Cnak: Some newspapers have written that this Pope visited Medjugorje incognito while he was a Cardinal and that he is preparing to recognize Medjugorje as a shrine, etc. Did you touch upon this topic?We did and I wrote to and spoke with the Holy Father on it. He only laughed surprisingly. Regarding the events of Medjugorje our position is well known: not a single proof exists that these events concern supernatural apparitions and revelations. Therefore from the Church’s perspective no pilgrimages are allowed which would attribute any authenticity to these alleged apparitions. The Holy Father told me: we at the Congregation always asked ourselves how can any believer accept as authentic, apparitions that occur every day and for so many years? Are they still occurring every day? I responded: Every day, Holy Father, to one of them in Boston, to another near Milano and still another in Krehin Gradac (Herzegovina), and everything is done under the protocol of “apparitions of Medjugorje”. Up till now there have been about 35,000 “apparitions” and there is no end in sight!The Pope then continued: the previous Bishops’ Conference of the former Yugoslavia issued a statement of “non constat de supernaturalitate” (though the BCY did not use this specific formula, still the phrase “According to investigations made thus far, it cannot be affirmed that these events concern supernatural apparitions or revelations”, corresponds to the traditional formula in these matters). Has the current Bishops’ Conference of Bosnia-Herzegovina or the Croatian Bishops’ Conference reconfirmed the previous declaration?I replied: There has been no joint reconfirmation, but each individual bishop when speaking on this issue refers to the Declaration. I added that I was sent to Mostar in 1992 and that I have been following the events from the beginning and that from the last declaration of the Bishops in 1991 up till now, nothing significant has changed, nothing new has happened, nor have any new elements occurred which would change the meaning of the events. In my opinion, from the numerous local facts, it is evident that these events can be defined not only by “non constat de supernaturalitate” i.e. : it is not certain that these events concern supernatural apparitions, but also by “constat de non supernaturalitate” i.e. : it is certain that these events do not concern supernatural apparitions. The numerous absurd messages, insincerities, falsehoods and disobedience associated with the events and “apparitions” of Medjugorje from the very outset, all disprove any claims of authenticity. Much pressure through appeals has been made to force the recognition of the authenticity of private revelations, yet not through convincing arguments based upon the truth, but through the self-praise of personal conversions and by statements such as one “feels good”. How can this ever be taken as proof of the authenticity of apparitions?Finally the Holy Father said: we at the Congregation felt that priests should be of service to those faithful who seek Confession and Holy Communion, “leaving out the question of the authenticity of the apparitions”.At the Congregation for the Doctrine of the Faith, they are particularly concerned about the schism in our local Church. A local group of ex-Franciscans are presenting themselves as true Franciscans, misleading the faithful, instructing them in an un-ecclesiastical spirit, invalidly offering them the sacraments, and destroying the unity of teaching, sacraments and governance. And all of this serves towards a struggle for their own rights against the generally acclaimed rights of the Church. It was suggested at the Congregation that the local bishop follow the events in Medjugorje and send in reports on occasion as has been done thus far. From my encounter, I had the impression that these “private apparitions” are considered a truly private matter and private business to merit greater consideration on the part of the Holy See, as desired by the persistent petitioners and sensational journalists.
dimanche 4 juin 2006
[Aletheia n°93] Benoît XVI et Medjugorje
samedi 13 mai 2006
[Aletheia n°92] La Messe Traditionnelle - Un regard surnaturel sur la FSSPX
- l’Ordinaire de la messe, latin/français, avec explications en marge du texte ;
- les chants grégoriens de la messe (kyriales, alleluias, credos) avec partitions ;
- les chants latins selon le temps liturgique, avec traduction ;
- des chants français selon le temps liturgique ;
- les prières et offices.
