dimanche 2 mars 2003
[Aletheia n°39] La liberté religieuse, de Pie XI au cardinal Ratzinger + Jean Madiran et Balthasar dans Certitudes + Deux ouvrages collectifs sur la liturgie
lundi 27 janvier 2003
[Aletheia n°38] A propos de quelques apparitions + "Là est la vraie Eglise" (traduction) + Document : une "Mise en garde" + Précisions
lundi 13 janvier 2003
[Aletheia n°37] Là est la vraie Eglise dit la Vierge Marie + Une lettre ouverte à Mgr Fellay
jeudi 2 janvier 2003
[Aletheia n°36] Le 40e anniversaire de Vatican II - et autres textes
. Le 40e anniversaire de Vatican II.
. Revue des revues.
. Vatican II analysé ou jugé.
. Israël après le Christ.
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LE 40e ANNIVERSAIRE DE VATICAN II
Le 40e anniversaire de l'ouverture du concile Vatican II a été l'occasion d'études et de travaux très divers. Jean Madiran, parmi les catholiques attachés à la Tradition, a été le premier, en juin 2002, à apporter sa contribution par un essai très riche : La Révolution copernicienne dans l’Eglise (Consep, 7 rue de la Comète, 75007 Paris, 107 pages, 18 euros, cf. Alètheia n° 31).
La position de Jean Madiran n'est pas celle de la Fraternité Saint-Pie X. Jean Madiran remet en cause "l'intention" qui a présidé aux travaux conciliaires et "l'évolution conciliaire" qui a suivi, évolution "destructrice et inacceptable" (Présent, 19.12.2002). Mais il ne se fait pas juge des textes conciliaires eux-mêmes. En conclusion de son livre, il dit de l'Eglise et du concile Vatican II : "Elle pourra ainsi le rectifier, le réformer ou l'abolir ; ou bien l'oublier ? Ce n'est pas à nous d'en décider. Simple laïc du rang, simple militant de l'Eglise enseignée, notre rôle était de refuser l'inacceptable. Nous l'avons fait de toutes nos forces. Nous ne cesserons pas."
La Fraternité Saint-Pie X, elle, a organisé, en octobre, un symposium international de théologie intitulé "Vatican II : introduction à une nouvelle religion". Cette réunion s'est tenue à huis clos et les actes ne devaient pas être publiés. Finalement ils le seront.
Ce symposium a été l'occasion, pour certains prêtres de la FSSPX qui y participaient comme intervenants, d'étudier, pour la première fois, les textes du concile Vatican II. Après une séance plénière, où Mgr Williamson a prononcé l'allocution d'ouverture, les travaux se sont déroulés en six commissions thématiques. Il y eut, au total, 62 intervenants dont 25 laïcs. Parmi les participants laïcs, on relève les noms d'universitaires plus ou moins proches de la FSSPX (notamment Claude Rousseau, Christophe Réveillard, Jean-Claude Lozac'hmeur, Franck Bouscau, Alain Rauwel, Paolo Pasqualucci). En revanche, parmi les ecclésiastiques présents, le plus grand nombre appartenait à la FSSPX, même si des religieux de communautés amies (Couvent de la Haye-aux-Bonshommes, Fraternité de Mérigny) ont apporté des contributions.
Dans le programme envoyé aux participants à ce symposium, figurait un projet de "Déclaration finale", en huit points. Ce projet de déclaration devait être discuté et travaillé par chacune des six commissions. En fait, le texte du projet a été repris sans changement majeur" dans la "Déclaration finale du Symposium de Paris" telle qu'elle est parue ensuite dans diverses publications traditionalistes.
La conclusion principale de ce symposium —mais elle se trouvait déjà pour l'essentiel dans le projet de déclaration — est que "le Concile a posé les bases d'une religion nouvelle destinée principalement à exalter la personne humaine et à réaliser l'unité du genre humain."
Il y a quelques mois, dans Pacte (23 rue des Bernardins, 75005 Paris, n° 67, le numéro 2,50 euros), l'abbé de Tanoüarn avait déjà employé l'expression de "religion nouvelle" pour qualifier Vatican II. Mais il l'avait employée dans un sens limitatif : "Cette nouvelle conscience transforme les rapports entre l'Église et le monde et donne au chrétien une nouvelle identité, une nouvelle manière d'être lui-même devant Dieu et devant les hommes. C'est en ce sens — et en ce sens seulement, mais ce n'est pas rien —, c'est en s'en tenant à cette perspective qu'on peut soutenir l'idée que Vatican II inaugure une nouvelle religion, une nouvelle manière d'entrer en relation avec Dieu et avec ses semblables" (souligné par nous).
Avec ce symposium, l'abbé de Tanoüarn, qui en a été le principal organisateur et animateur, engage une critique plus radicale du concile Vatican II, puisqu'il emploie désormais l'expression "nouvelle religion" dans un sens non restrictif, pour l'opposer "à la religion catholique telle qu'elle a été vécue par les fidèles et enseignée par tous les papes jusqu'à la veille de Vatican II".
