, adresse complète, ainsi qu'un chèque (5 euros port compris par exemplaire commandé).
Paiement à l’ordre des Editions Nivoit  5 rue du Berry / F–36250 NIHERNE
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[1] Comment je vois le message à travers le temps et les événements, Edition Carmel de Coimbra – Secrétariat des Pastoureaux, juin 2006, 63 pages.
[2] L’édition définitive est parue en 1991.
[3] Carlo Evaristo, Fatima. Sœur Lucie témoigne, présentation et notes par Yves Chiron, Editions du Chalet, 1999, p. 68.
[4] Dominicus, « Jean-Paul II a-t-il consacré la Russie comme la sainte Vierge le demandait ? », Le Sel de la Terre, n° 53, été 2005, p. 87. Cet article, anonyme, expose la position des religieux d’Avrillé, qui est aussi celle de certains prêtres de la Fraternité Saint-Pie X, de la Contre-Réforme Catholique de l’abbé de Nantes, du P. Grüner et de divers sites fatimistes.

mardi 1 août 2006

[Aletheia n°95] L’abjuration du Pasteur Sten Sandmark et la conversion du Pasteur Roger Schutz - par Yves Chiron


Yves Chiron - Aletheia n°95 - 1er août 2006
L’abjuration du Pasteur Sten Sandmark et la conversion du Pasteur Roger Schutz - par Yves Chiron
Hier 30 juillet, en l’église de Saint-Nicolas-du-Chardonnet, à Paris, un pasteur luthérien suédois, Sten Sandmark, et un autre protestant, ont abjuré solennellement  « toute erreur, hérésie et secte contraires à la sainte Eglise catholique, apostolique et romaine ». Le pasteur Sandmark avait fait, en juillet dernier, une « Déclaration publique » pour expliquer les raisons de son « retour à l’Eglise » (texte complet ci-joint).
Cette conversion a attiré l’attention des médias suédois et allemands. La cérémonie solennelle d’abjuration, qui a eu lieu hier, contraste avec la conversion, discrète, qui avait été celle du Pasteur Schutz, fondateur de la Communauté de Taizé. Conversion si discrète qu’elle ne fut apparente que le jour des funérailles de Jean-Paul II lorsque le cardinal Ratzinger, aujourd’hui Benoît XVI, lui donna la communion. Certains se sont indignés, et s’indignent encore, que le futur Benoît XVI ait donné la communion à « un protestant ». C’est qu’ils ignoraient que frère Roger Schutz avait fait, depuis plusieurs années, profession de foi catholique.

L’abjuration du pasteur Sandmark
Le pasteur Sandmark a manifesté l’intention de rejoindre la Fraternité Sacerdotale Saint-Pie X. Aussi la cérémonie d’adjuration d’hier était-elle présidée par Mgr Tissier de Mallerais, assisté de l’abbé Schmidberger et de l’abbé de Cacqueray, supérieur du District de France de la Fraternité Saint-Pie X.
La cérémonie d’abjuration a eu lieu avant la messe. Après un discours de présentation fait par Mgr Tissier de Mallerais, le Pasteur Sandmark s’est agenouillé devant l’évêque et a prononcé une Professio fidei  qui était à la fois une abjuration solennelle de ses erreurs de jadis et une profession solennelle de la foi catholique (texte complet ci-joint). Puis son compagnon a fait de même.
Après le chant du Miserere (le Psaume 50), Mgr Tissier de Mallerais a absout les deux convertis des peines canoniques qui frappent les hérétiques et les schismatiques. Puis il leur a conféré le sacrement de confirmation, avant qu’ils ne reçoivent la communion au cours de la messe qui a suivi. 
Cette cérémonie, solennelle et émouvante, s’est déroulée dans une église bondée. C’est la première fois qu’une cérémonie publique d’abjuration par un pasteur protestant avait lieu dans une église de la FSSPX.
“L’Eglise conciliaire empêche les conversions” a déclaré Mgr Tissier de Mallerais dans son discours d’ouverture de la cérémonie. L’expression, polémique, est exagérée. En revanche, il est vrai que la cérémonie d’abjuration telle qu’elle s’est déroulée hier à Saint-Nicolas-du-Chardonnet n’existe plus dans ce que Mgr Tissier de Mallerais appelle “l’Eglise conciliaire”. En témoignent les conversions des pasteurs Max Thurian et Roger Schutz, les deux fondateurs de la Communauté de Taizé.