Sœur Lucie. Souvenirs sur sa vie
Un livre de 48 pages – 4 euros (franco de port) auprès d’Aletheia.
lundi 10 avril 2006
[Aletheia n°91] Fraternité Saint-Pie X: "Nous ne souhaitons pas d'accords pratiques"
mercredi 15 mars 2006
[Aletheia n°90] Souvenirs sur Soeur Lucie de Fatima - Mgr Ricard Cardinal - Rome et la FSSPX
Mère Marie Céline de Jésus Crucifié, ocd
Sœur Lucie. Souvenirs sur sa vie
Un volume de 46 pages, disponible au prix de 4 euros (franco de port) auprès d’Aletheia
La Lettre de Paix liturgiqueNuméro 51 – 2 mars 2006Benoit XVI honore un Père !Quelle ne fut pas notre immense joie en apprenant que Monseigneur Jean-Pierre Ricard, archevêque de Bordeaux, président de la Conférence des évêques de France et membre de la Commission Ecclesia Dei avait été créé cardinal par notre Saint Père Benoît XVI le 22 février dernier ! Oui, c’est une grande joie pour toute l’Eglise de France ! C’est de tout cœur que nous adressons nos plus chaleureuses félicitations à Monseigneur Ricard, qui depuis toujours s’est comporté comme un Père pour chacune des brebis du troupeau qui lui était confiée, n’en excluant aucune, fût-elle attachée à la liturgie traditionnelle de l’Eglise… C’est ce Père aujourd’hui que nous venons féliciter avec une profonde reconnaissance pour l’admirable travail d’apaisement et d’édification de la paix liturgique qu’il a toujours mené avec beaucoup de charité et de courage pastoral. On se souvient qu’évêque de Montpellier (1996-2001), Monseigneur Ricard fit tout ce qu’il put pour que les fidèles de son diocèse attachés à la liturgie traditionnelle de l’Eglise soient considérés comme tous les autres fidèles. Non seulement, il conforta le choix de son prédécesseur qui avait fait appel à l’Institut du Christ Roi Souverain Prêtre pour célébrer la messe traditionnelle à Montpellier en déclarant publiquement à leur endroit qu’ils constituaient “ une opportune diversité ” mais aussi, tenant compte des réalités géographiques de son diocèse et acceptant d’écouter en vérité la forte demande des fidèles, il étendit le ministère de ces prêtres traditionnels en leur confiant un autre ministère à Béziers (à environ 70 km de Montpellier).Ainsi, depuis de nombreuses années et grâce notamment à l’extrême bienveillance de Monseigneur Ricard, les prêtres de l’Institut du Christ Roi Souverain Prêtre présents à Montpellier peuvent exercer leur ministère auprès des fidèles traditionnels dans un climat de paix et de communion diocésaine. C’est en effet dans un climat pacifié que ces jeunes prêtres peuvent célébrer la messe mais aussi tous les autres sacrements et développer les œuvres telles que le scoutisme ou l’enseignement catholique en tenant compte de leur charisme traditionnel propre. Monseigneur Ricard ne manqua pas de manifester de diverses manières sa sollicitude pastorale vis-à-vis des fidèles attachés à la liturgie traditionnelle : confirmations, bénédictions de promesses de louveteaux, rencontres… Cette belle et dynamique réalité ecclésiale n’aurait pas été possible sans l’amour du Père commun du diocèse pour ses fidèles diocésains.Après les années montpelliéraines, Monseigneur Jean-Pierre Ricard fut nommé archevêque de Bordeaux et Bazas le 21 décembre 2001. Alors que, dans ce diocèse, les demandes anciennes et nombreuses de familles visant à obtenir la célébration de messes traditionnelles avaient toujours été malheureusement ignorées, Monseigneur Ricard laissa encore une fois parler son cœur de Père et décida là aussi de réintégrer les catholiques attachés à la liturgie traditionnelle à la vie de son diocèse. Pour cela il confia une église, la chapelle du Christ Rédempteur de Talence (périphérie de Bordeaux) à la Fraternité Sacerdotale Saint Pierre qui sut très rapidement développer une belle et paisible communauté. Aujourd’hui, cette chapelle accueille de nombreuses familles qui sont heureuses de pouvoir vivre leur foi au rythme de la liturgie traditionnelle de l’Eglise en communion avec leur pasteur. À Bordeaux comme à Montpellier, Monseigneur Ricard a permis à toutes ces familles d’avoir non seulement la possibilité d’assister à la messe dans l’antique liturgie mais aussi d’y recevoir les autres sacrements. Au mois de juin dernier, Monseigneur Ricard venait à la chapelle du Christ Rédempteur en personne pour conférer le sacrement de confirmation à de nombreux jeunes gens. Les œuvres telles que le catéchisme