La "Commission 6" du symposium s'est consacrée à l'"Histoire du Concile". Une communication particulière aurait pu être consacrée à Mgr Lefebvre et le concile Vatican II. Non seulement à sa participation aux travaux conciliaires mais aussi à son jugement — qui a évolué — sur le concile. Mgr Tissier de Mallerais, dans sa grande biographie de Mgr Lefebvre (Clovis, 2002), reconnaît, après que Mgr Lefebvre lui-même et la FSSPX longtemps l'aient longtemps nié, que le futur fondateur d'Ecône a bien signé tous les textes du concile Vatican II, y compris la déclaration Dignitatis humanæ sur la liberté religieuse et la constitution pastorale Gaudium et spes.
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REVUE DES REVUES
. Item est la lettre confidentielle que l'abbé Aulagnier avait lancée après qu'il a été dépossédé des publications qu'il avait fondées ou relevées (Dici et Nouvelles de Chrétienté). Depuis que l'abbé Aulagnier a été exilé à Québec et interdit d'écrire, Item continue à paraître à l'initiative d'Entraide et de Tradition (rue Jean Eudes, 14480 Le Fresne-Camilly). Le dernier numéro paru, n° 5, novembre 2002, 3,20 euros, contient le texte intégral de la conférence donnée à Versailles par Mgr Rifan, le 30 septembre dernier, et aussi le texte intégral du débat qui a eu lieu ensuite avec les auditeurs. On y relève les interventions de l'abbé Guillaume de Tanoüarn et du père de Blignières.
. Sedes Sapientiae (Société Saint-Thomas d'Aquin, 53340 Chémeré-le-Roi, n° 81, 8 euros) contient une longue et très éclairante étude de Luc Perrin : "Rome, Campos et Ecône (2000-2002)", pages 3 à 30. Luc Perrin, maître de conférences à la Faculté de théologie catholique de l'université Marc Bloch (Strasbourg), est un des historiens les plus attentifs et les mieux informés sur le catholicisme traditionnel d'après Vatican II. On lui doit aussi les quatre derniers chapitres de l'Histoire des curés qui vient de paraître aux éditions Fayard sous la direction de Nicole Lemaître. Luc Perrin y évoque les évolutions du clergé séculier depuis la Première Guerre Mondiale.
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VATICAN II ANALYSE OU JUGE
Différentes revues ont consacré des dossiers spéciaux au concile Vatican II à l'occasion du 40e anniversaire de son ouverture. C'est, dans l'ordre chronologique de leur parution :
- L'Homme nouveau (10 rue Rosenwald, 75015 Paris, 3 euros le numéro). Un large dossier est paru sur deux numéros, les 20.10.2002 et 3.11.2002. On y trouve :
. Denis Sureau, "Retour sur Vatican II",
. Philippe Maxence, "Les exigences de la vérité",
. Luc Perrin, "L'aggiornamento de l'Eglise",
. Entretien avec Mgr Rifan,
. Yves Chiron, "Paul VI, l'universalité de l'Eglise",
. Entretien avec le P. Basile Valuet o.s.b. sur la liberté religieuse,
. Georges Daix, "Envoyé spécial au concile".
- Fideliter (B.P. 88, 91152 Etampes cedex, n° 150, novembre-décembre 2002, 7,50 euros). On y lit, pages 4 à 13 :
. Abbé Alain Lorans, "Vatican II, un "brigandage" ?",
. Mgr Bernard Tissier de Mallerais, "Le rôle du Cœtus internationalis Patrum".
- La Nef (B.P. 48, 78810 Feucherolles, n° 133, décembre 2002, 6 euros). On y lit, pages 17 à 29 :
. Christophe Geffroy, "Le "mythe" du Concile",
. "Rupture ou continuité ? Les principaux points controversés" par un moine de Triors, le P. Emmanuel o.s.b., les abbés Christian Gouyaud, Fabrice Loiseau, Denis Le Pivain et Gérald de Servigny,
. Christophe Geffroy, "Yves Congar ou l'esprit du concile",
. Loïc Mérian : "Liturgie : un échange significatif".
- Kephas (8 bis boulevard Bessonneau, 49100 Angers, n° 4, octobre-décembre 2002, 15 euros). On y lit, pages 49 à 66 :
. Abbé Gérald de Servigny, "Vatican II, un concile mal connu",
. Yves Chiron, "Il y a quarante ans, l'ouverture de Vatican II".
- Le Sel de la terre (Couvent de la Haye-aux-Bonshommes, 49240 Avrillé, n° 43, hiver 2002-2003, 14 euros). On y lit, pages 15 à 74 :
. Abbé Victor-Alain Berto (1900-1968), "Lettres du concile",
. Mgr Antonio de Castro Mayer, "L'anti-Eglise"
. Paolo Pasqualucci, "Pour la recherche systématique des erreurs de Vatican II. Propositions sur la méthode."