La conversion du pasteur Roger Schutz
Ces conversions se sont accomplies dans une telle discrétion qu’elles ont été connues non au moment où elles se sont produites mais à l’occasion d’autres événements. C’est quand l’ordination sacerdotale de Max Thurian a été rendue publique en 1988 (ordination célébrée par l’archevêque de Naples l’année précédente), que sa conversion au catholicisme a été connue. C’est quand Roger Schutz a reçu la communion au cours des obsèques de Jean-Paul II, en avril 2005, que l’on a supputé son appartenance à l’Eglise catholique. La chose fut si surprenante que le cardinal Barbarin, archevêque de Lyon, après les obsèques, a interpellé le cardinal Kasper, Président du Conseil pontifical pour la promotion de l’Unité des chrétiens, sur cette communion urbi et orbi. Tout le monde, ou presque, croyait Frère Roger encore protestant. Le cardinal Kasper a répondu : « Frère Roger est formellement catholique »[1].
Après avoir interrogé l’évêché d’Autun,  le Conseil pontifical pour l’Unité des chrétiens et le Prieur de la Communauté de Taizé, on peut essayer d’établir l’itinéraire de la conversion, discrète, de Roger Schutz.
La communauté semi-monastique que le Pasteur Schutz a fondée, en 1940, à Taizé, communauté vouée au rapprochement entre les chrétiens, n’a compté, au départ, que des protestants.  À partir de 1949, Roger Schutz et Max Thurian ont été reçus régulièrement au Vatican, par Mgr Montini  d’abord (le futur Paul VI), puis par les papes eux-mêmes à partir de Jean XXIII. Les deux pasteurs de Taizé furent parmi les « observateurs » non-catholiques invités au concile Vatican II, dès la première session (1962). Max Thurian sera aussi, à partir de 1966, parmi les six observateurs non-catholiques au Consilium chargé de préparer les réformes liturgiques qui aboutiront, notamment, à la promulgation d’un Novus Ordo Missæ.
À partir de 1969, la Communauté de Taizé a accueilli des « frères » catholiques puis, en 1971, un accord fut trouvé pour instituer un « représentant » de la Communauté de Taizé auprès du Saint-Siège. Ce « représentant » avait comme mission « de traiter les questions communes entre Taizé et l’Eglise catholique en harmonie avec la pensée du Saint-Père ; de permettre une meilleure collaboration dans les activités œcuméniques entre Taizé et l’Eglise catholique ; et de favoriser l’établissement de liens organiques entre elles »[2].
Cet accord, rendu public à l’époque (L’Osservatore romano, 9-10 août 1971), préparait en fait, semble-t-il,  le passage à l’Eglise catholique des deux fondateurs de Taizé, Roger Schutz et Max Thurian. Ce « passage », cette conversion, se firent en 1972, dans la chapelle de l’évêché d’Autun, diocèse où se trouve Taizé. Il y eut profession de la foi catholique puis communion des mains de Mgr Le Bourgeois.
Aucun acte écrit ne reste, semble-t-il, de cet événement mais Frère Roger a donné le témoignage oral de cette adhésion à la Foi catholique au successeur de Mgr Le Bourgeois, Mgr Séguy.
Par la suite, des pratiques catholiques, comme l’adoration eucharistique et le sacrement de la confession, seront établies dans la Communauté de Taizé. Roger Schutz, devenu catholique, n’a plus, évidemment, célébré le culte protestant à Taizé ou ailleurs et, puisqu’il n’était pas devenu prêtre, il recevait la communion d’un prêtre catholique. « Pour ce qui est du ministère du Pape, il déclarait et écrivait que l’unité des chrétiens devait se faire autour du pasteur de l’Eglise du Christ, qu’est l’évêque de Rome »[3].
Roger Schutz aimait à dire : « J’ai trouvé ma propre identité de chrétien en réconciliant en moi-même la foi de mes origines avec le mystère de la foi catholique, sans rupture de communion avec quiconque » (allocution au pape Jean-Paul II, en 1980, lors de la Rencontre européenne des jeunes à Rome). La formule, reprise encore dans son dernier livre (Dieu ne peut qu’aimer), peut-être jugée très insatisfaisante parce qu’elle ne dit rien des rétractations nécessaires à une conversion. Mais Roger Schutz n’était pas un théologien.
Il est vrai que la discrétion de sa conversion n’a pas eu la limpidité et la solennité d’une abjuration. Mais qui oserait douter de sa sincérité ? Le cardinal Ratzinger, en lui donnant la communion en avril 2005, avait agi, bien sûr, en connaissance de cause. Et c’est être mal informé que de l’accuser, aujourd’hui encore, d’ « avoir donné la communion à un protestant »[4].
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Annexes
Déclaration publique du pasteur Sten Sandmark à l'occasion de son entrée dans l'Eglise Catholique
Veritas liberabit vos - La Vérité vous rendra libre (Joan VIII,32)
Pourquoi mon retour à l'Eglise de mes pères d'avant 1517?
Il n'y a qu'un seul Dieu, qui s'est révélé lui-même comme le Dieu tri ne : le Père, le Fils qu'Il  a engendré, et le Saint-Esprit qui procède des deux. Le Fils de Dieu a été envoyé dans le monde et s'est fait homme pour nous racheter du péché et de la mort par son sacrifice sur la Croix. Il a fondé l'Eglise, qu'Il a établie sur Pierre (Matth. XVI, 16-19), afin que, après sa Résurrection et son Ascension, elle poursuive Son œuvre de Rédemption dans le temps et dans l'espace par la prédication de l'Evangile, l'offrande du Saint Sacrifice de la Messe, l'administration des sept sacrements et la mission pastorale qu'Il lui a confiée lorsqu'Il a dit: « Comme le Père m'a envoyé, moi aussi je vous envoie.» (Joan. XX, 21)