ou les groupes scouts sont aussi développées à Bordeaux en tenant compte de la sensibilité traditionnelle des familles. Cette communauté traditionnelle de Bordeaux est un magnifique exemple d’intégration diocésaine réussie. En sus de cet apostolat confié à la Fraternité Sacerdotale Saint Pierre, Monseigneur Ricard a également confié un autre ministère traditionnel à l’Institut du Christ Roi Souverain Prêtre, à Auros (situé à environ 55 km de Bordeaux). En accueillant deux communautés traditionnelles dans son diocèse, Monseigneur Ricard a répondu comme l’y appelle le Saint-Père, de manière “ large et généreuse ” aux besoins spirituels des familles attachées à la liturgie traditionnelle de l’Eglise. Quel bel exemple de Père qui sait laisser parler son cœur ! Voilà un comportement de Père aimant qui refuse de vexer les sensibilités. Et pour couronner le tout, lorsque, fin 2005, l'abbé de Mentque de la Fraternité Saint Pierre a exprimé son souhait d'intégrer le diocèse, Mgr Ricard lui a confié un ministère à l'église Saint-Bruno, qui inclut la célébration de la messe de saint Pie V en semaine et le dimanche à 9 h 45. La charité et le courage pastoral de Monseigneur Ricard aujourd’hui récompensés par Benoît XVI ne se sont pas réduits aux seules limites géographiques de son diocèse. On se souvient que, le 25 août 2004, Mgr Ricard conférait le sacrement de l’ordre dans l’ancien rituel au monastère bénédictin du Barroux. Là encore quel bel exemple de respect !On se souvient encore des paroles fortes de Monseigneur Ricard publiées dans une interview de la Croix du 25 août 2005 :“ On pourra peut-être envisager des possibilités plus larges, pour ceux qui le souhaitent, de célébrer la messe selon le rite de saint Pie V. Il doit y avoir place, dans l´Eglise, pour une large palette de sensibilités, et celle qui se manifeste par le désir de célébrer l´Eucharistie selon ce rituel ancien peut sans doute être encore mieux accueillie qu´elle ne l´est déjà. ” Merci Monseigneur Ricard pour votre courage pastoral et pour votre amour de Père.Vous nous montrez concrètement ce que peut être une véritable et authentique paix liturgique vécue dans les diocèses. En considérant les familles de votre diocèse attachées à la liturgie traditionnelle comme catholiques à part entière et non pas comme des “ catholiques de seconde catégorie ”, vous avez su cicatriser les blessures et apaiser les tensions. Vous avez redonné confiance à tout un peuple ! Vous ne vous êtes pas comporté en homme de loi obsédé par la lettre mais comme un Père animé par l’esprit. Ainsi vous avez permis que toutes ces familles puissent bénéficier non seulement de la liturgie traditionnelle pour la messe mais également pour les autres sacrements. De même, le développement des œuvres telles que le catéchisme ou le scoutisme dans leurs formes traditionnelles a été possible dans vos diocèses grâce à votre charité et à votre profond respect de la sensibilité de vos brebis. On le voit bien, dès lors que l’autorité diocésaine met en place des églises avec des prêtres bien disposés et disponibles pour célébrer la messe traditionnelle et tous les sacrements chaque jour de l’année et développer une vie paroissiale, la paix et la réconciliation s’installent. Ce type de situation peut se traduire par la mise en place de chapellenie comme cela est le cas dans les diocèses de Montpellier ou de Bordeaux. Il existe aussi la magnifique expérience du diocèse de Toulon où c’est le statut de la paroisse personnelle qui a été choisi par Monseigneur Rey.En effet, le vrai respect de la sensibilité particulière des fidèles attachés à la liturgie traditionnelle de l’Eglise doit se traduire par la possibilité pour eux de vivre leur foi dans tous ses aspects : messe, sacrements, catéchisme, scoutisme, écoles catholiques… Sans cela, la paix ne peut être qu’une paix de façade, légaliste et sans cœur. Cela, les familles attachées à la liturgie traditionnelle de l’Eglise n’en veulent pas. Elles implorent juste une application “ large et généreuse ” des mesures d’apaisement mises en place par le grand pape Jean Paul II.Sylvie MimpontelAu nom de tous les délégués du mouvement pour la Paix liturgique
samedi 18 février 2006
[Aletheia n°89] Saint-Siège/Fraternité Saint-Pie X: vers une réconciliation? - et autres textes
Aletheia n°89 - 19 février 2006
Saint-Siège/Fraternité Saint-Pie X: vers une réconciliation?