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ISRAËL APRÈS LE CHRIST
Ansgar Santogrossi est un religieux, frère bénédictin à l'abbaye Mount Angel, dans l'Oregon. Né en 1962, spécialiste de la pensée du bienheureux Duns Scot, il a publié différents articles de philosophie, de théologie et de liturgie dans des revues conciliaires (comme Homiletic and Pastoral Review) ou traditionnelles (Catholica et The Latin Mass). C'est en français qu'il a rédigé son premier livre, L'Evangile prêché à Israël, qui vient de paraître aux éditions Clovis (B.P. 88, 91152 Etampes cedex, 78 pages, 10,50 euros).
L'ouvrage n'est pas une lecture critique de la déclaration conciliaire Nostra ætate dans sa quatrième partie consacrée à la religion juive mais il en prend largement le contre-pied. Il contredit surtout le "dialogue judéo-chrétien" tel qu'il s'est établi depuis une quarantaine d'années. Ce dialogue tend à mettre en valeur la foi "abrahamique" qui serait commune aux Juifs et aux Chrétiens et aussi est affirmé que "les Israélites qui, depuis Jésus, ne croient pas en sa messianité sont un corps religieux agréé par Dieu comme un corps religieux doué de la foi d'Abraham" (p. 11).
Recourant largement à deux ouvrages classiques parus en 1969 (Pierre Benoit, L'Eglise et Israël et Denise Judant, Judaïsme et christianisme), Ansgar Santogrossi se réfère aussi abondamment aux pages de saint Thomas d'Aquin sur le sujet et à la doctrine scotiste de la "foi implicite".
Ansgar Santogrossi conteste que le peuple juif puisse encore, aujourd'hui, être considéré comme "le peuple élu". La promesse du Christ Jésus s'adresse certes toujours aux Juifs comme aux Gentils, mais elle requiert "une foi qui soit au temps passé pour correspondre au temps de l'Eglise qui est le dernier âge de l'Histoire". L'attente du Messie chez les Juifs de l'Ancienne Alliance était "une foi au temps futur". Depuis l'incarnation du Fils de Dieu cette foi est sans objet. La foi juive aujourd'hui, et l'observance de la loi mosaïque, manquent leur objet (pour reprendre la terminologie thomiste de la connaissance).
A l'encontre du dialogue judéo-chrétien actuel, Ansgar Santogrossi estime que la religion israélite contemporaine n'est pas une réponse authentique à l'Alliance de jadis : "Les Israélites dans la Synagogue actuelle professent un Messie à venir non par la foi divine, mais par une conjecture humaine fausse."
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Je remercie ceux qui — évêché, monastères, prêtres, laïcs — ont apporté, durant l'année 2002, une libre contribution financière à Alètheia, permettant ainsi à ce frêle esquif de continuer à voguer. Je ne remercie pas, en revanche, ceux qui ne se manifestent jamais — même pas par quelques lignes pour dire qu'ils ne veulent plus recevoir ce voltigeur — et ceux qui, pour leurs propres publications, pillent cette modeste feuille sans daigner citer leur source.
A l'intention de tous, néanmoins, pour 2003, je ne peux que reprendre le vœu émis par Jean Madiran (Présent, 27.11.2002) : "vœu qui paraîtra utopique, mais que je ressens comme nécessaire dans le vilain temps que nous avons à traverser et qui se prolonge désastreusement : mon vœu d'une amitié entre tous ceux qui, en diverses demeures, gardent la même messe, le même catéchisme, la même Écriture."
lundi 18 novembre 2002
[Aletheia] Pour un petit catéchisme universel - Non à Vatican III - Saint Josemaria Escriva et la nouvelle messe - Document : Le cardinal Siri et la
Yves Chiron - Aletheia n°35 - 18 novembre 2002
. Pour un petit catéchisme universel.
. Non à Vatican III.
. Saint Josemaria Escriva et la nouvelle messe.
. Document : Le cardinal Siri et la nouvelle messe.
. Nouveautés romaines.
POUR UN PETIT CATÉCHISME UNIVERSEL
Mgr Maggiolini est évêque de Côme depuis 1989. Bien qu'il ait été l'unique évêque italien à participer à la rédaction du Catéchisme de l'Eglise Catholique — le comité de rédaction comptait 8 membres —, il reste peu connu en France. De la dizaine de livres qu'il a publiés, pas un seul n'a encore été traduit en français. D'ici quelques semaines, paraîtra, en Italie, son dernier livre, consacré à la confession.