De même donc qu'il n'y a qu'un seul Dieu, de même n'y a-t-il qu'un seul Sauveur,Notre-Seigneur Jésus-Christ; ainsi il n'existe qu'une seule Eglise qu'Il a fondée, Lui l'Homme-Dieu: l'Eglise une, sainte, catholique et apostolique; elle est le Corps mystique du Seigneur Lui-même (1 Cor. XII, 27).
Seul Pierre a reçu du Seigneur le mandat de La paître (Joan. XXI, 15-17). C'est lui qui a établi l'Eglise à Rome et y a souffert le martyre, et qui trouve son successeur légitime dans le Souverain Pontife romain.
L'appartenance à cette Eglise est de nécessité de salut: « Celui qui vous écoute, m'écoute; celui qui vous méprise, me méprise. Mais celui qui me méprise, méprise Celui qui m'a envoyé» (Luc X,16).
Pour son propre malheur, c'est en 1517 que Luther s'est séparé de cette Eglise, tant dans son enseignement que dans son culte ou sa discipline, et qu'il a entraîné des nations entières dans cette funeste séparation. Par la suite, et dans le sillage de cette déchirure, d'innombrables sectes se sont formées qui toutes se réclament du Christ, mais dont aucune ne peut se prévaloir de remonter à Lui par une succession ininterrompue dans l'unité avec le successeur de Pierre, pas même l'Eglise de Suède. L'ordination de femmes comme « prêtresses» ainsi que la bénédiction accordée aux unions homosexuelles montrent à l'envie combien cette dernière s'est éloignée de la mission du Christ et de l’enseignement des apôtres.
Après de nombreuses années de lutte et beaucoup de prières, je quitte cette communauté pour revenir à l'Eglise fondée par le Christ, à l'Epouse de l'Agneau immolé, même si cette Eglise est aujourd'hui secouée par une grave crise. C'est à Elle et Elle seule que le Christ a confié sa promesse que les portes de l'enfer ne prévaudront point contre Elle (Matth. XVI, 18).
Je me recommande à la prière de tous les chrétiens et prie moi-même pour que tous trouvent dans le troupeau du Christ le refuge et finalement le salut éternel. Cette prière débordante d'espérance,je l'adresse de manière toute particulière à Marie, la Mère de Dieu fait homme, modèle de l'Eglise en son Immaculée Conception et sa Virginité. Sainte Brigitte, vous la femme forte de l'unique Eglise unie à Rome, priez pour votre patrie et la mienne, la Suède!
Oskarshamn, le 16 juillet 2006
Sten Sandmark
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Profession Fidei
Moi, N.N... , ayant devant les yeux les Saints Evangiles, que je touche de mes propres mains, je reconnais que personne ne peut être sauvé en dehors de la Foi que professe, croit, prêche et enseigne la sainte Eglise catholique apostolique et romaine; je regrette vivement d'avoir erré gravement contre cette foi, parce que, né hors de l'Eglise Catholique, j'ai reçu et admis des doctrines contraires à son enseignement.
Maintenant, éclairé par la grâce divine, je fais profession de croire que la sainte Eglise catholique, apostolique et romaine, est la seule véritable Eglise établie par Jésus-Christ sur cette terre, et je me soumets à elle de tout cœur. Je crois tous les articles qu'elle propose à ma croyance; je réprouve et condamne tout ce qu'elle réprouve et condamne, et je suis prêt à observer tout ce qu'elle me commande. En particulier, je fais profession de croire:
Un seul Dieu en trois personnes divines, distinctes et égales, à savoir: Le Père, le Fils et le Saint-Esprit ;
la doctrine catholique sur l'Incarnation, la Passion, la Mort et la Résurrection de Notre-Seigneur Jésus-Christ; l'union hypostatique des deux natures, divine et humaine; la maternité divine de Marie, en même temps que sa virginité sans tache et son immaculée conception;
la présence véritable, réelle et substantielle du corps, joint à l'âme et à la divinité de Notre-Seigneur Jésus-Christ, au Très Saint Sacrement de l'Eucharistie;
les sept Sacrements institués par Jésus-Christ pour le salut du genre humain, à savoir: le baptême, la confirmation, l'eucharistie, la pénitence, l'extrême-onction, l'ordre et le mariage;
le purgatoire, la résurrection des morts, la vie éternelle;
la primauté, non seulement d'honneur, mais aussi de juridiction, du Pontife Romain, successeur de saint Pierre, prince des Apôtres et Vicaire de Jésus-Christ;
le culte des saints et de leurs images;
l'autorité des traditions apostoliques et ecclésiastiques, et des Saintes Ecritures, qui ne doivent être interprétées et entendues que dans le sens qu'a adopté et adopte notre Mère la sainte Eglise Catholique;
et tout ce qui a été en outre défini et déclaré par les saints canons et les conciles œcuméniques, spécialement par le saint concile de Trente et celui du Vatican.
C'est pourquoi, d'un cœur sincère et d'une foi ferme, je déteste et abjure toute erreur, hérésie et secte contraires à cette sainte Eglise catholique, apostolique et romaine. Que Dieu me soit en aide ainsi que les Saints Evangiles que je touche de mes propres mains !
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[1] Témoignage écrit de Mgr Séguy, ancien évêque d’Autun, à l’auteur, le 19 janvier 2006.
[2] Lettre de Mgr Johan Bonny, du Conseil pontifical pour l’Unité des chrétiens, à l’auteur, le 13 mai 2006.
[3] Id.
[4] L’accusation figure dans le procès qu’instruisent, déjà, contre Benoît XVI des sites traditionalistes français et américains et certaines revues traditionalistes.