L’information religieuse en France, est, en général, d’une grande pauvreté quand il s’agit des décisions et actes du Saint-Siège. Très peu de journaux ont un correspondant permanent au Vatican et la plupart des journaux se contentent de recopier les dépêches des agences de presse ou d’y puiser la matière de leurs commentaires. Les publications “ traditionalistes ”, pour beaucoup d’entre elles, ne sont guère mieux au fait de l’actualité vaticane. Dans le dossier actuel qui les intéresse au premier chef en ce moment – la réconciliation possible entre la Fraternité Saint-Pie X et la “ libéralisation ” de la messe selon le rite ancien –, aucune information nouvelle ou inédite ne transparaît. Trop souvent, les publications traditionalistes se recopient les unes les autres, ou, pour diverses raisons, elles n’osent divulguer les informations en leur possession.
Aletheia a été la première, en France, à faire état de la rencontre du 15 novembre dernier entre le cardinal Castrillon Hoyos et Mgr Fellay. Depuis, cette rencontre a été évoquée (non sans erreurs) et commentée par divers organes français ; mais déjà d’autres événements s’étaient produits qui ont ajouté au dossier.
La presse italienne, catholique ou non, est, beaucoup mieux au fait des questions vaticanes. En France, on ne compte guère que deux ou trois authentiques vaticanistes[1], en Italie, ils sont bien plus nombreux. Le journaliste Andrea Tornielli, du Giornale, ou l’historien Sandro Magister, de l’Espresso, sont parmi les informateurs les plus au fait des événements, et les plus indépendants. La connivence ou l’hostilité systématique ne font pas un bon vaticaniste.
Par exemple, la récente nomination de Mgr Fitzgerald comme nonce apostolique en Egypte et délégué auprès de la Ligue arabe a été interprétée, par certains milieux commentateurs français, comme une “ mise à l’écart ” de celui qui était, depuis 2002, Président du Conseil pontifical pour le Dialogue interreligieux. Il faudrait voir dans cette nomination ; le signe que Benoît XVI était en désaccord avec celui qui avait présidé à tant d’initiatives, contestées, en matière de dialogue avec les religions non-chrétiennes. Or, on peut considérer tout au contraire que Benoît XVI, en procédant à cette nomination, a voulu placer, dans un poste avancé du dialogue avec les musulmans, un prélat avec lequel il est en consonance doctrinale (cf. le livre d’entretiens entre Mgr Fitzgerald et Anne Laurent, recensé dans Aletheia le 1er janvier dernier).
Autre événement à l’interprétation délicate : la réunion des différents chefs des dicastères de la Curie, le 13 février dernier, autour de Benoît XVI a réuni, pour évoquer la question de la réconciliation du Saint-Siège avec la Fraternité Saint-Pie X. Plutôt que de commenter l’événement, je préfère offrir au lecteur la traduction de l’article, bien informé et intéressant, qui est paru il y a deux jours dans le quotidien italien l’Indipendente.
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LEFEBVRISTES : VERS LA FIN DU SCHISME - par Tommaso Debenedetti
Le schisme entre l’Eglise de Rome et les traditionalistes héritiers de Mgr Lefebvre est en voie d’être résolu. L’information, désormais donnée pour certaines même si elle n’est pas encore officielle, est venue de la réunion des trente chefs de dicastère que le pape Benoît XVI a organisée, à huis clos, l’autre jour au Vatican. Un seul thème était à l’ordre du jour : la possibilité de révoquer l’excommunication qui a frappé quatre évêques en 1988 suite à leur consécration par Mgr Lefebvre, et la possibilité de leur consentir, et aux fidèles qui les suivent, l’usage du Missel en vigueur avant la réforme voulue par Paul VI à la suite du concile Vatican II.