Il y a un an, à l'occasion de la parution de Fine della nostra cristianità (Piemme, 2001, 239 pages), j'avais réalisé un entretien qui a été publié dans la Nef (B.P. 48, 78810 Feucherolles, n° 119, septembre 2001, 6 euros). Cette fois, c'est à l'occasion du dixième anniversaire de la publication du Catéchisme de l'Eglise Catholique, que je l'ai interrogé. L'entretien paraît dans l'Homme Nouveau (1 Place Saint-Sulpice, 75006 Paris, n° 1290, 17.11.2002, 3 euros). Mgr Maggiolini, interrogé sur la nécessité et l'opportunité de rédiger maintenant un petit catéchisme universel à l'intention des enfants, répond :
"J'ignore si un tel catéchisme pour enfants et adolescents serait possible. J'en vois l'utilité. Et même la nécessité, à partir du moment où beaucoup de jeunes croyants se limitent à se souvenir de "petits bouts" de la Bible, sans avoir une synthèse dans laquelle ranger les différents morceaux. Et cela, sans même connaître par cœur les formules les plus importantes, à commencer par le Notre Père et l'Ave Maria (...) je suggère seulement aux éventuels rédacteurs de ne pas se laisser engluer par des questions exaspérées de méthode, qui souvent finissent par écraser et vider le contenu de la Révélation."
NON A VATICAN III
Mgr Maggiolini publie régulièrement, deux ou trois fois par mois, et en toute liberté, des articles dans le quotidien italien Il Giornale. Alors que la célébration du 40e anniversaire du concile Vatican II, est l'occasion pour certains, dans l'Eglise, de suggérer ou de réclamer un "Vatican III", l'évêque de Côme, dans un article publié le 18 octobre dernier, évoque le "fondement d'argile" d'un hypothétique Vatican III.
L'enseignement véritable du concile Vatican II, explique Mgr Maggiolini, reste encore largement méconnu ou travesti. Qui plus est, on peut s'interroger sur les fruits de Vatican II : où sont les conversions ? les grands saints ? Les vocations sacerdotales et religieuses ? A-t-on enregistré un nouvel élan pour les missions ? "On dira, peut-être, qu'il y a eu Padre Pio et Mère Teresa de Calcutta. Mais ces saints n'ont pas fleuri à partir de Vatican II. On objectera peut-être encore qu'il est trop tôt pour voir les saints post-conciliaires. Mais l'histoire ne s'accélère-t-elle pas ?".
Mgr Maggiolini, avec quelque malice, ajoute : "A voix basse, je voudrais soumettre un doute aux impatients désireux d'un nouveau Concile. Attention : plutôt que d'une plus grande ouverture — mais que signifie ce mot ? —, peut-être que les chrétiens les plus sérieux et les évêques les plus lucides, les plus perspicaces et les plus travailleurs, demandent des positions plus précises, des propositions plus solides, une identité plus claire, des énoncés doctrinaux moins délayés et ainsi de suite."
SAINT JOSEMARIA ET LA NOUVELLE MESSE
A plusieurs reprises déjà, j'ai évoqué, ici, la question de la célébration du Nouvel Ordo Missae par saint Josemaria Escriva de Balaguer. Un témoignage circonstancié existe, celui de Mgr Javier Echevarria, Prélat de l'Opus Dei. Membre de l'Opus Dei depuis 1948, il a été le secrétaire particulier de saint Josemaria Escriva à partir de 1952 et il est resté aux côtés du fondateur de l'Opus Dei jusqu'à la mort de celui-ci, en 1975. Dans un ouvrage de souvenirs sur le fondateur, Memoria del Beato Josemaria Escriva (Leonardo international, 2001), il se souvient "de l'effort que lui a coûté le changement [d'ordo]". "Mais il ne voulait accepter aucune exception ; chaque jour il me demandait de le corriger toutes les fois qu'il se trompait dans le respect des nouvelles rubriques il était décidé à manifester son amour pour la liturgie à travers le nouveau rite."
Il refusa qu'on sollicita pour lui le privilège, concédé aux prêtres âgés, de conserver l'ancien Ordo : "par esprit d'obéissance envers les normes ecclésiastiques, il interdit qu'on en fasse pour lui la demande."
Un jour, don Alvaro del Portillo, qui devait succéder ensuite à Mgr Escriva à la tête de l'Opus Dei, se trouvait à parler de la nouvelle messe avec Mgr Bugnini. La situation du fondateur de l'Opus Dei fut évoquée. Le maître d'œuvre de la réforme liturgique, bien que son interlocuteur n'en sollicita pas l'autorisation, accorda à Mgr Escriva de "célébrer comme avant". Mgr Escriva "en fut très content", "mais à partir de ce moment il voulut qu'à sa messe assiste seulement celui qui la servait, et personne d'autre".
Si le fondateur de l'Opus Dei est donc revenu à la messe traditionnelle, à une date qui reste à déterminer, et ne l'a plus abandonnée, le N.O.M. a été de règle dans toutes les maisons de la prélature.
Document -LE CARDINAL SIRI ET LA NOUVELLE MESSE
Le cardinal Siri fut archevêque de Gênes de 1946 à 1987. Selon les classifications — pas toujours pertinentes — des historiens, il aurait été un représentant éminent de l'aile "conservatrice" de l'Eglise. Mais, au concile Vatican II, par exemple, même s'il a suivi de près les travaux et les interventions du Cœtus internationalis, où il comptait plusieurs amis, il n'en a jamais été membre.