samedi 29 juillet 2006

[Aletheia n°94] Du nouveau sur Medjugorje - par Yves Chiron

Aletheia n°94 - 29 juillet 2006
DU NOUVEAU SUR MEDJUGORJE - par Yves Chiron
Le 25e anniversaire des supposées apparitions de la Vierge Marie à Medjugorje (plus de 35.000 à ce jour, commencées en juin 1981) a vu accourir sur les lieux quelque 15.000 pèlerins et curieux.
Cet anniversaire a donné lieu à un mensonge, couvert par la Conférence des évêques de France, et à une importante décision de Benoît XVI. Les voici, dans l’ordre chronologique.

Un mensonge (par omission ?)
La Conférence des évêques de France, se réfugiant derrière l’Agence Apic, n’a pas craint de relayer une fausse information sur le sujet. Dans la lettre hebdomadaire d’ « informations catholiques », FlashPress-Infocatho, en date du 25 juin 2006, une page complète d’informations sur le 25e anniversaire des faits de Medjugorje se termine par l’affirmation, fausse, suivante :
« L’évêque du diocèse de Mostar-Duvno, sur le territoire duquel se trouve le pèlerinage, Mgr Ratko Peric, préférait il y a quelques années, parler de “prudence“ face à l’authenticité des faits. »
Comment est-il possible de minimiser davantage un jugement qui est clairement négatif ? En 1997, Mgr Peric n’a pas appelé à se montrer « prudent » face aux faits de Medjugorje, il a affirmé avec toute l’autorité épiscopale dont il est revêtu :
« Ma conviction et ma position n’est pas seulement Non constat de supernaturalitate, mais bien Constat de non supernaturalitate des apparitions ou révélations de Medjugorje »[1].
En d’autres termes, selon l’évêque de Mostar, non seulement il n’a pu être établi que les faits de Medjugorje soient d’origine surnaturelle, mais il a été établi que les faits ne sont pas d’origine surnaturelle. Une telle conviction affirmée, en termes canoniques, ne peut être réduite à une simple recommandation de prudence. En agissant ainsi, l’équipe de FlashPress-Infocatho, et la Conférence des Evêques de France qui l’ « héberge » sur son site officiel, trompent les lecteurs et les catholiques.
Est-il juste de faire porter la responsabilité de ce mensonge (au moins par omission) sur la Conférence des évêques de France ? Certes, les évêques de France ne sont pas les rédacteurs de FlashPress-Infocatho. Mais, en « hébergeant » ce bulletin hebdomadaire d’informations sur leur site officiel de communication, il me semble qu’ils doivent, au moins, en assumer la responsabilité morale. Comment ne s’est-il pas trouvé un évêque pour protester auprès des rédacteurs de FlashPress-Infocatho ou, du moins, pour demander qu’un rectificatif soit publié ?
Pourtant, l’évêque de Mostar, en pasteur vigilant, ne manque pas une occasion de réitérer son jugement. Dernièrement encore, le 15 juin, à quelques jours du 25e anniversaire des apparitions, en visite à Medjugorje pour dispenser le sacrement de confirmation, il a consacré la moitié de son homélie aux « apparitions »[2]. Il a rappelé : « Sur la base des enquêtes ecclésiastiques menées sur les événements de Medjugorje, on ne peut affirmer qu’il s’agisse d’apparitions ou de révélations surnaturelles. Cela signifie que l’Eglise, à ce jour, n’a reconnu aucune de ces apparitions ni comme surnaturelles ni comme mariales.»

