- le bienheureux Pie IX, élu le 21 juin 1846, a publié sa première encyclique le 9 novembre suivant, soit quatre mois et demi après son élection ;
- Léon XIII, élu le 20 février 1878, a publié sa première encyclique le 21 avril suivant, soit deux mois après son élection ;
- Saint Pie X, élu le 4 août 1903, a publié sa première encyclique le 4 octobre suivant, soit deux mois, aussi, après son élection ;
- Benoît XV, élu le 3 septembre 1914, publie sa première encyclique le 1er novembre suivant, soit deux mois, encore, après son élection ;
- Pie XI, élu le 6 février 1922, publie sa première encyclique le 23 décembre suivant, soit neuf mois et demi après son élection ;
- Pie XII, élu le 2 mars 1939, publie sa première encyclique le 20 octobre suivant, soit sept mois et demi après son élection ;
- Jean XXIII, élu le 28 octobre 1958, publie sa première encyclique le 29 juin 1959, soit huit mois après son élection ;
- Paul VI, élu le 21 juin 1963, publie sa première encyclique le 6 août 1964, soit treize mois et demi après son élection ;
- Jean-Paul II élu le 16 octobre 1978, publie sa première encyclique le 4 mars 1979, soit près de cinq mois après son élection.
samedi 21 janvier 2006
[Aletheia n°87] La première encyclique de Benoît XVI - Deus Caritas Est
dimanche 1 janvier 2006
[Aletheia n°86] René Rancœur (1910-2005)
Aletheia n°86 - 1er janvier 2006
René Rancœur (1910-2005)
Au terme d’une longue maladie, René Rancœur est mort le 28 décembre dernier, dans sa 96e année, à son domicile parisien. Il laissera le souvenir d’un érudit modeste, d’un grand bibliographe, d’un homme généreux, fidèle à ses convictions catholiques et royalistes.
Il a accompli l’essentiel de sa carrière professionnelle à la Bibliothèque Nationale de France, où il fut Conservateur en chef. Son premier travail bibliographique a été une Bibliographie des travaux publiés sur le centenaire de 1848 en France (1949). À partir de 1953, il fut en charge de la Bibliographie littéraire de la France, monumentale entreprise qu’il poursuivit jusqu’en 1996, année après année, et qui reste une référence incontournable, nommée “ le Rancœur ” par les spécialistes.
René Rancœur apporta aussi une contribution significative, mais restée non connue des lecteurs, à d’autres bibliographies qui sont, aujourd’hui encore, des ouvrages de référence : il collabora, anonymement, à la grande Enciclopedia de orientacion bibliografica, quatre volumes publiés à Barcelone, entre 1964 et 1965, sous la direction du P. Tomas Zamarriego s.j. et à la Nouvelle bibliographie de Charles Maurras, deux volumes publiés, en 1980, à Aix-en-Provence, par Roger Joseph et Jean Forges.
Lorsque la BNF était encore installée dans son site historique de la rue Richelieu, René Rancœur participa à l’organisation de plusieurs grandes expositions et à la rédaction des catalogues qui les accompagnaient. Il fut ainsi un des rédacteurs, et dans certains cas l’unique rédacteur, du catalogue des expositions Huysmans (1948), Péguy (1950), Lamennais (1954), Barrès (1962) et Bernanos (1978).
Son domaine de prédilection fut, sans doute, le XIXe siècle dont il était un parfait connaisseur. Ses travaux personnels et ses recherches dans diverses archives, privées ou publiques, l’amenèrent à publier plusieurs études sur le comte de Falloux, sur Dom Guéranger et à éditer diverses correspondances.
Érudit maurrassien
René Rancœur, angevin de naissance, était un royaliste de conviction. Étudiant, il avait fréquenté assidûment l’Action française et il est resté fidèle à son combat jusqu’à la fin.
Lors de la Seconde Guerre mondiale, le journal L’Action française, qui s’était “ replié ” à Lyon, fut interdit en zone occupée – même les historiens semblent l’avoir oublié. Son patriotisme, sa position politique (“ la seule France ”, la “ ligne de crête ”) ne pouvaient pas s’accorder avec l’occupant allemand. En zone occupée, les sections locales du mouvement monarchiste recevaient clandestinement des numéros du journal et s’efforçaient de le diffuser dans la discrétion. À cette époque, René Rancœur était en poste à Nantes, comme professeur de lycée. Pendant toutes ces années 40-44, il lira avec attention L’Action française : quand il ne pouvait conserver l’exemplaire du journal qu’il avait pu se procurer, il recopiait à la main des articles entiers de Maurras ou il en faisait des copies dactylographiées en plusieurs exemplaires qu’il distribuait à d’autres lecteurs. Il collabora aussi, à cette époque, au quotidien nantais L’Express.