Nous traduisons et publions, avec l'accord de son destinataire — dont on comprendra qu'il souhaite garder l'anonymat —, la lettre que lui adressait le cardinal Siri en 1982, Ce religieux, qui voulait continuer à célébrer la messe traditionnelle, faisait part de son drame intérieur au cardinal Siri et sollicitait d'être accueilli dans son diocèse. Voici la réponse que lui fit le cardinal archevêque de Gênes. Elle illustre, comme la réaction de saint Josemaria Escriva citée plus haut, l'esprit d'obéissance qui a eu cours dans l'Eglise, dans les années 60/80, et qui a permis la diffusion si rapide de la réforme liturgique.
Gênes, 6 septembre 1982
Révérend Père,
je reçois votre lettre et je ressens profondément l'ampleur de votre drame intérieur. Je souhaiterais pouvoir vous aider à la résoudre.
En ce qui concerne votre répugnance à accepter le Nouvel Ordo. Je vous invite à raisonner patiemment (après avoir prié). Le Nouvel Ordo ne peut être frappé d'hérésie.
Le pouvoir avec lequel saint Pie V a fixé sa réforme liturgique est celui-là même dont a usé Paul VI. Avoir réformé l'Ordo implique sa substitution à l'ancien. Nous devons obéir.
Il y a des questions bien plus graves dans l'Eglise : celle-ci n'a aucune importance. Libérez-vous de ce complexe et ne permettez pas qu'il détruise votre vocation. Que Dieu vous aide !
Quant à votre désir d'être éventuellement accueilli dans mon diocèse, je crois que c'est impossible : mon clergé est excellent, mais il n'est pas exempt de méfiance envers ceux qui ne sont pas originaires du diocèse. Je ne veux demander à personne le sacrifice de se sentir un intrus !
Peut-être une connaissance directe pourrait suggérer quelque idée meilleure.
En attendant je prie pour vous, de tout coeur !
In Christo
Giuseppe Card. SIRI
NOUVEAUTÉS ROMAINES
. Sœur Margherita Marchione, religieuse américaine d'origine italienne, de la congrégation des Soeurs Philippines, a publié ces dernières années, aux Etats-Unis et en Italie, plusieurs ouvrages pour défendre la mémoire de Pie XII. Elle vient de publier deux nouveaux livres :
- Pio XII attraverso le immagini, Libreria Editrice Vaticana, 214 pages grand format. Un album biographique, avec de très nombreux documents et photographies, dont certains inédits ;
- Il Silenzio di Pio XII. Papa Pacelli di fronte al Nazismo e alla persecuzione degli Ebrei : accuse, controversie e verità storica, Sperling & Kupfer, Milan, 309 pages. En douze chapitres très structurés, sœur Margherita Marchione fait le point sur la controverse —qui dure depuis quarante ans maintenant — et cite de nombreux témoignages et documents. Au-delà de l'attitude et de l'action de Pie XII pendant la Seconde Guerre mondiale, auxquelles l'essentiel du livre est consacré, l'auteur veut mettre aussi en lumière la sainteté de Pie XII. A cet égard, elle cite notamment, une vision de Padre Pio, le jour-même de la mort de Pie XII. Padre Pio, le 9 octobre 1958, comme on le lit dans son Diario (encore inédit pour ces années) et comme il en a fait la confidence à plusieurs personnes (parmi lesquelles, une des soeurs de Pie XII), a eu "la claire vision" de la mort du pape et de son entrée au Ciel.
. Une édition du Compendio del Catechismo di San Pio X (en 152 questions et réponses) vient de paraître aux éditions Il Pozzo di Giacobbe. Ce très élégant petit volume de 45 pages est vendu à un prix très raisonnable —1,20 euro —, qui le rend accessible à toutes les familles italiennes.
. Sœur Lucie de Fatima a fait paraître à la Libreria Editrice Vaticana Gli Appelli del Messagio di Fatima (309 pages). Il s'agit non pas d'un nouveau récit des apparitions de 1917 mais d'un commentaire spirituel de ces apparitions et du message qui y fut donné. Sœur Lucie considère que la recommandation faite par la Sainte Vierge lors de l'apparition du 13 octobre 1917 : "N'offensez plus Dieu Notre-Seigneur qui est déjà tant offensé" est l'appel central du message de Fatima.,
L'ouvrage, rédigé en portugais il y a plusieurs années déjà, a été entièrement écrit par soeur Lucie, avertit l'évêque de Leiria-Fatima dans une préface. Il ajoute : "il est nécessaire de toujours distinguer, pour ne pas avoir de désillusions, entre la Sœur Lucie voyante, instrument de Dieu, et la Sœur Lucie interprète, avec sa propre intelligence, et avec son coeur, certainement noble et généreux."