Une Commission pour un jugement définitif

Sur Medjugorje, malheureusement, les catholiques français préfèreront, ces temps-ci, s’informer auprès de l’USCCB  (Conférence des Evêques catholiques des Etats-Unis) plutôt qu’auprès de la CEF (Conférence des Evêques de France).
Catholic News Service, le bulletin quotidien d’informations religieuses de l’USCCB, a interrogé, le 24 juillet dernier, le cardinal Vinko Puljic, archevêque de Sarajevo et président de la Commission épiscopale des évêques de Bosnie-Herzégovine. Le cardinal Puljic a annoncé qu’une nouvelle Commission canonique était en cours de formation, chargée de porter un nouveau jugement sur les faits de Medjugorje.
Cette Commission, placée sous l’autorité de la Conférence épiscopale des évêques de Bosnie-Herzégovine, sera instituée en septembre prochain. La Congrégation pour la Doctrine de la Foi, consultée, a suggéré différents noms de théologiens susceptibles de faire partie de cette Commission.
Selon le cardinal Puljic, le but premier de cette Commission sera de réviser le jugement porté en 1991 par l’ex-Conférence épiscopale yougoslave réunie à Zadar (« Il n’a pas été possible d’établir qu’il s’agisse d’apparitions ou de révélations surnaturelles »). Il s’agira aussi de donner de nouvelles directives pastorales. À ce jour, les pèlerinages officiels sont interdits à Medjugorje, mais de nombreux prêtres accompagnent toujours des pèlerinages effectués, dit-on, à titre privé.
Sans être prophète, on peut affirmer que cette nouvelle Commission – la 4e depuis le début des événements, il y a un quart de siècle –, portera un jugement et établira des directives pastorales qui seront plus sévères que les déclarations collectives publiées jusqu’ici. Ce nouveau jugement aura, pour avantage, d’être collégial et d’engager toute l’Eglise. Les partisans de Medjugorje ne pourront plus repousser le jugement de Mgr Peric en le considérant comme une opinion exprimée à titre « privé ».

Une lettre de la Secrétairerie d’Etat
Medjugorje (1981-2006). « Constat de non supernaturalitate », a été adressé en hommage respectueux au Saint Père Benoît XVI. En réponse, la Secrétairerie d’Etat a envoyé la réconfortante lettre suivante, le 24 juin 2006 (date du 25e anniversaire des supposées apparitions) :
Monsieur,
En hommage au Saint-Père, vous avez eu la délicate attention d’offrir un exemplaire de votre dernier ouvrage sur des phénomènes religieux non reconnus, pour présenter la position de l’Eglise.
Je suis chargé de vous transmettre les remerciements du Pape pour cette marque d’attention à son égard, à laquelle il a été sensible. Puisse ce recueil, qui a été apprécié, encourager les fidèles à exercer, avec acuité, leur discernement dans la fidélité au Magistère de l’Eglise.
En vous confiant à l’intercession de la Vierge Marie, le pape vous accorde volontiers la Bénédiction apostolique.
Je vous prie d’agréer, Monsieur, l’expression de mes sentiments dévoués.
Mgr Gabriel Caccia
Assesseur
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[1] Cette Déclaration de 1997 est reproduite intégralement, avec d’autres déclarations et communications épiscopales, et avec un  témoignage circonstancié sur Medjugorje et les supposés voyants, dans l’ouvrage : Medjugorje (1981-2006). « Constat de non supernaturalitate », Editions Nivoit, 2006, 90 pages, 10 euros (disponible franco de port à Aletheia).
[2] Texte intégral du sermon, disponible, en croate, en anglais ou en italien, auprès de l’évêché de Mostar.