Après-guerre, ses fonctions à la Bibliothèque Nationale l’obligeront à un devoir de réserve. Mais sa fidélité à l’Action française restait entière. Le quotidien du même nom avait cessé de paraître en août 1944. Lui succéda, en juin 1947, un bimensuel intitulé Aspects de la France et du monde. Ce bimensuel devint hebdomadaire à partir du 25 novembre 1948, c’est à partir de cette date que René Rancœur apporta sa collaboration sous le pseudonyme de Georges Narcy. Cette collaboration dura jusqu’au début des années 1990. La plupart des articles qu’il y publia avaient trait à l’histoire de l’Action française, surtout dans ses rapports avec l’Eglise. À l’occasion des ouvrages ou des articles qu’il recensait, René Rancœur savait apporter les rectifications, les rappels et les précisions qui s’imposaient. Loin d’être des recensions qui n’apportent rien de neuf au sujet, ses articles ajoutaient à la connaissance du sujet évoqué.
René Rancœur fut actif aussi dans les études maurrassiennes en présentant des communications aux “ Colloques Charles Maurras ” organisés, à partir de 1968, à l’Institut d’Etudes Politiques d’Aix-en-Provence, sous la direction de Victor Nguyen et de Georges Souville. René Rancœur a notamment pris une part essentielle au Ve colloque, organisé en 1976 : “ La condamnation de l’Action française par l’Eglise catholique ”, et dont les actes, publiés en 1986 seulement, en deux gros volumes, et enrichis par lui de nombreux documents, forment un ensemble essentiel pour mieux comprendre la condamnation romaine de l’Action française en 1926 et la levée des sanctions de 1939.
René Rancœur a également œuvré, par un très lourd travail, à l’édition du livre, tragiquement posthume, de Victor Nguyen : Aux Origines de l’Action française (Fayard, 1991, 958 pages) ; monument impressionnant sur la généalogie intellectuelle d’une œuvre et d’un mouvement.
La romanité
Dès avant-guerre, René Rancœur avait été en relations étroites avec le chanoine Henri Lusseau (1896-1973), professeur à l’Université catholique d’Angers. Le chanoine Lusseau fut, avec d’autres prêtres de cette génération (l’abbé Berto, l’abbé Luc J. Lefèvre, et d’autres) un des représentants de l’esprit “ romain ” dans la France de l’après-guerre et de l’avant-concile Vatican II. Cet attachement à la “ romanité ” voyait se conjuguer attachement indéfectible au Saint-Siège et souci d’une grande rectitude doctrinale.
Cet esprit “ romain ” s’exprimera notamment dans une revue, La Pensée catholique, dirigée par le chanoine Lusseau et par l’abbé Lefèvre. La revue paraîtra à partir de 1946, pendant cinquante ans. René Rancœur y collabora dès le premier numéro par un article sur “ l’histoire chrétienne ”. Dans les années 50 aussi, il collabora, de manière régulière mais anonyme, à la Revue des Cercles d’études d’Angers, animée par le chanoine Lusseau.
René Rancœur fut actif encore, mais dans la discrétion, auprès des mouvements catholiques laïcs : la “ Cité catholique ” de Jean Ousset, puis l’ “ Office international des œuvres de formation civique et d’action doctrinale selon le droit naturel et chrétien ” qui lui fera suite.
René Rancœur, qui connaissait bien l’Italie, sa culture et sa langue, traduisit en français, avec Maurice Valuet et Nicolas Lancien, un ouvrage du cardinal Ottaviani, Il Baluardo. L’ouvrage, traduit sous le titre L’Eglise et la Cité (1963), fut composé sur les presses de l’Imprimerie polyglotte vaticane et diffusé en France par l’Office.