La distinction vaut aussi, nous semble-t-il, pour des questions qui ont alimenté des controverses ces dernières années : la consécration de la Russie et le contenu du troisième secret de Fatima.
On lira avec intérêt le dernier numéro des Amis du Monastère (n° 104, Monastère Sainte-Madeleine, 84330 Le Barroux). Le TRP Dom Gérard y évoque, dans son traditionnel éditorial d'ouverture, la fondation que réalise son monastère dans le diocèse d'Agen. Dans un second article, pages 4 et 5, intitulé "Vous n'avez pas encore résisté jusqu'au sang" (Héb 12,4), Dom Gérard, avec une belle vigueur, exprime "l'intransigeance" nécessaire face à certaines situations dans l'Eglise. Il écrit notamment :
"Les martyrs anglais du XVIe siècle, et les martyrs chinois du XXe, ont tous versé leur sang pour avoir refusé d'entrer, les uns dans une église anglicane, les autres dans une église patriotique, et vous voudriez nous voir entrer dans ce magma informe qu'on appelle "œcuménisme" ou "dialogue inter-religieux" ? Il est temps que le vent se lève et balaye ces mensonges doucereux déguisés sous les oripeaux de la tolérance".
vendredi 18 octobre 2002
[Aletheia] Revue des revues
Yves Chiron - Aletheia n°34 - 18 octobre 2002
Revue des revues
. Oremus (11 avenue Chauchard, 78000 Versailles), n° 13, septembre 2002, ce numéro 3 euros.
Ce numéro d' Oremus, "Bulletin d'information consacré à la liturgie catholique latine traditionnelle", est très précieux car il fait, quatorze ans après la publication du motu proprio Ecclesia Dei afflicta, un bilan chiffré de son application en France, "un des pays où la messe traditionnelle est certainement la plus répandue".
Sur 93 diocèses de France métropolitaine, 51, seulement, offrent aux fidèles, de manière hebdomadaire, une messe traditionnelle. Il faut lire les autres statistiques détaillées qui font un point précis de la situation. Par exemple, dans plus d'un diocèse français sur trois (35 %), la messe traditionnelle n'est même pas célébrée une fois par mois.
Si l'on prend en compte les lieux de culte où la messe traditionnelle est célébrée sans autorisation de l'évêque du diocèse — il s'agit essentiellement des églises, chapelles et prieurés de la Fraternité Saint-Pie X—, on atteint des chiffres beaucoup plus élevés : aux 82 messes traditionnelles "Ecclesia Dei" célébrées chaque dimanche en France, s'ajoutent 164 autres messes dominicales traditionnelles grâce, essentiellement, à la FSSPX.
. Présent (5 rue d'Amboise, 75002 Paris), numéros des 16 et 17 octobre 2002, 1,50 euros le numéro (abonnement d'un an : 301,85 euros).
En écho à ce numéro d'Oremus, Jean Madiran, dans deux numéros successifs de Présent, a scruté "Quarante ans d'évolution conciliaire". Il fait remarquer que les "apports positifs du Magistère", indéniables (les encycliques Veritatis splendor et Fides et ratio, par exemple), "n'ont cependant donné aucun coup d'arrêt ; ni même aucun coup de frein". En France, du moins, et en matière liturgique, du moins.
Évoquant les lieux de culte traditionnel, et aussi, ce qui n'est pas accessoire mais lié, les écoles et le catéchisme, Jean Madiran note :
"quoi que l'on puisse penser de certaines tactiques risquées, de certains propos largement excessifs ou de certaines situations délicates de la FSSPX, c'est bien ici et pour cela que nous n'esquivons pas la nécessité d'en prendre acte : face à l'évolution conciliaire, la FSSPX a raison sur le fond. Elle n'est pas la seule. Sociologiquement, c'est elle qui a le poids principal."
. Kephas (8 bis, boulevard Bessonneau, 49100 Angers), n° 3, juillet-septembre 2002, ce numéro 15 euros.
La revue, dirigée par M. l'abbé Le Pivain, contient d'intéressants échos sur un colloque consacré au cardinal Charles Journet à Fribourg en avril dernier. On lit aussi, entre autres choses, une étude historique sur Joseph II et le joséphisme par l'abbé Vincent Richard et un article de Denis Sureau consacré à l'essai, très intéressant mais peu remarqué, de William Cavanaugh, Eucharistie et mondialisation (Ad Solem, 2001).
Cav anaugh appartient au courant anglo-saxon de la Radical Orthodoxy, courant d'idées qui devrait attirer davantage l'attention des traditionalistes français. Dans Eucharistie et mondialisation, Cavanaugh analyse le phénomène actuel de la mondialisation comme l'aboutissement de la sécularisation et aussi, thèse assez iconoclaste, comme l'aboutissement de la création des états-nations à l'époque moderne. Contre le mythe de l' "État sauveur", le jeune théologien américain revendique pour l'Eglise la nécessité de se poser en corps social alternatif et de refuser la distinction spirituel/temporel. Cavanaugh est aux antipodes de la pensée du Maritain seconde manière.