dimanche 4 juin 2006

[Aletheia n°93] Benoît XVI et Medjugorje


Aletheia n°93 - 4 juin 2006
BENOIT XVI ET MEDJUGORJE

1. Une mise au point
Durant le précédent pontificat, la rumeur courait que Jean-Paul II et le cardinal Ratzinger étaient favorables aux supposées apparitions de la Vierge à Medjugorje, apparitions qui ont commencé il y a exactement vingt-cinq ans, en juin 1981, et qui se poursuivent encore à ce jour.
Le 26 mars 1984, Jean-Paul II aurait declaré:
– Medjugorje, c’est la continuation de Fatima.
Le 1er août 1989, recevant plusieurs des voyants de Medjugorje, le Pape aurait dit à l’une d’elles, Mirjana Dragicevic :
– Si je n’étais pas le Pape, je serais déjà à Medjugorje[1].
Je ne cite que deux des nombreuses paroles attribuées  à Jean-Paul II. Elles ont été répétées et diffusées par les partisans de l’authenticité des apparitions de la Vierge à Medjugorje. Ces supposées paroles du Pape leur servaient d’argument  pour dire que l’Eglise ne s’était pas prononcée de manière definitive sur les faits de Medjugorje.
Quelle valeur faut-il attribuer à ces supposées paroles de Jean-Paul II ?  Celui qui était encore Préfet de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi, le cardinal Ratzinger, l’a écrit à un correspondant allemand, dans une letter en date du 22 juillet 1998 :
Ich kann dazu nur sagen, dass die dem Heiligen Vater und mir zugeschrieben Äusseruungen über Medjugorje frei erfunden sind.
“Je peux seulement dire que les déclarations sur Medjugorje attribuées au Saint Père et à moi-même sont de pures inventions.[2]

2. Un démenti
Une autre rumeur a couru dès le début du pontificat de Benoît XVI et elle court encore : alors qu’il n’était encore que cardinal, Joseph Ratzinger se serait rendu, incognito, à Medjugorje et devenu Pape il aurait décidé de réouvrir le dossier des supposées apparitions en vue de reconnaître Medjugorje comme sanctuaire marial et lieu de pèlerinage.
Que penser de cette rumeur ?
On rapportera ici la récente declaration de Mgr Peric. En février dernier, il s’est rendu à Rome, pour la traditionnelle visite Ad Limina. Reçu en audience privée par Benoît XVI, entre autres dossiers, la question de Medjugorje a été évoquée. Mgr Peric a interrogé le Pape sur la rumeur citée ci-dessus. Voici ce que Benoît XVI lui a répondu, d’après un entretien avec Mgr Peric publié dans le bulletin de son diocèse[3] :
Cnak: Some newspapers have written that this Pope visited Medjugorje incognito while he was a Cardinal and that he is preparing to recognize Medjugorje as a shrine, etc. Did you touch upon this topic?
We did and I wrote to and spoke with the Holy Father on it. He only laughed surprisingly. Regarding the events of Medjugorje our position is well known: not a single proof exists that these events concern supernatural apparitions and revelations. Therefore from the Church’s perspective no pilgrimages are allowed which would attribute any authenticity to these alleged apparitions. The Holy Father told me: we at the Congregation always asked ourselves how can any believer accept as authentic, apparitions that occur every day and for so many years? Are they still occurring every day? I responded: Every day, Holy Father, to one of them in Boston, to another near Milano and still another in Krehin Gradac (Herzegovina), and everything is done under the protocol of “apparitions of Medjugorje”. Up till now there have been about 35,000 “apparitions” and there is no end in sight!
The Pope then continued: the previous Bishops’ Conference of the former Yugoslavia issued a statement of “non constat de supernaturalitate” (though the BCY did not use this specific formula, still the phrase “According to investigations made thus far, it cannot be affirmed that these events concern supernatural apparitions or revelations”, corresponds to the traditional formula in these matters). Has the current Bishops’ Conference of Bosnia-Herzegovina or the Croatian Bishops’ Conference reconfirmed the previous declaration?
I replied: There has been no joint reconfirmation, but each individual bishop when speaking on this issue refers to the Declaration. I added that I was sent to Mostar in 1992 and that I have been following the events from the beginning and that from the last declaration of the Bishops in 1991 up till now, nothing significant has changed, nothing new has happened, nor have any new elements occurred which would change the meaning of the events. In my opinion, from the numerous local facts, it is evident that these events can be defined not only by “non constat de supernaturalitate” i.e. : it is not certain that these events concern supernatural apparitions, but also by “constat de non supernaturalitate” i.e. : it is certain that these events do not concern supernatural apparitions. The numerous absurd messages, insincerities, falsehoods and disobedience associated with the events and “apparitions” of Medjugorje from the very outset, all disprove any claims of authenticity. Much pressure through appeals has been made to force the recognition of the authenticity of private revelations, yet not through convincing arguments based upon the truth, but through the self-praise of personal conversions and by statements such as one “feels good”. How can this ever be taken as proof of the authenticity of apparitions?
Finally the Holy Father said: we at the Congregation felt that priests should be of service to those faithful who seek Confession and Holy Communion, “leaving out the question of the authenticity of the apparitions”.
At the Congregation for the Doctrine of the Faith, they are particularly concerned about the schism in our local Church. A local group of ex-Franciscans are presenting themselves as true Franciscans, misleading the faithful, instructing them in an un-ecclesiastical spirit, invalidly offering them the sacraments, and destroying the unity of teaching, sacraments and governance. And all of this serves towards a struggle for their own rights against the generally acclaimed rights of the Church. It was suggested at the Congregation that the local bishop follow the events in Medjugorje and send in reports on occasion as has been done thus far. From my encounter, I had the impression that these “private apparitions” are considered a truly private matter and private business to merit greater consideration on the part of the Holy See, as desired by the persistent petitioners and sensational journalists.
Benoît XVI a donc « ri » des rumeurs concernant sa prochaine approbation de Medjugorje comme sanctuaire reconnu et lieu de pèlerinage. Il a aussi fait part de ses interrogations sur le nombre infini des supposées apparitions. On relèvera encore que Mgr Peric a renouvelé, devant le Pape, sa position sur les faits :  « Constat de non supernaturalitate ».