La convocation de la réunion était déjà en elle-même un fait très nouveau, peut-être le premier exemple de cette “ collégialité ” dans le gouvernement de l’Eglise que Ratzinger a défini, depuis un certain temps déjà, comme une des lignes directrices de son pontificat. Les chefs de dicastère, en fait, ont été appelés à évaluer, avec le Pape, les voies les plus rapides, et juridiquement les plus valides, pour arriver à ce que Benoît XVI veut de toutes ses forces : c’est-à-dire la fin de toute dissension avec la Fraternité Saint-Pie X (c’est le nom officiel de l’organisation qui regroupe les disciples de Mgr Lefebvre, soit 4 évêques, quelque 500 prêtes et des centaines de milliers de fidèles sur les cinq continents). En réalité, Ratzinger n’avait pas vraiment besoin de cette consultation : c’était déjà lui qui, sous le pontificat de Jean-Paul II, s’occupa pendant plus de dix ans de cette délicate question. Il est connu, de fait, que Wojtyla a souffert énormément de devoir infliger cette excommunication et de signer la naissance du seul schisme de l’ère contemporaine[2], et il avait demandé à son ami théologien, fort de son incomparable connaissance doctrinale, de tout faire pour que la division cesse.
Benoît XVI, qui une fois élu Pape a tout de suite décidé de rouvrir le dossier pour le résoudre en un temps bref, a voulu en fait s’assurer d’un ample consensus et de conseils juridiques et techniques pour prendre la décision qu’il avait depuis toujours considérée comme une absolue priorité. Dans la réunion de lundi, le Souverain Pontife a exposé les résultats de la rencontre qu’il a eue le 29 août dernier à Castel Gandolfo avec les responsables de la Fraternité Saint-Pie X, et il a demandé aux chefs de dicastère d’exposer leur jugement sur le sujet et de faire les suggestions adaptées : un document sera élaboré et sera présenté au Pape au cours d’une autre réunion, déjà fixée au 23 mars, document qui – selon les informations que nous avons recueillies – signera non seulement la révocation de l’excommunication, mais la véritable fin du schisme. Une réconciliation, néanmoins, qui devra avoir l’indispensable accord des lefebvristes, lesquels, au moins jusqu’à ces derniers mois, refusaient complètement la demande du Vatican d’accepter le Concile. Selon des sources très proches du Pape, Benoît XVI aurait voulu cette consultation des chefs de dicastère pour manifester que le choix de cette réconciliation n’était pas seulement un acte personnel mais comme un geste solennel de réconciliation accompli par l’Eglise catholique en son entier dans sa plus ample et représentative acception.
Il semble que Ratzinger a étudié attentivement avec les prélats les plus directement concernés par le dialogue avec les lefebvristes, c’est-à-dire le cardinal Arinze responsable de la liturgie et Castrillon Hoyos préposé au Clergé et aux rapports avec les lefebvristes, les modalités pour réussir à récupérer les schismatiques avec une formule qui trouve leur assentiment. “ Le Saint Père ”, confirme un de ses collaborateurs, “ est déterminé à trouver une solution dans des délais très brefs, solution dont on est prés de trouver le point d’appui juridique qui convienne, naturellement sans porter atteinte aux principes fondamentaux de l’Eglise, de son histoire et des dispositions auxquelles aujourd’hui elle se tient. ”
Un compromis, donc ? “ Dans une telle matière ”, répond le collaborateur du Pape, “ il n’existe pas de compromis, au moins dans le sens courent et facilement équivoque du terme, mais il existe des médiations fructueuses, surtout quand, entre les deux parties, la volonté d’arriver est intense. ” À la question si le 23 mars est la date juste, il a été répondu : “ Pour nous, oui ”.
Personne, au Vatican, ne le dit clairement, mais la rumeur, récurrente, semble fondée selon laquelle Benoît XVI lui-même maintient personnellement, au moins avec une certaine fréquence, des contacts directs avec la Fraternité Saint-Pie X. On parle de contacts téléphoniques répétés et très discrets entre Ratzinger et l’évêque lefebvriste Fellay, contacts par lesquels aurait mûri chez les traditionalistes une disponibilité bien supérieure à celle exprimée dans les communiqués officiels.