Au coeur de la thèse hardie de Cavanaugh, il y a une considération sur le rôle social de l'Eucharistie : "l'urgence, aujourd'hui, n'est pas de se ménager un moyen pour influencer le pouvoir laïc par le biais de la société mais plutôt de restaurer une pratique liturgique capable de redonner aux chrétiens la conscience de la dimension politique de la foi, et par là de produire des hommes de pouvoir dont le langage sera un langage de paix et de vérité."
. Le Sel de la Terre (Couvent de la Haye-aux-Bonshommes, 49240 Avrillé), n° 42, automne 2002, ce numéro 14 euros.
Il ne passe pas de numéro de cette revue, depuis plusieurs années, dans lequel je ne sois pas épinglé, stigmatisé ou injurié. Dans ce numéro encore, dans trois articles différents, les Révérends Pères d'Avrillé me cherchent querelle pour des articles parus dans Présent ou dans Alètheia, à propos d'Evola, à propos de l'Opus Dei et à propos de Kephas et des éditions Ad Solem. Dans ce dernier article, où est mis en cause principalement Yves Daoudal, on ressort la vieille calembredaine d'une supposée "école de l'ésotérisme chrétien", à laquelle Daoudal et moi appartiendrions.
L'historienne Annie Kriegel, à propos des agissements de certains auteurs et responsables de la communauté israélite, avait dénoncé " une insupportable police juive de la pensée ". Faudrait-il donc parler aussi d' "une insupportable police avrilloise [ou avrillesque, comme on dit burlesque] de la pensée" ?
Combien de fois faudra-t-il répéter, comme je l'ai écrit ici-même, il y a plusieurs mois déjà : "Il y a dans l'oeuvre de Guénon, malgré quelques vues justes sur la crise de la civilisation moderne, trop d'impasses, d'illusions et de dérives qui rendent le plus grand nombre de ses pages inacceptables pour un catholique. Je donnerai volontiers tous les livres de René Guénon pour une seule page lumineuse de Jean Madiran."
Je pourrais dire exactement la même chose de Julius Evola, à propos duquel la revue Le Sel de la Terre publie, d'ailleurs, un article fort intéressant. Cet article, dû au professeur italien Paolo Taufer, et dont la suite paraîtra dans le prochain numéro de la revue, met opportunément en lumière la philosophie idéaliste qui est à la base de la pensée d'Evola et dévoile le ressort inquiétant des recherches initiatiques qu'il a menées par différentes voies. Assurément, Julius Evola n'est pas un maître catholique.
. AVE (Kapittelweg 11, 1216 HR Hilversum, Nederland), n° 7, septembre 2002, envoi gratuit.
AVE (Niieuwsbrief over Actuele VErschijningen), malheureusement accessible aux seuls lecteurs néerlandophones, est la meilleure revue existante consacrée aux apparitions mariales contemporaines. Dans la fidélité à l'enseignement traditionnel de l'Eglise sur ce sujet, chaque numéro trimestriel comprend des articles solides. Le dernier numéro paru contient, notamment, la lettre de l'évêque de Harlem, en date du 31 mai 2002, sur "Notre-Dame de tous les Peuples" (Amsterdam) ; une étude critique de Mark Waterinckx sur San Damiano et le décret de l'évêque de Wollongong, en date du 16 juin 2002, sur le voyant William Kamm, appelé "Little Pebble" (Australie).
mercredi 9 octobre 2002
[Aletheia] L'abbé Aulagnier - L’abbé Sulmont, Jean Madiran et la Croix - La Lettre à nos frères prêtres
Yves Chiron - Aletheia n°33 - 9 octobre 2002
L’abbé Aulagnier
Présent, dans son édition du 19 septembre dernier, a donné, discrètement, l’information suivante:
“Journaliste, créateur et directeur de plusieurs publications estimées, écrivain ecclésiastique d’une grande notoriété, notamment pour son livre paru en décembre 2000 : La Tradition sans peur (en collaboration avec l’abbé Guillaume de Tanoüarn, préfacé par l’abbé Philippe Laguérie), l’abbé Paul Aulagnier vient, pour une raison jusqu’ici inconnue, d’être frappé d’une nouvelle sanction par ses supérieurs de la FSSPX. Il est envoyé à Québec comme aumônier d’une maison de retraite pour personnes âgées ; et surtout il a l’interdiction d’écrire. Cette interdiction-là est sans doute pour un écrivain, même ecclésiastique, la plus grave sanction possible.”
Je ne commenterai pas cet entrefilet. Je renverrai au dernier livre publié par M. l’abbé Aulagnier, La Tradition sans peur. Il est toujours disponible aux Éditions Servir, 15 rue d’Estrées, 75007 Paris, 350 pages, 20 euros franco de port. L’abbé Aulagnier y exprimait des vues audacieuses et libres, tant sur la crise actuelle de l’Eglise que sur l’action de la FSSPX ( cf. Alètheia, n° 7, 5 janvier 2001).