Membre, dès l’origine (1964), de l’association Una Voce, “ pour la sauvegarde du latin et du chant grégorien dans la liturgie catholique ”, René Rancœur est resté, indéfectiblement, un catholique de Tradition. La messe de ses funérailles sera célébrée, ce mardi 3 janvier, à 10 heures, en l’église Saint-Nicolas du Chardonnet.
La charité en acte
Je ne pourrais terminer cette rapide évocation sans exprimer une reconnaissance de dette. Dès mon premier livre – il y a vingt ans – René Rancœur, que je ne connaissais pas encore, avait été un juge bienveillant et pointilleux à la fois. Lorsque, plus tard, je préparais une biographie de Maurras – qui parut en 1991 – j’étais allé le voir. Les chroniques signées “ Georges Narcy ” m’avaient montré un érudit de l’histoire maurrassienne, sa rencontre me fit connaître un homme modeste, effacé, qui ne faisait pas étalage de son savoir mais qui savait guider utilement et conseiller.
Plus tard, quand je préparais une biographie de Paul VI, sa connaissance de l’histoire religieuse contemporaine me fut précieuse aussi. Il m’orienta vers des pistes que, sans lui, je n’aurais peut-être pas découvertes. Nous restâmes en relations. Il savait beaucoup de choses et fut un de ces hommes-relais qui, dans l’histoire intellectuelle, sont aussi importants, mais moins visibles, que les auteurs qui multiplient livres et articles.
En 1999, déjà très affaibli par la maladie qui ne devait l’emporter que six ans plus tard, “ ne pouvant plus travailler ” me dit-il, il dispersa sa bibliothèque. Il m’invita à venir choisir “ les livres qui pouvaient m’être utiles ”, dans le domaine de l’histoire religieuse et dans celui des études maurrassiennes. Même pour quelqu’un qui avait déjà beaucoup de livres, la bibliothèque de René Rancœur était d’une richesse exceptionnelle.
Au cours des différentes visites que je lui fis alors, c’est lui qui m’encourageait à prendre telle ou telle collection de livres, de revues, de dictionnaires, d’articles rassemblés en dossiers. Il me confia aussi des archives, des notes de travail, pensant que cela pourrait “ me servir ”.
Combien de fois depuis ai-je utilisé des instruments de travail, français, italiens ou espagnols, que je dois à René Rancœur ? À chaque fois, une pensée me ramenait à lui – et me ramènera à lui –, à sa méticulosité de bibliothécaire et de parfait bibliographe, à sa vraie humilité et à sa générosité en acte.
Deux livres d’Annie Laurent
Annie Laurent, spécialiste du Moyen-Orient, où elle a séjourné plusieurs années, a beaucoup réfléchi sur les rapports entre islam et christianisme. Elle a publié notamment un ouvrage collectif sur le sujet : Vivre avec l’Islam ? Réflexions chrétiennes sur la religion de Mahomet (éditions Saint-Paul, 1996). Elle a signé ces derniers mois deux livres importants qui méritent d’être lus :
• Sous le titre Dieu rêve d’unité. Les catholiques et les religions : les leçons du dialogue (Bayard, 216, 20 euros), elle publie un livre d’entretiens avec Mgr Fitzgerald .
Mgr Michael Fitzgerald est, depuis 2002, président du Conseil pontifical pour le dialogue interreligieux. Les entretiens qu’il a eus avec Annie Laurent permettent d’éclairer un champ d’action de l’Eglise qui, depuis le concile Vatican II, s’est beaucoup développé et a donné lieu aussi à de nombreuses critiques. Sous le feu serré des questions d’Annie Laurent, Mgr Fitzgerald apporte des éclaircissements et des mises au point qu’on ne trouve pas forcément dans les documents officiels. Ses réponses permettent aussi de mieux comprendre le sens de certaines initiatives du pontificat de Jean-Paul II (les rencontres d’Assise, par exemple).
Mgr Fitzgerald explique ainsi : “ le dialogue interreligieux ne peut viser l’unification des religions. Si l’on peut trouver, dans les diverses croyances, des points communs, ceux-ci ne sauraient suffire comme base pour une unité de foi. Le jugement appartient à Dieu, principe d’unité, qui réalisera l’unité religieuse de l’humanité selon son bon plaisir ” (p. 22).