3. Quel est le jugement de l’Eglise ?
Quelques jours après la parution de mon recueil documentaire sur Medjugorje[4], l’évêque d’un diocèse français, bienveillant, s’est inquiété auprès de moi de l’expression qui figure dans le titre : « Constat de non supernaturalitate ». Ce n’est pas le jugement de l’Eglise, m’a-t-il dit en substance, c’est l’opinion de l’évêque du diocèse de Mostar. Il faudrait ne tenir pour jugement de l’Eglise que la déclaration de la Conférence des Evêques de Yougoslavie qui a exprimé,  en 1991, un Non constat de supernaturalitate.
La distinction me semble, en l’occurrence, inopérante. Les deux formules ne sont certes pas équivalentes, tout au contraire. Mais il me semble que la position de Mgr Peric, exprimée publiquement à partir de 1997, a une autorité dernière par rapport à la déclaration de la Conférence épiscopale de 1991.
Après le travail effectué par plusieurs commissions canoniques, la Conférence des évêques de Yougoslavie avait publié le 10 avril 1991 une « Déclaration » dans laquelle il est affirmé : « Sur la base des études faites jusqu’à maintenant, on ne peut affirmer que ces événements concernant des apparitions ou des révélations surnaturelles ». Ce qui équivalait à la formule canonique traditionnelle : Non constat de supernaturalitate.
Le 2 octobre 1997, alors que les présumées apparitions continuaient encore, et fort de son « expérience épiscopale de cinq ans dans le diocèse », Mgr Peric rendait publique une « Position » plus catégorique : « Ma conviction et ma position n’est pas seulement Non constat de supernaturalitate, mais bien Constat de non supernaturalitate des apparitions ou révélations à Medjugorje. »
La « Position » de l’évêque du diocèse où se déroulent les supposées apparitions ne serait-elle pas un jugement de l’Eglise ? Aurait-elle moins d’autorité qu’une « Déclaration » collégiale antérieure de six années ?
En matière d’apparitions, la Congrégation pour la Doctrine de la Foi peut intervenir, soit à la demande de l’évêque du diocèse où se déroulent les faits, soit à la demande d’ « un groupe qualifié de fidèles »[5]. A ce jour, à ma connaissance, la Congrégation pour la Doctrine de la Foi n’étudie pas les faits de Medjugorje et ne prépare pas de déclaration sur le sujet. Les fidèles peuvent donc raisonnablement considérer que le jugement de l’Eglise a bien été exprimé par l’évêque du diocèse où se déroulent les faits.
Yves CHIRON
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Publication d'un ouvrage inédit de soeur Lucie de Fatima
Soeur Lucie de Jésus dos Santos a été avec François et Jacinthe Marto, témoin des apparitions de la Vierge à Fatima à partir du 13 mai 1917. Le Saint Siège a attendu 45 ans avant de révéler le contenu de ce que l'on a appelé le « troisième secret de Fatima ».
L'ouvrage intitulé « Il messaggio di Fatima » (Le message de Fatima) sortira en italien le 10 juin, et en français (aux Editions Parole et Silence), dans les semaines à venir. Il est édité avec l’imprimatur de Mgr Serafim de Sousa Ferriera e Silva, évêque émérite de Leira-Fatima.
Cet ouvrage inédit présente le message de Fatima en relation avec le temps qui s'est écoulé et les événements qui se sont produits. Dans l'introduction, le père Geremia Carlo Vechina, confesseur de soeur Lucie, raconte que la voyante avait déjà travaillé à la rédaction d'un texte à la demande du Père général de l'époque, qui deviendra le cardinal Anastasio Alberto Ballestrero, à l'occasion de son passage à Coimbra au cours de l'année 1955.
Cette oeuvre fut envoyée à Rome, à la demande du pape Paul VI, mais - écrit le Père Vechina - « fut oubliée dans les Archives vaticanes ». Dans l'ouvrage, soeur Lucie raconte que le 15 mai 1982 elle reçut de la part du Père Geremia Carlo Vechina, alors provincial de l'ordre des Carmes déchaux, l'invitation de « transcrire tout les détails concernant le Message de Fatima, depuis le début ». La voyante affirma être restée un peu sceptique, craignant de ne pas avoir l'autorisation du Saint-Siège d'écrire sur ce sujet.Ses doutes s'évanouirent lorsqu’elle eut l'occasion de parler avec le cardinal Eduardo Pironio, en visite à la communauté, le 9 septembre 1983.