Je ne rappellerai pas le rôle éminent qu’a eu l’abbé Aulagnier dans le combat de la Tradition : un des premiers membres de la Fraternité créée par Mgr Lefebvre, il a été durant dix-huit ans supérieur du district de France, période pendant laquelle il a fondé la revue Fideliter et il a présidé à la création de nombreux prieurés et de plusieurs écoles à travers la France. Puis il fut deuxième assistant du supérieur général de la FSSPX.
Je préfère renvoyer à l’image des premiers temps, héroïques, de la FSSPX ; image que rapporte le dernier biographe de Mgr Lefebvre : “En cette année 1972-1973, la Fraternité n’a d’apostolat qu’en Grande-Bretagne et en Californie, si l’on met à part l’humble aumônerie que l’abbé Aulagnier assure en France à l’école de filles de Mademoiselle Luce Quenette à Malvières, un village perdu que l’aumônier, un jour d’hiver, n’atteindra qu’en chaussant des skis” (p. 475).
Cette biographie de Mgr Lefebvre, écrite par Mgr Bernard Tissier de Mallerais, publiée par les éditions Clovis (B.P. 88, 91152 Etampes cedex, 719 pages, 24 euros), est la plus volumineuse qui ait été consacrée au fondateur de la FSSPX.
L’abbé Sulmont, Jean Madiran et la Croix
L’abbé Philippe Sulmont, le bien connu curé de Domqueur, attaché indéfectiblement au rite traditionnel et que les évêques successifs de son diocèse ont laissé en fonction, a adressé, le 3 septembre 2002, une lettre à Noël Copin. Celui-ci, ancien directeur de la Croix, avait publié, la veille, dans ce journal, un éloge du concile Vatican II, le qualifiant de “prophétique”.
L’abbé Sulmont lui écrivit alors : “Ce concile est en contradiction avec l’Evangile et toute la Tradition. (...) En fait, le bilan du concile est catastrophique”. Il citait aussi un extrait du dernier livre de Jean Madiran, La Révolution copernicienne dans l’Eglise (cf. Alètheia, n° 31, 3 septembre 2002).
Les verts propos de l’abbé Sulmont — et sans doute aussi l’annonce qu’ils seraient répandus dans son bulletin paroissial “répandu à 4000 exemplaires” — ont fait réagir Noël Copin.
Dans un article paru dans la Croix le 30 septembre dernier, Noël Copin fait allusion à la lettre de l’abbé Sulmont (sans le nommer, ni citer le bulletin où la lettre a paru) et il cite le nom de Jean Madiran (sans faire référence à son livre). On passera sur le procédé.
On s’ébahit, en revanche, de voir le nom de Jean Madiran et — presque —les références d’un de ses livres cités dans la Croix. C’est, sans doute, bien la première fois, depuis un quart de siècle au moins, qu’un livre de Madiran est — presque — recensé dans la Croix.
Les lecteurs curieux peuvent obtenir auprès d’Alètheia copie de la lettre ouverte de l’abbé Sulmont et de l’article-réponse de Noël Copin, en envoyant un timbre.
La Lettre à nos frères prêtres
L’abbé de La Rocque a repris la direction de la Lettre à nos frères prêtres, la “Lettre trimestrielle de liaison de la Fraternité Saint-Pie X avec le clergé de France”. L’adresse de cette publication est désormais : 2245 avenue des Platanes, 31380 Gragnague. On peut s’y abonner pour 7,5 euros (4 numéros par an).
Le dernier numéro paru contient de nombreux témoignages circonstanciés sur la façon dont les évêques de Nîmes et de Poitiers “entendent recadrer leur clergé”. Ce sont des faits à connaître. Mais on aimerait aussi que les initiatives en sens inverse, d’autres évêques de France, soient signalées aussi.
Le même numéro contient le texte d’une supplique qui a été adressée à Jean-Paul II, en 2001, pour demander que la célébration de la messe selon le rite traditionnel soit autorisée “sans clause restrictive”. Cette supplique a été signée par 250 prêtres incardinés dans les diocèses de France. C’est peu et c’est beaucoup à la fois. Mais, “organisée dans la discrétion, cette démarche s’est propagée au moyen du bouche à oreille et n’a touchée sur quatre cents prêtres”.
250 sur 400, c’est donc déjà beaucoup. Si l’on avait ajouté les prêtres religieux et les prêtres de la FSSPX, on aurait facilement doublé le nombre des signataires.
L’abbé de La Rocque fait remarquer que cinquante-quatre des signataires “ont été ordonnés dans les dix dernières années, dont vingt-sept depuis les JMJ parisiennes...”. On a envie de prolonger l’analyse : comment ces prêtres français, indépendants de la FSSPX, formés et ordonnés dans le nouveau rite, sont-ils restés attachés à la messe traditionnelle ? Le manichéisme n’est donc pas de mise dans l’analyse de la situation de l’Eglise.