Parfois Mgr Fitzgerald est trop rapide quand il s’agit d’expliquer certaines initiatives qui ont choqué des catholiques (par exemple, p. 85, quand il essaie d’expliquer pourquoi Jean-Paul II a baisé un exemplaire du Coran en mai 2000). En revanche, quand, plus loin (p. 124), il est interrogé sur le statut théologique de l’Islam, il expose comment le Coran ne s’inscrit pas dans “ la Révélation biblique ” et pourquoi l’Islam n’est pas “ une religion révélée ” comme le christianisme.
• Plus récemment, Annie Laurent a publié L’Europe malade de la Turquie (F.-X. de Guibert, 172 pages, 19 euros). À l’heure où la candidature de la Turquie à l’entrée dans l’Union européenne est à l’étude, le livre d’Annie Laurent s’ouvre par deux citations : l’une du futur Benoît XVI, en septembre 2004 (“ Historiquement et culturellement, la Turquie a peu de choses en commun avec l’Europe ”), l’autre de l’historien Jean-Paul Roux, spécialiste du monde turcophone (“ La Turquie n’est pas européenne. Mais elle s’est toujours voulue européenne ”).
Annie Laurent ne se contente pas d’apporter la démonstration du caractère non-européen de la Turquie, elle invite aussi à une longue plongée dans l’histoire turque, qui a été “ en contraste permanent avec l’Europe ” selon une autre formule du futur Benoît XVI.
La Turquie qui frappe aujourd’hui à la porte de l’Europe est un révélateur sur l’Europe elle-même. Jadis, au XIXe siècle, on disait de la Turquie – l’Empire ottoman – qu’elle était “ l’homme malade de l’Europe ”. Annie Laurent retourne la formule : c’est l’Europe qui est “ malade de la Turquie ”. Ceux qui acceptent de la faire entrer dans l’Union européenne sont ceux qui veulent édifier une Europe sans référence à ses racines chrétiennes. La “ question turque ” révèle une crise d’identité de l’Europe.
Par un courrier en date du 12 décembre 2005, Benoît XVI a bien voulu accorder à l’auteur de Diviniser l’humanité. Anthologie sur la communion fréquente (Editions la Nef, 2005) sa Bénédiction apostolique. Que cette mansuétude du Saint-Père accompagne toute notre année 2006.
dimanche 18 décembre 2005
[Aletheia n°85] Le dialogue entre la FSSPX et ROME : “sans illusion”
Aletheia n° 85 - 18 décembre 2005
Le dialogue entre la FSSPX et ROME : “sans illusion”
Dans les quatre mois qui se sont écoulés depuis la rencontre du 29 août dernier entre Mgr Fellay, Supérieur général de la FSSPX, et Benoît XVI, les autorités de la FSSPX comme certaines autorités romaines ont multiplié les déclarations publiques, non sans poursuivre le dialogue par des échanges de correspondance et des rencontres discrètes. Dans le flot des rumeurs, des bruits, des prises de position contradictoires et des projets point encore réalisés, on peut relever, me semble-t-il, quelques étapes saillantes. Cette chronologie se fonde sur les déclarations publiques des deux parties, et aussi sur des informations, italiennes et romaines, qui, pour certaines, n’ont pas encore transparu dans la presse française :
• On ne reviendra pas sur la rencontre du 29 août sur laquelle beaucoup a été dit. Sinon pour relever deux choses.
Le cardinal Castrillon Hoyos, Président de la Commission pontificale ”Ecclesia Dei” depuis 2000, qui assistait à l’audience du 29 août, reste le principal interlocuteur de la FSSPX depuis cette date.
L’insistance de Benoît XVI sur la nécessité d’une réception du concile Vatican II pour tous les catholiques a fortement impressionné la FSSPX. Ce qui a amené Mgr Fellay, quelque temps après l’audience, à écrire une lettre au Pape pour dire qu’ “ en conscience ” cette perspective l’effrayait.
• Différentes sources affirmaient qu’une “ libéralisation ”, au moins partielle, de la messe traditionnelle interviendrait à l’occasion du synode sur l’Eucharistie organisé en octobre. Les oppositions rencontrées par Benoît XVI au sein de la Curie lui ont fait renoncer, à ce moment-là, au décret prévu. Ces oppositions sont venues, notamment, du cardinal Arinze, Préfet de la Congrégation pour le Culte Divin et la Discipline des Sacrements, et de Mgr Sorrentino, secrétaire de la même Congrégation. Ils ont signé une note de sept pages qui a été remise au pape.