Justement les résultats désormais encourageants de tels contacts auraient conduit Ratzinger à la convocation des deux réunions de lundi et du 23 mars et l’auraient incité à en faire l’annonce à l’extérieur, choses qui auraient été évitées s’il n’y avait pas eu un climat d’optimisme motivé. Beaucoup de temps semble avoir passé depuis fin août lorsque, commentant la rencontre entre le pape et l’évêque lefebvriste, un important prélat disait : “ Le dialogue est engagé, et il aura les résultats espérés, mais il faudra des années. ” Au contraire, grâce à l’action personnelle de Benoît XVI, il aura fallu – et tout le laisse croire – peu de mois. Une nouvelle confirmation de l’extraordinaire méthode de travail de ce Souverain Pontife, qui refuse les grandes initiatives médiatiques, mais qui, opérant avec ténacité et intelligence, arrive à des résultats surprenants, qui laissent une marque dans l’histoire de l’Eglise et étonnent le monde.
Article paru dans L’Indipendente le vendredi 17 février 2006
(traduit par nos soins)
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Benoît XVI et la “ réforme de la réforme ”
Il est bien connu que le cardinal Ratzinger s’était prononcé pour une réforme de la réforme liturgique, pour un “ nouvel élan ” liturgique qui ne soit pas, comme après le concile Vatican II, une “ dévastation ”, la mise en œuvre d’une “ liturgie fabriquée ” mais un “ processus vivant de croissance ”[3]. Convaincu que “ la crise de l’Eglise que nous vivons aujourd’hui repose largement sur la désintégration de la liturgie ”, le cardinal Ratzinger en appelait, dans un autre livre, à “ un nouveau mouvement liturgique, qui donne le jour au véritable héritage du concile Vatican II ”[4].
Les traditionalistes qui croient que Benoît XVI pourrait être le Pape qui restaurera, dans toute l’Eglise, la messe traditionnelle, se trompent. Benoît XVI, sans mépriser l’ancien rite, est déterminé, sans doute, à favoriser plus largement son usage. Mais aussi, il estime, en historien et en théologien, que l’évolution de la liturgie, multiséculaire, doit se poursuivre, dans le sens d’une rectification du rite nouveau, et même par l’intégration de l’ancien et du nouveau.
À titre documentaire, je reproduis ici une lettre importante qu’il a adressée au Professeur Heinz-Lothar Barth, professeur de philologie grecque et latine à l’Université de Bonn, le 23 juin 2003. Les pensées exprimées par le cardinal Ratzinger, il y a près de trois ans, peuvent certainement éclairer les actes celui qui est devenu Benoît XVI :
Très cher Docteur Barth,
Je vous remercie de votre lettre du 6 avril, à laquelle je n’ai pu trouver le temps de répondre que maintenant. Vous me demandez de m’engager pour l’autorisation plus étendue du rite romain ancien. Vous savez déjà qu’une telle demande auprès de moi ne tombe pas dans les oreilles d’un sourd, mon engagement dans cette affaire est maintenant connu par tout le monde.
Est-ce que le Saint Siège à propos du rite ancien “l’autorisera de nouveau dans le monde entier et sans restriction” - comme vous le souhaitez et comme la rumeur s’en répand ? On ne peut pas répondre à cette question de manière absolue. Trop forte est encore chez beaucoup de catholiques - endoctrinés depuis des années – l’aversion pour la liturgie traditionnelle, qu’ils qualifient de manière méprisante de “pré conciliaire”, et aussi, d’un autre côté, beaucoup d’évêques montreraient une opposition déterminée à une autorisation générale.
La situation est différente si on n’envisage qu’une autorisation limitée; car la demande de la liturgie ancienne est limitée. Je sais que sa valeur ne dépend naturellement pas de la demande, mais la question du nombre des prêtres des et laïcs intéressés a cependant une certaine importance. Une telle mesure ne peut être réalisée que progressivement aujourd’hui, une trentaine d’années après la réforme liturgique du Pape Paul VI. Maintenant il faut avancer pas à pas, chaque nouvelle précipitation ne produira pas de bons résultats.