Dans la première partie du livre soeur Lucie s'interroge sur la raison pour laquelle le Seigneur a choisi «  des enfants aussi pauvres et ignorants » pour la réalisation de ses projets. Et elle explique que le Seigneur « veut des coeurs purs pour agir en eux selon son bon plaisir » comme il est écrit dans l'Evangile « Bienheureux les coeurs purs car ils verront Dieu ». Sœur Lucie aborde par conséquent tous les passages de la rencontre avec la Vierge, les demandes de prier le chapelet, le respect des commandements, les mystères de la Très Sainte Trinité, la pratique de l’Eucharistie et surtout le sens chrétien de la souffrance. « La Dame » (c’est ainsi que sœur Lucie appelle la Vierge) demanda aux pastoureaux d’offrir leurs personnes à Dieu et « de supporter toutes les souffrances qu’Il voudra vous envoyer, comme acte de réparation pour les péchés qui l’offensent, et de supplication pour la conversion des pécheurs ». Sœur Lucie raconte que les pastoureaux, « sans se préoccuper des souffrances que le Seigneur leur aurait envoyées, s’abandonnèrent totalement à la volonté de Dieu et, sans le savoir, car ils ne connaissaient pas les Ecritures, ils répondirent en suivant le Christ lorsqu’il dit ‘Me voici O Père, pour faire ta volonté’ ». Selon sœur Lucie, c’est dans ce passage que l’on comprend l’Eucharistie.
   Sœur Lucie raconte également des événements inédits, comme lorsque la Vierge, en référence à la guerre 1914-1918 aurait dit : « La guerre est sur le point de se terminer, mais si l’on ne cesse pas d’offenser Dieu sous le pontificat de Pie XI, une autre, pire encore, commencera ». La voyante explique que l’histoire a vu « l’éclatement d’une guerre athée, contre la foi, contre Dieu, contre le peuple de Dieu. Une guerre qui voulait exterminer le judaïsme d’où provenait Jésus-Christ, la Vierge et les Apôtres qui nous ont transmis la parole de Dieu et le don de la foi, de l’espérance et de la charité, peuple élu de Dieu, choisi depuis le commencement : ‘le salut vient des Juifs’ ».
Sœur Lucie évoque ensuite la Russie communiste et les guerres provoquées dans le monde. Elle rappelle que la Vierge a demandé la « consécration de la Russie à son Cœur immaculé ». « S’ils écoutent mes demandes – aurait dit la Vierge à sœur Lucie – la Russie se convertira et la paix règnera. Sinon, elle diffusera ses erreurs dans le monde, suscitant des guerres et des persécutions contre l’Eglise. Les bons seront martyrisés, le Saint-Père devra souffrir beaucoup, diverses nations seront détruites ». Après tout cela, cependant, la Vierge aurait confié aux pastoureaux : « Le Saint-Père me consacrera la Russie qui se convertira et un temps de paix sera accordé au monde. Mon Cœur Immaculé triomphera enfin ». Sœur Lucie explique cette partie du message de la Vierge par la consécration de la Russie au Cœur Immaculé de Marie que le pape Jean-Paul II fit à Rome le 25 mars 1984, devant la statue de la Vierge vénérée dans la petite chapelle des Apparitions à Cova d’Iria, à Fatima. Cet acte, aux côtés de tant d’autres, aurait, selon sœur Lucie, converti également les dirigeants de la Russie communiste. (Zenit.org, 2 juin 2006)
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[1] Ces deux propos attribués à Jean-Paul II, et d’autres, sont cités dans la brochure de Sœur Emmanuel et Denis Nolan, Medjugorje : que dit l’Eglise, Ephèse Diffusion, 1995. La brochure a connu plusieurs rééditions augmentées et a été traduite en anglais, allemand, italien, espagnol, polonais, coréen et croate.
[2] La lettre, signée, a été reproduite à plusieurs reprises et elle a été citée par Mgr Ratko Peric, évêque de Mostar (diocèse où se trouve Medjugorje) dans sa très importante conférence Medjugorje. Secrets, messages, vocations, prières, confessions, commissions (17 février 2004).
[3] Entretien paru dans le bulletin diocésain mensuel de Mostar-Duvno, Crkva na kamenu,  n° 4/2006, pp. 22-24. 
[4] Medjugorje (1981-2006). « Constat de non supernaturalitate ». Journal de Medjugorje. Conférence de Mgr Peric (2004). Déclarations et communications épiscopales, Editions Nivoit (5 rue du Berry, F - 36250 Niherne), 90 pages, 10 € franco.
[5] Normes relatives au discernement des révélations privées, 24 février 1978.