À cette opposition, interne si l’on peut dire, s’est ajoutée une intervention publique du cardinal Arinze. Le 7 octobre, au cours d’une conférence de presse et alors que le synode sur l’Eucharistie était en cours, il a affirmé que la question de la messe traditionnelle “ n’était pas une priorité pour le synode, et que personne n’en avait parlé ”.
On signalera, en y voyant plus qu’une coïncidence, que Mgr Sorrentino a été nommé, quelques semaines plus tard, évêque d’Assise et qu’un nouveau secrétaire de la Congrégation pour le Culte Divin vient d’être nommé : Mgr Ranijth, qualifié de conservateur, réputé favorable à une plus grande liberté pour la messe traditionnelle et en phase avec la perspective ratzinguérienne de “ réforme de la réforme ” (en avril 2004, Mgr Ranijth avait publié dans l’Osservatore romano un commentaire “ autorisé ” de l’instruction Redemptionis Sacramentum, déplorant les abus engendrés par la réforme liturgique et dénonçant l’ “ interprétation réductrice ” du sacrement de l’Eucharistie faite par certains).
• Le 13 novembre, dans une déclaration faite à chaîne de télévision Canal 5, le cardinal Castrillon Hoyos a affirmé à propos de la FSSPX :
“ Nous ne sommes pas face à une hérésie. On ne peut pas dire en termes corrects, exacts, précis qu’il y ait un schisme. C’est une attitude schismatique de consacrer des évêques sans mandat pontifical. Mais ils sont dans l’Eglise, il manque seulement une pleine, une plus parfaite – comme il a été dit lors de la rencontre avec Mgr Fellay – une plus pleine communion, parce que la communion existe déjà. ”
Cette déclaration a fortement et favorablement impressionné les autorités de la FSSPX. Est affirmée publiquement – même si ce n’est pas la déclaration solennelle que ces autorités attendent toujours – que la FSSPX n’est ni hérétique, ni schismatique, ni excommuniée.
• Cette déclaration a très certainement favorisé le déjeuner, discret, qui a réuni, début décembre, le cardinal Castrillon Hoyos et Mgr Fellay. La presse et les outils de communication internautiques français n’ont pas, à ma connaissance, rapporté cette rencontre. Elle a eu lieu dans la résidence du cardinal Castrillon Hoyos, Piazza della Citta Leonina. L’abbé Marc Nély, Supérieur du district italien de la FSSPX, accompagnait Mgr Fellay. Plus qu’un déjeuner de convivialité, il s’est agi d’une rencontre approfondie puisque, arrivés vers 11 heures à la résidence cardinalice, les deux clercs de la FSSPX en sont repartis après 16 heures.
Ils ont remis au cardinal Castrillon Hoyos un exemplaire de la traduction italienne de la biographie de Mgr Lefebvre par Mgr Tissier de Mallerais, traduction qui vient de paraître, et aussi un memorandum sur les objections faites par la FSSPX au concile Vatican II et aux réformes qui l’ont suivi.
• Le 11 décembre dernier, Mgr Fellay a fait, à Paris, une conférence intitulée : “ Le point sur nos relations avec Rome ”. Je ne peux qu’inviter mes lecteurs à en écouter l’enregistrement intégral qui est disponible sur le site officiel de la FSSPX en France (www.laportelatine.org). Le Supérieur général de la FSSPX expose longuement “ les principes qui nous guident dans nos relations avec Rome ”. Il reconnaît que, dans les discussions avec Rome, “ le grand point d’achoppement, ça sera le concile ”. Il porte, sur Benoît XVI, un jugement ainsi formulé : “ Une tête mal formée, par une philosophie moderne, libérale, parfois moderniste, et un cœur conservateur ”. Enfin, dans l’état actuel des discussions avec Rome, en considérant aussi les projets de décret et de réforme en préparation, il estime que, pour le moment, il y a “ plus d’espérance que de mécontentement, mais sans illusion ”.
Maurice Brillaud – Yves Chiron: L’abbé Emmanuel Barbier (1851-1925)
L’abbé Barbier a d’abord été un grand éducateur, directeur ou fondateur de plusieurs collèges jésuites qui ont fait la réputation de la Compagnie de Jésus. Puis, le “ grand exil ” des congrégations, consécutif à la loi de 1901, l’amène à quitter la Compagnie de Jésus et à demeurer simple prêtre, attaché à une paroisse parisienne.