Mais je crois que dans l’avenir l’Eglise romaine devra avoir à nouveau un seul rite ; l’existence de deux rites officiels est dans la pratique difficilement “gérable” pour les évêques et les prêtres. Le rite romain de l’avenir devrait être un seul rite, célébré en latin ou en langue populaire, mais entièrement fondé dans la tradition du rite ancien; il pourrait intégrer quelques nouveaux éléments, qui ont fait leurs preuves, comme de nouvelles Fêtes, quelques nouvelles Préfaces dans la messe, un Lectionnaire élargi – un plus grand choix qu’avant, mais pas trop - une Oratio fidelium, c’est-à-dire une litanie de prières d’intercession après l’Oremus de l’Offertoire, où jadis il avait sa place.
Très estimé Dr Barth, si vous vous engagez ainsi pour la question liturgique, vous ne serez pas seul et vous préparez “l’opinion publique de l’église” à des mesures éventuelles en faveur d’un usage plus large des manuels liturgiques anciens. Mais on doit être prudent en n’éveillant pas des espoirs trop forts, des attentes trop grandes auprès des fidèles attachés à la Tradition.
Je profite de cette occasion pour vous remercier de votre engagement appréciable en faveur de la liturgie de l’Eglise romaine, par vos livres et vos conférences, même si je souhaiterais ici et là plus d’amour et de compréhension pour le Magistère du Pape et des évêques. Que la graine, que vous semez, grandisse et porte beaucoup de fruits pour une vie renouvelée de l’Eglise, dont “la source et le sommet”, son véritable cœur, est et doit rester la liturgie.
Je vous donne volontiers la bénédiction demandée et je reste de tout cœur
Vôtre
Josef Cardinal Ratzinger
Lettre publiée sur le site allemand de Wolfang Lindemann, traduction revue par nos soins.
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NOTES
[1] Les informations, analyses et commentaires du vaticanista (“ vaticaniste ” ou “ vaticanologue ”) sont le fruit d’une connaissance solide des questions religieuses, d’une familiarité avec le fonctionnement du Saint-Siège et d’un réseau d’information suffisamment étendu dans les milieux de la Curie.
[2] On pourrait en ajouter un autre : le schisme chinois, depuis le pontificat de Pie XII ; schisme en voie d’être résolu lui aussi, mais par une méthode différente (Y.C.).
[3] Ces expressions se trouvent dans sa présentation du livre de Mgr Gamber, La réforme liturgique en question, Editions Sainte-Madeleine, 1992, p. 6-8.
[4] Joseph Ratzinger, Ma Vie. Souvenirs, Fayard, 1998, p. 135.
dimanche 29 janvier 2006
[Aletheia n°88] L’Homme contre lui-même (Michel de Corte) - Extrait de l’Avant-propos - par Jean Madiran
1 - Les transformations de l’homme contemporain
2 - Pathologie de la liberté
3 - La crise du bon sens
4 - La crise des élites
5 - Le déclin du bonheur
6 - Ce vieux diable de Machiavel
7 - Le mythe du progrès
8 - L’accélération de l’histoire et son influence sur les structures sociales
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16, rue du Berry
36250 Niherne (France).
samedi 21 janvier 2006
[Aletheia n°87] La première encyclique de Benoît XVI - Deus Caritas Est
- le bienheureux Pie IX, élu le 21 juin 1846, a publié sa première encyclique le 9 novembre suivant, soit quatre mois et demi après son élection ;
- Léon XIII, élu le 20 février 1878, a publié sa première encyclique le 21 avril suivant, soit deux mois après son élection ;
- Saint Pie X, élu le 4 août 1903, a publié sa première encyclique le 4 octobre suivant, soit deux mois, aussi, après son élection ;
- Benoît XV, élu le 3 septembre 1914, publie sa première encyclique le 1er novembre suivant, soit deux mois, encore, après son élection ;
- Pie XI, élu le 6 février 1922, publie sa première encyclique le 23 décembre suivant, soit neuf mois et demi après son élection ;
- Pie XII, élu le 2 mars 1939, publie sa première encyclique le 20 octobre suivant, soit sept mois et demi après son élection ;
- Jean XXIII, élu le 28 octobre 1958, publie sa première encyclique le 29 juin 1959, soit huit mois après son élection ;
- Paul VI, élu le 21 juin 1963, publie sa première encyclique le 6 août 1964, soit treize mois et demi après son élection ;
- Jean-Paul II élu le 16 octobre 1978, publie sa première encyclique le 4 mars 1979, soit près de cinq mois après son élection.