C’est alors qu’il va devenir un des principaux combattants du libéralisme religieux et du modernisme, à travers une œuvre abondante (sur le Sillon, notamment) et une revue, la Critique du libéralisme.
Deux de ses livres sur le libéralisme de Léon XIII ont été mis à l’Index, en 1908, et pourtant saint Pie X, en 1912, lui accordera une bénédiction publique pour “ avoir très bien mérité de la cause catholique ”. Les cinq volumes de son Histoire du catholicisme libéral et du catholicisme social en France. Du concile du Vatican à l’avènement de S.S. Benoît XV (1870-1914) reste un ouvrage de référence par l’immense documentation fournie.
On trouvera d’abord dans ce volume l’édition des “ Souvenirs ” de Maurice Brillaud sur l’abbé Barbier.
Puis, Yves Chiron publie une biographie de l’abbé Barbier, la première parue à ce jour, fondée sur des sources d’archives inédites (archives diocésaines de Paris, Nancy et Poitiers et archives jésuites de Vanves). Elle est suivie d’une bibliographie exhaustive de l’œuvre de l’abbé Barbier.
Maurice Brillaud (1886-1950), romancier et mémorialiste, fut l’élève de l’abbé Barbier à Poitiers et resta en relations avec lui jusqu’à sa mort.
Yves Chiron, membre de la Société d’histoire religieuse de la France, spécialiste de l’histoire religieuse contemporaine, auteur de biographies de Pie IX (traduit en anglais, italien et espagnol), de saint Pie X (traduit en anglais), de Pie XI (traduit en italien) et de Paul VI.
ISBN 2-35005-011-4
Un volume de 175 pages – 16 euros
A commander (avec ses coordonnées: nom, prénom, adresse complète) à:
Association Nivoit 5, rue du Berry 36250 NIHERNE
Chèque à l'ordre de l'Association Nivoit.
mercredi 7 décembre 2005
[Aletheia n°84] Il y a 50 ans Itinéraires - Il y a 25 ans Présent
[Aletheia n°84 - annexe] Anniversaires, souvenirs et considérations en vrac - texte de Jean Madiran
dimanche 20 novembre 2005
[Aletheia n°83] L’“ insolence ” de l’abbé Pierre - L’abbé Pierre instrumentalisé
- La Trahison des commissaires, Consep, 2004, 65 pages, 10 euros.
- Maurras toujours là, Consep, 2004, 104 pages, 15 euros.
- La Laïcité dans l’Eglise, Consep, 2005, 153 pages, 18 euros.
- Pie IX, pape moderne, Clovis, 1995, 524 pages, 18 euros.
- Pie IX et la franc-maçonnerie, Editions BCM, 2000, 22 pages, 4 euros.
- Saint Pie X, pape réformateur, Publications du Courrier de Rome, 1999, 365 pages, 18 euros.
- Pie XI, Perrin, 2004, 416 pages, 22 euros.
- Le Vatican et la question juive en 1941. Publication du rapport Bérard, Editions Nivoit, 2000, 25 pages, 5 euros.
- Padre Pio le stigmatisé, Perrin, 2002 (3e édition augmentée et mise à jour), 346 pages, 19 euros.
- Veilleur avant l’aube. Le Père Eugène de Villeurbanne, Clovis, 1997, 510 pages, 19 euros.
- Enquête sur les miracles de Lourdes, Perrin, 2000, 215 pages, 17 euros.
- La véritable histoire de sainte Rita, Perrin, 2003, 248 pages, 15 euros.
- “ Diviniser l’humanité ”. Anthologie sur la communion fréquente, Préface du cardinal Medina Estevez, Editions de La Nef, 2005, 135 pages, 13 euros.
ALETHEIA - 16, rue du Berry - F36250 NIHERNE
Paiement à l’ordre de l’ “ Association Nivoit ”
dimanche 16 octobre 2005
[Aletheia n°82] Le centenaire du "vénéré Mgr Lefebvre", un document - Notes de lecture - Précisions
Mgr Marcel LEFEBVRELa mort de Mgr Lefebvre en cours de semaine sainte et après une retraite discrète, n'a pas fait grand événement médiatique. Et c'était mieux ainsi. Mais tous les spiritains français ont été suffisamment marqués par Mgr Lefebvre pour que nous évoquions ici dans la prière ce qu'il a été pour nous.Il est entré dans la Congrégation par le Séminaire Français de Rome où il faisait ses études pour le diocèse de Lille de 1923 à 1930. Il a fait son noviciat comme prêtre. Après sa profession religieuse en 1932, il est missionnaire 12 ans au Gabon. Il est directeur du scolasticat de Mortain en 1945. Il est alors nommé Vicaire apostolique de Dakar et Délégué apostolique pour l'Afrique française en 1947. Ceux d'entre nous qui ont vécu avec lui ses longues années missionnaires témoignent de son dévouement, de son esprit d'organisation dans son service missionnaire.Avec les années soixante, l'Afrique arrive aux indépendances et l'Eglise entre en Concile. Nous avons assisté à la difficulté qu'a eue Mgr Lefebvre à vivre ces événements. Il quitte l'Afrique pour l'évêché de Tulle en 1962 et la même année il est élu Supérieur Général. Nous avions accepté sa nomination comme Supérieur Général, même si tout le monde ne le souhaitait pas.Alors sont venues les prises de position que l'on sait au Concile et les directives sur le style de formation dans les scolasticats. Dans la Province de France surtout, nous avons eu à supporter les interpellations de bien des gens au sujet des orientations de Mgr Lefebvre, mais la grande majorité d'entre nous a dû concilier sa vie spiritaine avec des directives évidemment orientées. Nous sommes reconnaissants envers tous ceux qui nous ont aidés à passer ces années difficiles sans confondre les positions personnelles de Mgr Lefebvre avec celles de la Congrégation.Il n'est pas inutile de dire, car c'est peu connu, comment Mgr Lefebvre a quitté la charge de Supérieur Général. Élu pour 12 ans en 62, il a annoncé le 27 mai 1968, qu'il démissionnerait au Chapitre spécial, pour que celui-ci puisse être électif. Ce qu'il a fait. Une question de procédure l'a mis en minorité ; il a alors quitté le Chapitre et n'y est reparu que très peu. Le Père Lécuyer a été élu Supérieur Général. Mgr Lefebvre s'est retiré de la vie de la Congrégation, comme peuvent le faire les religieux devenus évêques. Et nous avons appris plus tard qu'il travaillait à la fondation d'un Séminaire en Suisse.L'histoire d'Ecône est connue. Même si des confrères ont gardé une grande estime et parfois une amitié envers leur confrère, aucun n'a voulu participer à son œuvre. Les rencontres personnelles et les échanges de lettres n'ont pas manqué, surtout aux grandes étapes de cette action : en 1976, suspense a divinis après l'ordination de quelques prêtres ; en 1988, ordination d'évêques et déclaration du schisme. Mgr Lefebvre a toujours répondu à ses amis avec sa bienveillance habituelle, mais il est malheureusement resté tout aussi ferme dans sa démarche de séparation.Donnons le témoignage d'un récent échange de lettres entre un confrère et lui en novembre dernier. Mgr Lefebvre : "Votre lettre me fait bien plaisir et je vous remercie de me donner de vos nouvelles... Je vous assure que je ne regrette pas ce que la Providence m'a suggéré de faire. Après-demain j'aurai 85 ans. Je sais bien que la fin approche. Je l'attends avec joie et paix, ayant conscience de n'avoir jamais travaillé que pour la Règne de Notre-Seigneur au cours de mes 61 ans de sacerdoce". Réponse du confrère : "Faut-il vraiment rester en désunion avec le Saint-Père ? Monseigneur, vous faites allusion à ce que la Providence vous a suggéré de faire... Avant d'entrer dans l'amour infini de Dieu, allez embrasser Jean-Paul II. Ce serait une telle joie pour moi et tant d'autres qui vous aiment tant". Il ne l'a pas fait, il n'est pas inutile de savoir que cela lui a été dit.Mgr Lefebvre a été un spiritain généreux, un missionnaire évangélique et actif, un supérieur général soucieux de la vie de la Congrégation. Son orientation personnelle, intellectuelle et ecclésiale, qui l'a porté jusqu'à la séparation de l'Eglise, nous restera toujours mystérieuse. Nous le confions dans la prière à l'accueil miséricordieux du Père.Jean SAVOIE
(Province et Mission, n° 165, avril 1991)